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03/12/2016

La tronche du patrimoine

9782330066529.jpgMa part de Gaulois

Magyd Cherfi

Ed. Actes Sud 19,80€

 

Magyd, c'est un magicien. Ses mots, c'est des incantations. Dans la rue Raphaël, quartier Nord de Toulouse, les uns réclament la légende des quartiers, « un truc qui tue ! », comme on demande au Djinn "Exauce mes vœux". Les autres se piquent d'un « parle bien ta race », « écrivains de mes couilles ! ».

 

C'est l'année du baccalauréat pour Magyd et quand une mère a décidé pour son fils, son fils n'a pas le choix : il sera le premier bac arabe de la cité ! L'enfant élu ! « L'espoir de la fraternité de demain » dans « la piaule à Jules ferry » - république cosmopolite oblige. Une manière d'esquiver comme on le dit à l'époque « les barrières à bicots »

 

C'est la fin des années Giscard, l'arrivée de Mitterrand au pouvoir, des rumeurs qui vont avec et de la douce paranoïa qui s'en suit. « Révise tes classiques, pour eux il reste le ministre de la guerre d'Algérie, frérot... ».

 

Où trouver sa part de gaulois ? C'est là la quête douce amer du jeune banlieusard algérien. « Que devrais-je être ? Arabo-beur, franco-musulman, berbéro-toulousain, gaulo-beur, franco-kabyle, maghrébo-apostat... j'arrête là ».

 

Ma part de gaulois, c'est un peu de ce rendez-vous manqué entre deux France. Et d'Histoire mise sous le tapis. C'est la télé éteinte une bonne fois pour toute, l'histoire de Magyd et de son quartier, des drames du quotidien comme des moments de pure évasion et cet incroyable sens de l'autodérision qui illumine le tout !  

 

Que dire de plus, voilà un roman qui permet de garder la tête froide et le cœur chaud ! Sublime Cherfi !

 

Allan

 

20/10/2016

Rencontre avec le mystère du monde quantique !

Vendredi 21 octobre

 

Mathieu Burniat

 

dédicace et rencontre autour de sa BD

 

Le mystère du monde quantique (éd. Dargaud)

 

dédicace à partir de 16h / rencontre à 19h

 

Mathieu Burniat présentera aussi à cette occasion sa toute nouvelle publication, une BD culinaire : Les illustres de la table)

 

CV_MYSTERE-MONDE-QUANTIQUE.jpg

 

Hyperlien vers notre article quantique ! :

 

Le Mystère du Monde Quantique

 

04/10/2016

Interview de l'auteur israélien de polars Dror Mishani réalisée en 2014

RENCONTRE AVEC Dror MISHANI

JEUDI 6 OCTOBRE

dédicaces de 18 à 19h

rencontre à partir de 19h

Entrée libre et gratuite

Avant sa venue exceptionnelle voici l'interview qu'il nous avait accordée il y a 2 ans à la parution de

Une disparition inquiétante

Interview de Dror Mishani réalisée par François en 2014 pour le magazine PAGE des libraires.

dror, mishani, interview, rencontre, disparition, inquiétante, avraham, doutes, seuilLibrairie — « Chez nous, il n’y a pas de tueurs en série, pas d’enlèvements et quasiment pas de voleurs qui agressent les femmes dans les rues. Chez nous, si quelqu’un est assassiné c’est en général le fait du voisin, de l’oncle ou du grand-père, pas besoin d’une enquête compliquée. » C’est pour cela, explique l’inspecteur Avraham, qu’il n’y a pas de littérature policière israélienne. Est-ce la vérité ?
Dror Mishani — En partie. Il y a peu encore, la société israélienne était assez traditionnelle. Le roman policier, lui, est plutôt le fait de sociétés modernes et libérales. Nous avons donc du retard. Et puis la littérature israélienne adore traiter des questions nationales, quand le roman policier est indifférent à la nation et à la religion (c’est pour ça qu’il est plus universel), et traite plutôt des questions de violence, d’aliénation urbaine, ou de psychologie du criminel et de la victime. Dans la littérature israélienne il faut toujours répondre à des questions relatives à l’identité du peuple juif pour être considéré comme un vrai écrivain. Le roman noir ne s’occupe pas de ces questions-là. De plus, la société israélienne ne peut pas imaginer l’agent de police comme un héros, à la différence de la France avec Maigret ou de l’Italie avec Montalbano. L’origine séfarade de la plupart des policiers explique peut-être aussi que la littérature israélienne lui préfère ses héros soldats ou agents du Mossad.

Libraire — Votre inspecteur passe complètement à côté de son enquête. Il dror, mishani, interview, rencontre, disparition, inquiétante, avraham, doutes, seuildoute de lui-même parce que sa première intuition a été mauvaise. Cela crée une atmosphère tout en fragilité, absolument magnifique.
D. M. — C’était une des premières choses que je savais d’Avraham. Je voulais un détective qui se trompe. Par simple souci de réalisme (pourquoi les détectives auraient-ils toujours raison ?). J’aime vraiment le roman noir, il est toute ma vie. Mais il y a une chose que je n’aime pas en lui, et même que je crains, c’est qu’il voit le monde rempli de coupables. Fondamentalement, le projet historique du roman policier est d’incriminer le monde (sauf chez Simenon). Je voulais inventer un détective qui pense que les gens sont innocents. Je voulais un détective qui ne cherche pas de traces de culpabilité, mais des fragments d’innocence. Je le préfère comme ça, même si cela veut dire qu’il ne voit pas toujours tout.

Libraire — L’enquête que mène l’inspecteur Avraham est interrompue par un étrange voyage à Bruxelles. Cet épisode « casse » l’action de votre roman et apporte une note mélancolique de plus à cette histoire que l’on trouve très rarement en littérature policière. Cela m’a énormément plu.
D. M. — En fait, c’est l’un des chapitres que j’aime le plus, et il n’a pas toujours été compris. Une de mes séries policières préférées est celle de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, avec le détective Martin Beck (Rivages). Ils montrent aux écrivains de romans policiers qu’un roman rythmé n’est pas nécessairement rapide. Ils m’ont enseigné la durée. Or j’aime la durée dans la littérature en général et dans les romans policiers en particulier. Le chapitre sur Bruxelles donne de la durée à mon roman. De plus, je voulais confronter mon détective israélien, qui travaille dans un pays où la fiction policière n’est pas possible (ou pas aimée), à un détective européen qui travaille, lui, en pays conquis.

Libraire — Votre inspecteur a comme passe-temps favori de lire des romans policiers et de chercher en eux le truc qui cloche et remet en cause la crédibilité de l’enquête telle que nous la présente le romancier… Êtes-vous aussi ce genre de lecteur, et quels sont d’ailleurs les auteurs de romans policiers que vous lisez ?
D. M. — La vérité est qu’au lieu d’Une disparition inquiétante, je devais finir une thèse de doctorat sur l’histoire du roman policier, dont le sujet était le suivant : chaque roman policier peut être lu deux fois ; une fois avec le détective, une autre contre lui. Et on peut toujours prouver que la solution n’est pas celle qu’il nous propose. Ce ne sont pas les auteurs qui décident ou créent ça, mais le genre lui-même. Pourtant, je n’ai pas eu la force de le développer dans une thèse académique ; j’ai donc écrit un roman. Quant à mes auteurs de prédilection, ce sont Simenon et Sjowall-Wahloo. Je peux en ajouter d’autres, tels Edgar Poe, Émile Gaboriau, Henning Mankell, Karin Fossum et, bien sûr, Fred Vargas.

Libraire — Votre enquête est très intime, menée autour de quelques personnages habitant tous le même quartier de Tel-Aviv. Elle évacue dans le même temps tous les problèmes de sécurité extérieure (la Palestine, l’immigration). On en oublierait presque que l’on est en Israël ! Est-ce volontaire de votre part ?
D. M. — En fait, j’ai voulu demander à la littérature israélienne et aux Israéliens s’ils étaient prêts à lire autre chose que des romans concernant l’identité nationale et se déroulant dans des Kibboutz ou des bases militaires, pour s’intéresser à des histoires de classe, par exemple, qui se déroulent dans la banlieue de Tel-Aviv et qui n’auraient aucune résonance avec les questions dites « importantes » de la littérature locale. C’est pour cela que j’ai imaginé cette intrigue autour d’un gamin de 16 ans qui disparaît en raison d’événements qui n’ont rien à voir avec le conflit. Mais vous savez, Une disparition inquiétante est seulement le début d’une série, et, pour le moment, Avraham est un agent de police relativement secondaire dans une banlieue où vivent presque exclusivement des Juifs. Par la suite, il va prendre du grade et rencontrer des cas de nature différente…

15:42 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

02/10/2016

Un auteur israélien à la librairie des Cordeliers !

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L'auteur du roman policier le plus vendu à la librairie des Cordeliers est israélien

Il s'appelle

Dror MISHANI

et il sera à la librairie des Cordeliers 

Jeudi 6 octobre

pour nous présenter après Une disparition inquiétante (2014) et La violence en embuscade (2015) la 3 ème enquête de l'inspecteur Avraham Avraham :

Les doutes d'Avraham.

séance de dédicaces de 18 à 19h

discussion à partir de 19h

La librairie des Cordeliers tient à remercier les éditions du Seuil pour avoir permis cette rencontre.

 

dror, mishani, doutes, avraham, dédicaces, rencontre, librairie, israël, tel aviv, holonLes doutes d'Avraham

de Dror Mishani

trad. de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

éd. du Seuil 20€

Dror Mishani est un maître du roman policier au coeur d’un pays qui n’aime pas les romans policiers… Dans cette affaire poignante au cœur d’un couple détruit par les névroses d’un homme et le viol non élucidé de son épouse, son inspecteur Avraham Avraham va devoir faire preuve de toutes ses facultés psychologiques pour aller au terme de son enquête.

« Sauras-tu vraiment comment diriger l’enquête sur la mort de cette femme ?», c’est la question que se pose très vite l’inspecteur Avraham Avraham devant le cadavre d’une veuve sexagénaire retrouvée morte à son domicile. Et ce n’est pas parce que c’est la première enquête dont il porte entièrement la responsabilité que ce doute apparaît ainsi. Ce n’est pas une question de pression. Avraham Avraham est l’inspecteur du doute. Un doute qu’il s’applique à lui-même. C’est quelque chose de maladif chez lui, comme s’il pensait ne pas mériter la confiance que ses supérieurs portent en lui. Un sentiment d’imposture qui l’accompagne tout au long de ses enquêtes et nous ravi en tout cas fort heureusement le lecteur lassé de l’éternel inspecteur cliché à l’assurance intacte et au regard usé. Et ce n’est pas la fragile relation amoureuse qu’Avraham entretien depuis sa première enquête avec une jeune consoeur belge venue s’installer à ses côtés qui va lui apporter un gramme de confiance en plus. Imaginez donc, Marianka a tout quitté pour lui… ! Saura-t-il lui prouver qu’elle a eu raison de le suivre ?

Chef de la section homicide du commissariat d’Holon, petite ville favorisée de la banlieue de Tel Aviv, Avraham Avraham va pourtant devoir passer outre son manque d’assurance pour mener à bien cette enquête douloureuse. La famille est à nouveau le terrain de jeu privilégié de Dror Mishani qui excelle à explorer depuis Une disparition inquiétante une certaine violence de l’intime. La famille c’est celle de la victime, bien sûr, mais c’est aussi celle d’un autre couple dont il est question dans ce roman. Celui que forme Maly et Koby dont l’union après 11 années de mariage semble être à l’agonie à l’image de leur vieux chien incontinent. L’inspecteur Avraham doutera-t-il longtemps qu’un lien existe entre ces deux familles ?

Israël est un pays sans littérature policière. C’est Dror Mishani qui le dit lui-même dans sa première enquête. La police israélienne souffre d’une mauvaise image entre Jérusalem et Tel Aviv. Les vrais hommes et les vraies femmes sont dans l’armée ou dans les forces de sécurité intérieure, pas dans les commissariats. Cette nouvelle enquête d’Avraham Avraham ne changera pas la donne mais les habitants des banlieues oubliées qui vivent et travaillent un peu plus loin des bombes et sont confrontés à une violence des plus banales savent que Dror Mishani parle d’eux.

01/10/2016

L'antihéros moderne a trouvé son maître !

 1507-1.jpgMauvais coûts

Jacky Schwartzmann

Ed. La fosse aux ours 17€

 

 

Mauvais coûts et mauvais goût n'ont qu'une lettre de différence ! C'est subtil et c'est pour ça que c'est bon !

 

Dans les grandes lignes, ce roman noir, c'est l'histoire d'un salaud, cynique et misanthrope, acheteur dans une multinationale qui vient pour faire régler l'addition à tous les avortons et lèches bottes qui gravitent comme des mouches à vous savez quoi autour de son business juteux !

 

Ce type est détestable. C'est l'antihéros moderne par excellence ! Mais on s'y attache. Il s'appelle Gaby Aspinall et je trouve que son petit nom en jette.

 

 Alors oui ! Mauvais coûts vient gifler nos petites joues rebondies de lecteurs prudes et silencieux ! Il y a ceux qui aimeront et ceux qui n'aimeront pas mais je défends quiconque de rester impassible devant ce spécimen rare d'humour noir aux dialogues cultissimes ! 

 

Allan

 

26/09/2016

Sylvain Prudhomme et Fayçal Salhi pour une lecture musicale à la librairie !

Rencontre avec

Sylvain Prudhomme

(prix des cordeliers 2014 pour son roman Les grands)

à l'occasion de la parution de son nouveau roman, Légende.

Vendredi 30 septembre

dédicaces de 18 à 19h / discussion à partir de 19h

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Cette rencontre sera suivie d'une lecture musicale de Sylvain Prudhomme accompagné à l'oud par Fayçal Salhi, de son roman précédent Là, avait dit Bahi.

prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicale

Entrée libre et gratuite.

 

prudhomme, sylvain, légende, arles, plaine, crau, arbalète, gallimard, rencontre, dédicaceLégende

Sylvain prudhomme

 éd. L'arbalète / Gallimard 20€

A Arles, vivent deux amis. Nel, le photographe amoureux du paysage voisin de la plaine de la Crau à laquelle il rend hommage en réalisant de magnifiques panoramiques, et Matt, l’anglais arrivé en Provence il y a quelques années à peine et qui, en entrepreneur né, s’est lancé avec succès dans la vente et l’installation de toilettes sèches.

Nel est l’enfant du pays. Petit fils de berger arpentant les pâturages de La Crau depuis la nuit des temps, il est porteur d’un lien mémoriel avec ce paysage même s’il ne le traverse plus désormais au cul des moutons mais derrière le volant d’un camion élévateur, se servant de la nacelle afin de trouver les meilleurs angles de vue pour son travail. Matt, lui, l’infatigable touche à tout, réalise à ses heures perdues des documentaires pour son propre plaisir. Et quand il découvre à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes l’existence de la Chou, un ancien repaire festif de gardians devenu avec les années le lieu incontournable des soirées arlésiennes et même au-delà, il décide avec la passion qui le caractérise d’en raconter l’histoire en recueillant ici et là, témoignages et documents. Ce qui l’intéresse c’est l’esprit de la Chou, cette innocence festive des débuts qui traversera les années 70 et 80 sans perdre trop de son âme avant de devenir plus tard, une usine à fête assez banale. Gloire et déclin d’un lieu. Reste la légende.

C’est en enquêtant sur cette boite de nuit qu’il apprend l’existence de Fabien et de Christian. Deux frères, désormais disparus, qui ont fréquenté cette boite à cette période. Deux témoins de ces années d’insouciance pour qui la vie devait paraître légère, mais aussi deux frères que tout opposait. Fabien, aérien, dandy magnifique et provocateur. Christian, bagarreur, renfrogné et toxicomane. Apprenant que ces deux hommes étaient les cousins de son ami, et que, fait crau, plaineextraordinaire, ils sont morts tous deux le même jour à 10 000 kilomètres de distance, Matt se lance avec une rage passionnée dans la construction de son documentaire. Avec passion, mais aussi beaucoup de violence pour Nel qui accepte difficilement de voir remonter à la surface tout ce passé familial douloureux. Leur amitié va être mise à rude épreuve.

 

Sylvain Prudhomme que l’on avait découvert et aimé à la parution des Grands en 2014 (Prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers) nous revient avec une véritable légende arlésienne car Fabien et Christian, sous d’autres noms, ont réellement existé. On retrouve avec délices cette écriture d’une rare élégance sachant jouer aussi bien de sensualité que d’entêtement afin de fouiller le passer d’une relation fraternelle, d’une époque et d’un lieu par petites touches. De petites bulles remontent à la surface comme autant de souvenirs. Eclatant elles peuvent faire le bien tout autant que le mal.


prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicaleLà, avait dit Bahi

de Sylvain Prudhomme

éd. l'Arbalète Gallimard    19,50€

Un homme, par trois fois et sans jamais le savoir, va échapper à la mort ! Et c'est Bahi qui raconte cette histoire algérienne du temps de l'occupation française.

Cet homme, c'est Malusci, propriétaire terrien et agriculteur dur à la tache qui tient d'une main de fer la poignée d'algériens qui travaille sous ses ordres. Parmi eux, Bahi, le plus jeune, que Malusci considère un peu comme son fils au point de lui apprendre non sans bravade l'essentiel de la vie, la mécanique agricole et comment s'y prendre avec les femmes. Il a une telle confiance en lui qu'il lui confie même certains soirs le soin de ranger l'arme à feu qui l'accompagne toute la journée comme, petit à petit, la menace fellaga se fait de plus en plus pressante.

L'Histoire pourtant - la fin de l'empire colonial français - finira par avoir raison de cette relation entre Bahi et Melusci et c'est le petit fils de ce dernier qui, à plus de cinquante années de distance, se charge de nous en faire le récit. Les deux hommes ne se sont plus jamais revus depuis l'Indépendance. Ils sont devenus de vieux messieurs chacun de son côté de la Méditerranée mais les souvenirs sont là. Intacts. Ceux de Bahi surtout qui tient absolument à dire comment un homme, Malusci, a pu échapper par trois fois à la mort alors qu'il était absolument impossible qu'advienne ce qui est advenu ! 

Là, avait dit Bahi est un texte d'une très grande qualité littéraire, à la fois très écrit et très parlé, laissant une vraie place aux voix des protagonistes de cette histoire tout en maitrisant parfaitement la mélodie de leurs souvenirs. Sylvain Prudhomme ne pose pas du tout de regard moralisateur ou accusateur sur les événements de cette époque. Il se tient à bonne distance des polémiques en s'appliquant avec un talent qui laisse sans voix à raconter simplement une histoire qui a eu lieu. Elle met en scène deux hommes que leurs papiers d'identité plaçaient en des camps ennemis. Ils se sont aimés comme un père peut aimer son fils, un fils son père. Et l'un d'eux, chose à peine croyable, a échappé par trois fois à la mort et n'en a jamais rien su...

Après Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari et Des hommes de Laurent Mauvignier, Sylvain Prudhomme s'empare d'une période de l'Histoire de France trop longtemps oubliée, pour en faire un morceau de littérature saisissant !