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rencontre

  • Rencontre avec William Boyle

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    Repéré l’année dernière par François Guérif à qui l’on doit la découverte en France de James Ellroy, Dennis Lehane ou Donald Westlake, William Boyle publie aux éditions Gallmeister son second roman, Tout est brisé.

    Cet ancien disquaire new-yorkais spécialisé dans le rock indépendant américain sera notre premier invité de la rentrée, le mercredi 20 septembre.

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  • Rencontre avec Alain Mabanckou annulée !!! Mais livre excellent !!!

    mabanckou, dédicace, rencontre, alain, seuil, petit, piment, congoRENCONTRE AVEC ALAIN MABANCKOU

    annulée !!!

    Petit piment

    de Alain Mabanckou

    Ed. du Seuil         18.50€

    Petit Piment ne s’est pas toujours appelé Petit Piment. Ce nom là est un nom de guerre. Il se l'est gagné à l’orphelinat de Loango en faisant avaler en loucedé  aux frères jumeaux qui sèment la terreur dans l’établissement un plat particulièrement épicé pour venger son ami Bonaventure… Car Petit Piment sait se défendre. Un orphelin apprend ces choses là. Déposé quelques jours seulement après sa naissance, il a vécu finalement assez joyeusement ces premières années auprès de ses compagnons d'infortune, sous les regards bienveillants de Sabine, qui fait le ménage dans l’établissement, et de Papa Moupelo, le prêtre qui chaque week-end leur enseigne joyeusement la religion en leur faisant chanter des chansons aux rythmes... endiablés.

    Seulement voilà. La politique et le pouvoir ne laissent jamais tranquille bien longtemps les hommes et les femmes du monde entier, et en ce début des années 70, la protection des murs de l’orphelinat n’offre aucune étanchéité face à l’arrivée d’un régime marxiste au Congo. Le directeur de l’établissement, le dictatorial Dieudonné Ngoulmoumako, fait allégeance avec beaucoup d’opportunisme au pouvoir nouveau  et se débarrasse aussitôt du prêtre et de la femme de ménage qu’il avait dû tolérer en ses murs durant de trop longues années.

    Pour Petit Piment, âgé alors de 13 ans, l’atmosphère devient irrespirable. L’orphelinat prend de plus en plus les apparences d’une prison et il ne lui faudra que quelques mois pour qu'il décide de se faire la belle en compagnie des deux jumeaux devenus entre-temps ses alliés. Commence alors une vie de débrouille et de larcins du côté de Pointe-Noire, la ville où est né Alain Mabanckou dont le formidable et très personnel Lumières de Pointe-Noire, paru en 2013 était tout imprégné. La rapine donc, puis la rencontre avec la magnifique Maman Fiat 500, tenancière au grand cœur d'un bordel dans lequel le garçon va enfin trouver un peu d'affection. Maman Fiat 500 ! Petit Piment éprouve une grande affection pour elle. Sera-t-elle enfin cette mère qu’il n’a jamais eue ? Eh bien ! On n’en saura rien. Rien, car la politique et les élections, une fois de plus, passeront par là et nettoieront de façon brutale le quartier de ses prostituées zaïroises. Des étrangères en plus ! La xénophobie et le populisme n’ont décidément ni frontières, ni couleurs nous dit Alain Mabanckou.mabanckou, dédicace, rencontre, alain, seuil, petit, piment, congo

    A nouveau seul, abîmé par la vie et en proie à des pertes de mémoire et de violentes hallucinations, Petit Piment ne va cependant pas laisser passer l’heure de la vengeance. Quelqu'un va devoir payer pour tous ces malheurs.

    Petit Piment est en quelque sorte l’histoire d’une révolte, celle d’un individu haut comme trois piments, devant un pouvoir politique népotiste et cruel qui n'en finit pas de faire mal à l'Afrique. Et cette révolte - quel bonheur cher lecteur ! -  est portée par un art du récit terriblement réjouissant qui fait d'Alain Mabanckou, Prix Renaudot en 2006 pour Mémoires d'un porc-épic, l'un de nos romanciers parmi les plus enthousiasmant du moment !

     

  • Quel goût ça a la nanotechnologie ?

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    Conférence - débat lundi  mai Salle Charles MICHELS à Romans

    Les produits contenant des nanoparticules envahissent notre quotidien. Invisibles à l’œil nu, ces nouvelles molécules hightech laissent parfois deviner leur présence par les accroches publicitaires : aliments aux “saveurs inédites”, “cosmétiques agissant plus en profondeur”, “sous-vêtements antibactériens”, fours et réfrigérateurs “autonettoyants”, articles de sports “plus performants”, et armes plus destructrices…
    Sans cesse, les ingénieurs en recherche et développement inventent de nouvelles applications des nanos qui sont commercialisées sans le moindre contrôle, au mépris de la réglementation les obligeant à tester la toxicité des substances avant de les vendre. Or, il s’avère que ces nanoparticules sont souvent redoutables – elles sont si petites que certaines peuvent traverser tous les organes, jouer avec notre ADN et provoquer de nombreux dégâts.
    Grâce à son enquête aussi rigoureuse qu’explosive, Roger Lenglet a retrouvé les principaux acteurs des nanotechnologies. Il livre ici leurs secrets et les dessous de cette opération menée à l’échelle planétaire qui, avec le pire cynisme, continue de se déployer pour capter des profits mirobolants au détriment de notre santé.
    Avec ce premier livre en français sur la toxicité des nanoparticules, Roger Lenglet tente de prévenir un nouveau scandale sanitaire d’une ampleur inimaginable.

     

    En savoir plus sur la soirée ? Site EELV Drôme.

  • La France vue d'en bas.

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    Rencontre avec Florence Aubenas,

    vendredi 5 décembre à 18h30 à la médiathèque de Romans.

    Précédée d'une séance de dédicaces à la librairie des Cordeliers à 17h (horaire sous réserve).a

    En France de Florence Aubenas

    éd. de L'Olivier 18€.

    En France.

    Tout ça se passe en France. Ces derniers mois.

    Dans ces coins où aucun journaliste ne va pour entendre ce qui s’y dit. Dans ces coins de hasard, à la périphérie des périphéries connues, dans les campagnes, dans les champs et les stations services, dans les centres commerciaux ou les cages d’escaliers, dans les usines occupées, les mairies abandonnées et les halls d’escaliers, sur le siège passager des camionnettes d’artisans, dans les bureaux fatigués des offices HLM, aux côtés des vendeurs de shit, des mères filles, des gamines roms, des jeunes voilées et des cathos énervées, poussant son crayon jusqu’à Hénin-Beaumont, elle est allée. Florence Aubenas est allée là-bas et elle a écouté, chaque semaine, comme on pose l’oreille sur le sol pour entendre souterrainement la terre bouger. Elle a l’oreille fine, très fine, et sous la surface, promis, ça bouge. Et ce qui pourrait en advenir est très inquiétant.

    pres-de-la-moitie-de-la-population-francaise-beneficie-de-la-caf.jpgQui regarde encore la France et qui écoute les français ? « On croit connaître ces endroits qu’on appelle « chez soi ». En réalité c’est dans ces paysage familiers que commence le mystère ». La France change, ils sont nombreux à le dire dans ces lignes, les gens du peuple. Et la France, comme elle change, ne leur laisse pas de place. Crise industrielle, appartenance de classe, de souffrance laborieuse et de fierté salariée, tout a explosé. Et il faudrait ne pas crier ?! Tout change. Avant un CDI à la chaîne chez Peugeot, c’était de l’esclavage. Cet esclavage désormais, il fait rêver. Avant, enceinte à 14 ans, c’était la honte. Désormais, « on compte pour quelque chose quand on a un enfant ». Avant, coucher pour de l’argent, c’était quand même mal vu… A présent «  celles qui couchent pour rien se dévalorisent elles-mêmes ». Avant, encore, les factures de loyer et d’électricité étaient sacrées. Le poste numéro 1 désormais dans l’échelle des paiements, c’est le portable et internet. « Sinon t’es mort ». Une bascule des valeurs se fait. La colère libère les langues et défie justement ceux-là même qui avaient établi ces valeurs. Ceux d’en haut, on les met au défi. Le vote FN contre les arabes et l’Europe. Trop de lois, des normes, d’autorités administratives ou professorales, trop d’homosexualité dans les programmes scolaires (enfin, c’est ce qu’on a entendu dire), trop de taxes, trop de tout ce qui écrase et vient d’en haut !

    Ah ! Si seulement tout pouvait être aussi chouette que sur la plage de piémanson, aubenas, florence, france, olivierPiémanson, ce bout du bout de Camargue à 40 bornes d’Arles. Là aussi elle y est allée, Florence Aubenas. Sur cette incongruité de sable de 10km de long, joyeuse et indomptée où le camping sauvage est toléré ! Toléré, «  pas autorisé, pas interdit, mais possible. C’est ce mot là qui définit l’endroit aujourd’hui. » Un bout de France comme un morceau de Far West pour dire quand même un petit peu Merde ! à l’Etat et à ses règles. Mais il se murmure que même ça, même cette dernière dune de liberté, ils vont nous l’enlever…

    florence, aubenas, france, olivierEn France est un livre saisissant fait d’esquisses, plutôt que de portraits, de françaises et de français rencontrés par la journaliste du Monde au hasard de ses reportages dans l’hexagone de 2012 à 2014. De colères en désarrois, il redessine le visage d’un pays qu’on démaquille, laissant apparaître ici et là d’inquiétantes taches brunâtres. La plume de Florence Aubenas est douce, souvent amusée, toujours humaine, profondément humaine, avec des bonheurs d’écriture terriblement réjouissants.  Reste ce visage à présent complètement démaquillé. Quatre ans après Les quais de Ouistreham, on peut dire qu’il  mal vieilli.

  • LES LIVRES DE JEROME FERRARI 2/5

    Balco Atlantico de Jérôme Ferrari

    Ed. Actes Sud 18.30€ / Babel 7€

    ferrari, jérôme, balco, atlantico, actes, sudEn Corse, les morts prennent trop de place, et leur mémoire encombre celle des vivants. « Les morts ne nous bénissent pas. Ils nous en veulent d’être encore vivants. Ils nous jalousent et nous détestent. Et s’ils s’abstiennent de nous faire du mal, c’est parce qu’ils ont désespérément besoin de notre mémoire, ce labyrinthe imparfait, pour y survivre encore un peu […] » Aussi la place qui reste dévolue aux vivants, à leurs rêves et leurs espoirs, se révèle donc très vite restreinte, et les voilà bientôt rejouant de façon presque mécanique, faute de mieux, les rôles maléfiques tenus jadis (et semble-t-il depuis toujours) par leurs ancêtres.

    Balco Atlantico commence comme il finit. Avec la mort d’un homme. Le même homme. Stéphane Campana, jeune nationaliste en pleine ascension, qui rêvait d’un destin pareil à celui de ces types au glorieux parcours meurtrier, et dont il exhumait l’histoire dans une obscure brochure intitulée Notre mémoire, afin d’en faire de véritables hagiographies au service de la cause. Ce destin il l’aura : deux balles dans la peau. Tout le travail de Jérôme Ferrari étant alors de montrer comment la violence, l’histoire, la peur de l’autre, de l’étranger qui menace une identité insulaire fantasmée et la frustration d’une jeunesse sans avenir, entraînent presque malgré eux des hommes dans une spirale stupidement criminelle. Il faudra quatre cadavres dans ce roman fascinant pour mener le lecteur à celui de Campana. Quatre meurtres de plus sur une île où l’on enterre surtout des rêves.

    A propos de rêves, voici Balco Atlantico. Une promenade, un belvédère, face à l’océan. balco, atlantico, babel, ferrari, jérôme, corseNous sommes au Maroc, et Khaled et sa sœur Hayet, s’apprêtent à quitter leur terre natale où rien de bon ne pourrait leur arriver. La vie qui leur est promise à l’un et l’autre est, à peu de chose près, celle de leurs parents. Et Khaled estime que sa sœur mérite mieux que cela. Laquelle n’imagine pas de vivre loin de lui. Alors ce sera la Corse.Pourlui un peu d’herbe à revendre pour arrondir les fins de mois, mais aussi un petit resto où faire la plonge. Pour elle, ce sera serveuse dans un bar, celui de Marie-Angèle Susini que les lecteurs retrouveront dans Le sermon sur la chute de Rome.

    Avec ce deuxième roman paru chez Actes Sud dans un anonymat aussi scandaleusement sidérant que le premier, Jérôme Ferrari aborde avec beaucoup d’intelligence et de tendresse cette âme corse pour mieux en démonter, pièce après pièce, l’armure d’apparat dont elle use afin de se croire encore vivante et fière. Mais il y a, en vérité, beaucoup de stupidité dans tout cela, beaucoup de virilité mal placée. Il y a aussi beaucoup de tristesse, d’ennui et de mythologie. Cela pourrait être folklorique et sympathique si, encore aujourd’hui, des hommes ne mouraient pas, là-bas plus qu’ailleurs, assassinés en pleine rue. Seulement voilà, on ne peut rien contre l’hybris, cette tentation orgueilleuse à la démesure qui pousse les hommes à se prendre pour Dieu, et à s’octroyer droit de vie ou de mort sur leurs semblables.