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  • Rencontre avec William Boyle

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    Repéré l’année dernière par François Guérif à qui l’on doit la découverte en France de James Ellroy, Dennis Lehane ou Donald Westlake, William Boyle publie aux éditions Gallmeister son second roman, Tout est brisé.

    Cet ancien disquaire new-yorkais spécialisé dans le rock indépendant américain sera notre premier invité de la rentrée, le mercredi 20 septembre.

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  • Lire Styron et ne plus s'arrêter...

    styron, williamD'abord il y a un nom, William Styron, né en 1925 et décédé en 2006, et un immense chef d'oeuvre qui lui est rattaché, Le Choix de Sophie 1981 (Sophie's choice 1979) pour lequel l'auteur a reçu le prestigieux National Book Award. Même si pour moi, jusqu'au mois dernier, Styron n'était qu'un des ces noms prestigieux dont regorge le patrimoine littéraire mondial et qu'une vie entière ne me donnera pas le loisir d'en lire la liste complète, la parution en novembre dernier d'A tombeau ouvert et de Des Havanes à la maison blanche a été une révélation. Quelle langue ! Elégante, raffinée, souple. Une prose incroyable, capable de tout dire, de faire éclater le rire au milieu des larmes et de rendre aussi bien l'horreur de la guerre que la fascination qu'elle exerce sur des jeunes gens. Soldat durant la Seconde Guerre Mondiale, le jeune Styron commence à se faire un nom en 1951 quand paraît son premier roman très inspiré de Faulkner, Un lit de ténèbres. Or la même année, alors qu'éclate la guerre de Corée, et que l'écrivain avait perdu toute espèce d'attraction pour les armes, le grand corps des Marines auquel il s'était inscrit en tant que réserviste, de son propre aveu par pur orgueil, le rappelle à lui. Cette décision manque "l'anéantir". A tombeau ouvert tourne tout entier autour de ce moment de grand désarroi. Sous titré Cinq histoires du corps des Marines, il n'est pourtant pas question dans ces pages de souvenirs de guerres et des combats. On y tombeau, styron, ouvert, gallimardtrouvera des pages d'ennui et de bêtise militaire, mais aussi de rencontres salvatrices avec certains officiers tels que Marriott le marine avec qui parler littérature fut un plaisir inespéré. Appétit sexuel insatiable, vitesse, détestation des superstitions religieuses. Tout dans ce recueil respire une envie de vivre d'autant plus intense que la mort est promise au jeune homme quelque part en Asie. Apparaît aussi le profond sentiment de culpabilité d'en être sorti indemne. Ce texte est la clef d'entrée dans l'oeuvre de Styron la plus parfaite qu'il soit.

    Des Havanes à la maison blanche semblera plus anecdotique, mais pour qui a goûté une fois à l'écriture du monsieur, chaque ligne devient précieuse. Ce livre se présente comme un recueil de souvenirs mettant en scène de grands hommes tel J-F Kennedy fumant de délicieux havanes en plein embargo cubain ou Mitterrand que Styron avait rencontré en 1981, précisément le jour de l'investiture du président socialiste. Il évoque aussi l'admiration qu'il porte à d'autres écrivains tels que Truman Capote, Norman Mailer ou Salinger et dresse un portrait bref et saisissant de l'écrivain James Baldwin. Le texte Un cas de syphilis est une pure merveille. Il raconte comment, en 1944, le jeune Styron fut placé 7 semaines en quarantaine pour rien après avoir été hâtivement convaincu d’infection par la syphilis par un urologue des Marines fondamentaliste et pervers.

    face, ténèbres, styron, folioAutre texte de Styron terminé hier soir et à lire toutes affaires cessantes : Face aux ténèbres. Sous titrée Chronique d’une folie, l’écrivain revient dans ce livre sur la douloureuse dépression qu’il a connue fin 1985, quelques temps après avoir décidé d’arrêter l’alcool. Peu importe que vous soyez ou non touchés d’une manière ou d’une autre par cette question de la dépression, il est impossible de ne pas se sentir concerné par ce sujet quand il est traité avec autant d’intelligence et de mesure par un écrivain aussi maître de son art. Depuis la prise de conscience de sa maladie jusqu’au moment de sa rémission, Styron raconte étape par étape la détresse qui fut la sienne comme celle de son ami Romain Gary quelques années auparavant. Un texte bref et lumineux malgré la gravité du propos.