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  • Contre la bêtise !

    ferrari, jérôme, flammarion, croix, articles, passe, quelque, choseIl se passe quelque chose

    Jérôme Ferrari

    Ed. Flammarion, 12€

    De janvier à juin 2016, l’écrivain Jérôme Ferrari a tenu une chronique hebdomadaire dans l’édition du lundi du quotidien La Croix. Plutôt en colère contre les éditorialistes de tous bords et autres professionnels de l’opinion qui pullulent et empêchent de penser, il ne considérait pas qu’ajouter ses propres opinions et son propre discours aux leurs, serait-ce pour les contredire, ait le moindre intérêt. Mais la tristesse des passions qui secouent notre société et la maltraitance que politiques et communicants font subir à notre langue l’ont convaincu, pour quelques semaines du moins, à revoir sa position.

    Lire Il se passe quelque chose est absolument vivifiant tant la pensée de l’auteur d’Où j’ai laissé mon âme est d’une exigence et d’une intelligence peu commune, c’est le moins que l’on puisse dire. Qu’il parle de la langue Corse, de la déchéance de nationalité, de repentance, de laïcité, de l’enseignement de l’arabe, de Finkielkraut ou des réseaux sociaux pour ne citer que quelques uns des thèmes abordés dans cet ouvrage, il ne manque jamais d’en saisir la portée en l’éclairant à la lumière de penseurs (des vrais cette fois-ci) qui lui sont chers. Simone Weil, Arthur Schopenhauer, Hannah Harendt, Boris Savinkov, Albert Camus, Clément Rosset ou Freud.

    Les mots ont un sens. Les médias s’échinent souvent à le lui faire perdre et à nous servir à la place une bouillie infâme en guise d’opinion. La bêtise des prises de parole politiques est insondable. Internet est le plus grand désinhibateur de discours haineux et de points de vue ineptes jamais imaginé par l’homme. Lire ces articles de Jérôme Ferrari, c’est respecter la langue et renouer avec une pensée un peu plus complexe, car la réalité des choses est complexe et mal nommer, oublier ou nier cette complexité est une insulte à l’intelligence. Ferrari ne donne pas son opinion dans ces quelques150 pages, il s’alarme simplement en constatant que la pente sur laquelle est en train de rouler notre monde est bien préoccupante, et qu’il est peut-être déjà trop tard pour réagir. Cela ne doit cependant pas nous empêcher de penser pour constater avec beaucoup de lucidité que le mur sur lequel nous allons nous écraser approche de plus en plus vite !

     

  • Des mangas, pas des mangouilles !

     

     Tokyo-kaido-1.jpgTOKYO KAIDO

    de Minetaro Mochizuki

    Ed. Le lézard noir

     

    Qu'on se le dise entre nous. Il y a Manga et mangouille. Seigneur et petite frappe. La cour des grands et le bac à sable. Si je dis "Mochizuki" et que vous me répondez "Pâtisserie japonaise", c'est qu'il vous faut lire "Tokyo Kaido" sans plus attendre et apprendre à faire tout de suite la différence entre un vrai bon manga et un étouffe bouddhiste !

     

    Sur ce, trêve de parlotte, lisez cet OVNI.

     

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    Solanin-1-kana.jpgSOLANIN

    de Inio asano

    Ed. Kana

     

    C'est pas évident de mettre des mots sur tout ce que j'ai ressenti en lisant Solanin pour la toute première fois. Faut se représenter la bourrasque d'émotions que c'est... le fait de passer d'un rire à une crise de larmes en l'espace de deux tomes. D'avoir autant d'empathie pour des personnages de papier et de trouver parfois comme un air de ressemblance entre une simple histoire et son propre quotidien.

     

    Solanin, c'est la romance fragile d'un jeune couple goûtant aux petits bonheurs et grandes galères de la vie dans la gigantesque Tokyo. C'est une mélodie folle qui raconte à sa manière la jeunesse : celle qui s'illusionne, est éprise de liberté, croit en ses rêves de gosse, tente de préserver une part de son insouciance et de repousser toujours plus loin un monde d'adultes qui ne lui correspond pas.

     

    Ça sonne encore trop creux dit comme ça mais c'était beau, voilà tout. Beau, dramatique et ivre d'espérance !

     

     

     

    lady_snowblood_01.jpgLADY SNOW BLOOD

    de Kazuo Kamimura et Koike

    Ed. Kana

     

    Il y a le ciel, le soleil et les nuages ! Et au-dessus, il y a feu Kazuo Kamimura ! Mon dieu du manga ! Sacré prix du patrimoine du festival d'Angoulême ! Un prix teeeeellement mérité !

     

    Lady Snow Blood, c'est l'histoire de cette femme vengeresse qui inspirera à Quentin Tarantino son film Kill Bill ! Un manga beaucoup trop culte si vous voulez mon avis ! Enfin ce n'est pas tout. Le club des divorcés, c'est Kamimura ! Lorsque nous vivions ensemble, c'est Kamimura ! L'apprenti Geisha, c'est Kamimura ! Les femmes, c'est lui, la beauté, c'est lui, la grâce et la splendeur, c'est lui, les romances tragiques, c'est lui et enfin, les meilleurs Gekida (manga social), c'est lui et je ne suis absolument pas objectif !

     

    A découvrir, redécouvrir, oublier et découvrir encore une fois !

     

     

     

    dead-dead-demons-dededededestruction-t1-270x382.jpgDEAD DEAD DEMON'S DEDEDEDE DESTRUCTION

    de Inio Asano

    Ed. Kana

     

    Le pitch, c'est que des extraterrestres ont planté leur vaisseau au-dessus de Tokyo (un peu façon District 9). Il y a eu comme un gros incident et des morts parce que c'est dans la bouche de tout le monde mais jusque là, on n'a pas vu la couleur d'un martien. En 3 ans, rien n'a bougé, pas même une petite invasion. L'état d'urgence a été levé mais ceci étant, le gouvernement reste sur les crocs, on pense encore à faire la guerre aux OVNI et à se doter d'une arme de destruction massive qui serait à même de régler l'épineux problème...

     

    Pendant ce temps là, la vie suit son cours dans une espèce d'ambiance de demi-catastrophe et ça, ça rend malade deux nanas qui n'attendent qu'une seule chose dans l'histoire : la fin de l'humanité ! Basta !

     

     

     

    cantine-de-minuit-1-lezard.jpgLA CANTINE DE MINUIT

    de Yarô Abe

    Ed. Le Lézard noir

     

    Ouverte de minuit jusqu'à l'aube, cette petite gargote du quartier de Shinjuku voit passer les personnages les plus hauts en couleur de Tokyo. Aussi abrite-t-elle les histoires les plus touchantes ! Ici, on ne mange pas à la carte mais selon nos envies et nos humeurs passagères.

     

    Pour ceux qui connaissaient déjà l'histoire du Gourmet solitaire de Jiro Taniguchi, remettez les couverts, La Cantine de Minuit est là ! Merci le Lézard noir !

     

     

     

    Allan