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29/10/2015

Le travail c'est la santé, tuer le travail c'est la préserver...

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Travailler tue ! de Yvan Robin

éd. Lajouanie 18€

EN GUISE DE MISE EN GARDE

Ouvrez le placard sous votre évier. Déposez sur la table de la cuisine votre lot de produits détergents. Observez minutieusement les pictogrammes derrière chacun. Ne gardez que le plus corrosif. Ouvrez la première page de ce roman et appréciez en substance la différence entre la soude et les effets de Travailler tue ! sur les voies biliaires du lecteur que vous êtes. Dégustez.

CA, C'ETAIT AVANT...

Hubert Garden est un homme respectable, cadre subalterne dans une société de travaux publics respectable, chargé de veiller au bon suivi des procédures de sécurité avec l'engouement et le respect des fonctions qui incombent à un homme de son rang. D'aucun aurait dit qu'il était taillé pour ce job. D'autres qu'il y avait quelque chose de louche dans la manière qu'il avait de mordre ses lèvres comme dans une peau de boudin. La vérité, c'est qu'Hubert avait accepté son poste à contrecœur, que sa hiérarchie l'avait mis là pour le disqualifier et qu'un malheureux concours de circonstances allait précipiter ce brave type expert en accidentologie dans la plus diabolique et la plus vengeresse des vendettas...

...AVANT LA TRAGEDIE

Travailler tue ! Voilà le sceau de la fatalité ! Implacable, inique et bien au-delà de l'endurance humaine. Hubert est un homme manipulé et impuissant. Fatigué d'être le larbin d'une boîte ingrate. Fatigué de voir se succéder les accidents sans y pouvoir grand chose. Fatigué de devoir décrocher des crédits. Epuisé de faire un enfant à sa femme qui, faute de le voir rentrer tous les soirs à la maison, suspecte une relation torride avec la contrôleuse de gestion de son entreprise. Faire les courses. Passer à la caisse. Trouver une putain de place de stationnement. Etc, etc. Dans une guerre sans fin contre les contingences. Abattu mais pas en reste. Hubert a rendez-vous avec son destin. Et son destin, s'il est de sombrer un jour dans les tréfonds de l'âme humaine, sera de vaincre le mal qui le ronge en s'attaquant à la racine, quitte à sacrifier quelques innocents sur l'autel de la rédemption : comme investi d'une mission dictée d'en haut ! 

Moralité de l'histoire. Pas de moralité mais le plaisir coupable d'avoir aimer tuer le travail dans un roman si ce n'est complètement cathartique, absolument jubilatoire ! Noir, mordant et sans bavures ! C'est arrivé près de chez vous mais du côté de Neuville. Un chef d'œuvre de roman pas policier mais presque...

11/06/2015

Un mafieux peut en cacher un autre...

mimmo, gangemi, seuil, policier, polar, revanche, petit, jugeLa revanche du petit juge de Mimmo Gangemi

trad. de l'italien

Ed. Seuil Policiers 21.50 €

 « Dans la Ndrangheta, il n’y a pas une tête au sommet et une multitude de demi-têtes qui descendent jusqu’à la base de la pyramide. Ici, chaque organisation obéit à ses propres règles. »

Bienvenu en Calabre dans le cul terreux de l’Italie ! Terre sanguine et reculée pour l’homme civilisé de Toscane et de Lombardie. En Calabre, il est de notoriété publique qu’on ne met jamais le nez là où il n’a pas lieu de mettre le nez. Ce qui est enfoui six pieds sous terre reste six pieds sous terre. Manque de peau pour le substitut du procureur Maremmi, retrouvé dans sa cage d’escalier refroidi de deux balles de pistolet à canon long. Ni d’ « objection ! », ni de « votre honneur ! ». Il ne fait pas bon d’avoir du flair… Une veine pour Alberto Lenzi dit « le petit juge », ami du regretté Maremmi, coureur de jupons au barreau et tire au flanc exemplaire ! 

Qu’il lui en coûte, les amis sont les amis et Lenzi entend prendre sa revanche ! Sale affaire et la partie n’est pas gagnée. Le chef de bâton parle la langue des prophètes et la règle qui prévaut est qu’un  mafieux peut en cacher un autre…

Voilà un petit polar qui fleure bon l’huile d’olive, la vendetta et le sang chaud pressé à froid sous la meule agricole ! Un premier roman violent et pittoresque pour celui qu’on compare déjà à Camilleri pour sa recréation du dialecte local et à Cataldo pour son portrait de la mafia calabraise !

Affaire à suivre !

04/06/2014

Petit meurtre en Toscane.

briscola,cinq,marco,malvaldi,policier,polar,Une briscola à cinq de Marco Malvaldi

éd. 10/18 Cristian Bourgois    6.60 €

Quand la police, représentée par « l’illustrissime commissaire Fusco », homme prétentieux, arrogant, susceptible, obstiné et vaniteux, pense avoir rapidement bouclé l’enquête du meurtre de cette jeune demoiselle aux mœurs délurées dont le corps a été retrouvé dans une poubelle  au petit matin au sortir d’une boite de nuit, c’est au tour de Massimo et de ses amis de prendre les affaires en main afin d’éclaircir précisément le fond de cette histoire.

Massimo, c’est le patron lettré du bar à côté duquel le cadavre a été découvert. C’est pas qu’il aime fourrer ses son nez dans les problèmes des autres, non, il est même plutôt du genre paisible dans son établissement à deux pas des plages toscanes, pas très loin de Livourne, mais bon ! y a quelque chose qui colle pas dans cette affaire… Des questions restent en suspens, non réglées et Massimo il peut pas s’empêcher d’y penser tout haut avec ses copains attablés un peu plus loin, cartes en mains prêts à se lancer dans une énième partie de briscola tout en devisant du temps qu’il fait et en éventant les ragots qu’ils ont eux-mêmes découvert au fond de leur verre… Car il les aime bien ces papys là (et oui, au fait, les amis en question ont tous près de 80 ans) et même s’il se prend souvent le bec avec eux, il y a toujours du bon à piocher dans leurs bavardages livrés à la brise étouffante.

La brisola à cinq est donc le petit polar idéal pour bien commencer l’été ! Une vraie enquête, des répliques d’une drôlerie imparable et des nanas toutes mieux gaulées les unes que les autres… Allez vous aussi faire un tour du côté du BarLume, et si vous évitez de demander au patron un café en plein milieu d’après-midi alors qu’il fait déjà je ne sais pas combien de degrés à l’ombre du bar, vous risquez de passer un sacrément bon moment ! Et peut-être même que vous allez vous faire de nouveaux amis avec des cannes.

Premier opus de la série des retraités au BarLume, ces polars de Marco Malvaldo ont connu un succès critique et commercial retentissant en Italie !