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25/09/2011

Le poche à ne pas manquer !

Le convoi de l'eau de Akira Yoshimurayoshimura, convoi, eau, actes, sud, babel

trad. du japonais

éd. Babel / Actes Sud 6.50€

Longtemps ignoré du monde, un hameau s’apprête à être englouti par la construction d’un barrage. Yoshimura nous offre un roman d’une beauté et d’une mélancolie sidérantes.

Parce qu’il a tué sa femme adultère à grands coups de bûche, le narrateur de cette histoire a passé de longues années en prison. Et parce qu’au sortir de celle-ci, sa haine est intacte et qu’il sent en lui le désir violent de faire subir à l’amant le même sort qu’à son épouse, il décide de s’enrôler dans une équipe de travaux en partance pour de très reculées contrées en pleine montagne où doit être construit un barrage. Il décide en quelque sorte de s’enfuir de lui-même, espérant trouver dans l’ingrat labeur le chemin de la rédemption.

Quand après de longues journées de marche son équipe arrive enfin sur les lieux du futur chantier, l’étonnement est général. Encastré entre deux montagnes au creux d’une vallée où serpente un torrent, un curieux hameau d’une dizaine de maisons aux toits couverts d’une lourde mousse naturelle les attend. Loin de tout, découverte à peine quelques années auparavant à la suite d’un accident d’avion survenu à proximité, cette petite communauté, probablement composée de « descendants de bannis » yoshimura, akiramurmure-t-on dans le groupe, s’apprête à vivre ses derniers jours puisqu’elle se trouve précisément en amont du barrage qui va être construit. Dès lors, ouvriers et habitants du hameau vont s’observer en chiens de faïence, cohabitant à distance sans jamais se parler, les premiers spéculant sur la réaction des seconds comme les travaux avancent, balançant entre moquerie et effroi devant cette population apparemment insignifiante, condamnée à disparaître, et pourtant d’une dignité qui force l’admiration.

Yoshimura nous offre un texte d’une beauté et d’une dimension mythologique qui n'est pas sans rappeler le Désert des tartares de Buzzati. Jouant de la tension avec art, il écrit un roman fascinant et fragile, sorte de fable écologique qui ne dit pas son nom.

23/05/2011

RENCONTRE AVEC SRDJAN VALJAREVIC mercredi 25 mai

Voici une des plus belles surprises de ce début d’année ! L'écrivain serbe Srdjancôme, actes, sud, valjarevic, srdjan, serbe Valjarevic nous entraîne  au bord du lac de Côme d’où l’on revient des souvenirs plein les yeux.

Un jeune auteur serbe, dont on ne saura jamais le nom, rempli presque sans y croire un formulaire pour s’adjuger une bourse qui lui ouvrira les portes des villas du domaine Bellagio où il pourra « y écrire tranquillement ». Seulement « à l’époque, travailler ou écrire sérieusement ne l’intéresse pas ». Ce séjour d’un mois va finalement s’avérer être une délicieuse et douce digression dans la vie d’artiste de ce jeune homme à l’ivresse élégante.

Toujours simple et sincère, nous le suivrons au fil de ses rencontres. Sans préjugés il sera le trait d’union entre deux mondes : celui de la résidence perchée sur la colline Tragédia, et celui des habitués des deux troquets du village en contrebas. Dans ce monde nouveau, entre théorème et football, entre deux verres aussi, il saura nouer des liens solides au grès des regards, des sourires et des gueules de bois.

valjarevic, srdjan, actes, sud, cômePeu à peu, ce grand lecteur de Walser et Thomas Bernhard se laissera aller à la promenade, aux pique-niques et aux baisers sur les bords du lac d’où pourtant, il faudra bien partir avec pour tout bagage une bouteille de Whisky et une sérénité folle.

Certains personnages de romans nous accompagnent toute notre vie, celui-ci en fait partie. Sitôt le livre refermé, il vous manque déjà…Une merveille.

 

Valjarevic et son traducteur à la librairie des Cordeliers Mercredi 25 mai

Signature de18 à 19h Rencontre après 19h (env. 1 h)

Un verre de vin sera servi à la suite de la rencontre.