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  • Rien ne vaut l'amour du président Mao !

    Une vie chinoise de Li Kunwu et P. Otiééd. Kana

    3 tomes (19.95€ chacun)  éd. Kana

    Si la mentalité chinoise vous échappe, si vous ne connaissez rien à l'Histoire du pays le plus peuplé au monde et si vous désirez en savoir un peu plus sur ce géant qui n'était presque rien il y a 70 ans à peine, alors plongez-vous dans cette BD passionnante qui retrace, à travers la vie d'un jeune enfant né dans la province du Yunnan au début des années 50, une aventure collective aussi fascinante  qu'effrayante.

    chinoise, chine, kana, kunwuCe triptyque autobiographique de Li Kunwu, qui compte près de 700 pages, nous dit tout du chemin douloureux que ses dirigeants successifs ont su imposer à leur peuple, à grands renforts de bourrages de crâne, de suspicion généralisée, de nationalisme exacerbé et de culte de la personnalité. Pourtant ceci  n'est pas une BD à charge. Son auteur est largement publié en Chine où il est encore membre du parti communiste et administrateur de l'Association des artistes du Yunnan. Cependant il ne nous épargnera rien des sacrifices et de la brutalité des bouleversements endurés par son peuple depuis le fameux grand bond en avant qui devait sortir le pays du "monde féodal" selon la terminologie maoïste. Famines à répétition, familles pulvérisées, chasse à l'esprit bourgeois, embrigadement des esprits (les enfants comme Xiao Li deviendront les plus zélés porte-parole du mouvement nouveau et aussi les plus cruels)... Il n'est paschinoise, chine, kana, kunwu nécessaire de faire dans la dénonciation. Les faits se suffisent à eux-mêmes et l'on comprend alors un peu (et avec beaucoup de compassion) d'où vient ce géant trop longtemps humilié et tout ce qu'il a dû souffrir en un peu plus d'un demi siècle pour en arriver là. 

    Voici une BD passionnante qui ne cède à aucune lourdeur pédagogique et saura cependant servir d'excellente introduction à l'histoire contemporaine d'un pays encore plus loin de nous philosophiquement que géographiquement.

  • Pas de langue de bois dans "La scierie" !


    scierie, héros, limite, gripariLa scierie (auteur anonyme)

    préface Pierre Gripari

    éd. Héros-Limite 16€

    Tant qu'il y aura des éditeurs pour fabriquer des livres que l'on a envie d'ouvrir, des livres beaux, au titre énigmatique et sans bandeau raccoleur, bref des livres qui se justifient par le seul fait d'exister et d'être là, sous nos yeux, il y aura alors des libraires pour les lire. Voici La scierie, récit anonyme écrit en 1953 qu'une petite maison d'édition genevoise, Héros-Limite, a décidé de rééditer après une première parution en 1975 chez L'âge d'homme. Pierre Gripari en avait fait alors un éloge d'une grande noblesse repris ici en guise d'introduction. Quand on pense que l'auteur de ce récit n'avait absolument aucune intention  d'être publié et qu'il n'a, par la suite, plus donné aucun signe de vie littéraire, on reste sans voix...

    Le sujet quant à lui est d'une simplicité remarquable. Un jeune homme vient de rater son baccalauréat. Issu d'un milieu bourgeois, rêvant de marine, il décide d'employer comme il le peut le temps qui le sépare de l'appel sous les drapeaux, en s'occupant en premier lieu de sa force : "Je sais que je suis fort. Je vais essayer de travailler avec ma force, mais que faire ?" Dans son pays, les bords de Loire, le travail de la terre est roi. Mais très peu pour lui : "Les paysans me font chier avec leurs plaintes et leurs gros sous qu'ils cachent comme des salauds." C'est réglé, il ne touchera pas à l'agriculture. Quatre jours de recherche "Puis un beau matin j'arrive dans une toute petite scierie..." et commence alors un récit incroyable que je vous laisserai découvrir !

    La scierie fait partie de ces textes qui cognent, sans concession, qui disent les choses sans filtre, aussi bien la franche camaraderie que la méchanceté ouvrière. Les patrons n'ont aucun état d'âme et c'est bien fait pour ceux qui travaillent pour eux. Ils le méritent au centuple. A partir de là, pas de quoi revendiquer la semaine de 35 heures. Ni même de 40. La scierie n'est pas un texte sympathique. Il ne fait pas du bien. Il porte trop haut, vu d'ici, la valeur du sacrifice au travail. Mais mince ! Enfin ! Ecrire comme ça. Rendre avec autant de justesse cette expérience de forçat, la voracité des machines, ce goût de sciure et d'os coupés (les scies raffolent des doigts !), la beauté du sang sur les copeaux et la folie des hommes forts, cela vous renvoie les nombrils plumitifs de Saint-Germain-les-près à des années lumières de ce que peut vraiment un écrivain.

    Bienvenus dans La scierie !

  • Rencontre avec Michèle Lesbre

    lesbre, michèle, wespieserJeudi 18 avril Michèle LESBRE

    A l'occasion de la parution de son nouveau roman Ecoute la pluie aux éditions Sabine Wespieser, Michèle Lesbre, qui nous avait fait l'amitié de sa présence en octobre 2009 lors de notre journée d'inauguration, reviendra rencontrer ses lecteurs.

    Ecoute la pluie est le récit d'une déambulation éperdue à travers les rues de Paris provoquée par le geste désespéré d'un vieux monsieur qui s'est jeté sous les roues du métro après avoir échangé quelques mots et lesbre, michèle, wespieser, pluie, écoute, suicideun sourire avec la narratrice de cette histoire... Evénement tristement quotidien auquel Michèle Lesbre a d'ailleurs réellement assisté et qui la hantait depuis plusieurs  années comme le prouve la dédicace du roman Le canapé rouge paru en 2007 : "Au petit monsieur de la station Gambetta..."

    Un roman superbe et sobre à découvrir absolument.

    dédicace de 18 à 19h

    rencontre et lecture après 19h