Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

polar

  • Deux héros pas très ordinaires...

    polar, mackay, fille, kenyon, street, calmann, lévy, washingtonLa fille de Kenyon Street

    David Swinson

    Trad. de l’anglais US par Mireille Vignol

    Ed. Calmann Levy     20.90€

    Franck Marr est un ex inspecteur au commissariat de Washington DC. "Ex inspecteur" car il s’est fait jeter de la police pour cause de gros problèmes liés à sa consommation un peu trop prononcée pour la cocaïne… Il vit désormais en vendant ses qualités de fin limier à son amie Leslie Costello, avocate de la défense, et satisfait son penchant pour les stupéfiants en cambriolant les repaires de trafiquants du secteur. Une vie comme une autre quoi. Il s’en sort pas mal finalement.

    Tout dérape le jour où, en plein maraudage dans une planque de latinos, il tombe par hasard sur une adolescente ligotée à une chaise, vraisemblablement droguée, violée et battue. Que faire de ça ? Comment expliquer sa présence ici ? Comment pourtant ne pas essayer de sauver cette gamine avant le retour de ses bourreaux ? Les emmerdes commencent mais Franck Marr ne se départ jamais d’une espèce de flegme réjouissant pourvu qu’il soit assisté d’un petit rail de coke. C’est pas très moral tout ça mais on compose avec sa vie comme on peut.

    Avec cette première enquête, David Swinson, lui-même ex-inspecteur au Metropolitan Police Departement de Washington maintes fois distingué pour son travail dans la répression du trafic de drogueet du grand banditisme, nous propose un polar particulièrement bien incarné. C’est bon, désinvolte et saisissant. On adore !

    L’enfer est au bout de la nuitpolar, mackay, fille, kenyon, street, calmann, lévy, washington

    Malcolm Mackay

    Trad. de anglais par Franchia Gonzalez-Batlle

    Ed. Liana Levi       7.30€

    Enfin en poche !

    Glasgow et sa pègre. Après la formidable trilogie sur les pas de Calum MacLean, le tueur attitré du clan Jamieson, Malcolm Mackay nous entraîne à présent sur les traces d’un autre type de l’organisation : le cogneur Nate Colgan. Celui que l’on appelle pour brutaliser le pauvre type qui ne paie pas ses dettes par exemple, ou celui qui ne respecte pas les consignes… Un bon tas de muscle donc, mais quelqu’un d’intelligent aussi qui va devoir se servir de ces deux qualités dans cette nouvelle affaire : le grand chef Jamieson moisissant en prison, ses lieutenants se découvrent des ambitions. Quand arrive en plus la nouvelle qu’une organisation concurrente en rapport avec Zara, l’ex-fiancée de Colgan, convoiterait leur territoire, alors là oui, vraiment, il va falloir la jouer très fine. Il y aurait même de la manipulation dans l’air.

    Partie de billard à trois bandes garantie ! Un personnage attachant au code moral très strict et une narration à l’économie pour un polar redoutable… on en redemande !

     

  • Mai 1962, Choctaw, Alabama

    sur les hauteurs du motn crève coeur,thomas h cook,seuil,polar,alabamaSur les hauteurs du mont Crève-Cœur

    Thomas H. Cook

    Editions Seuil Policiers 21,5€

     

    Le dernier Thomas H. Cook confirme ce que l’on savait déjà. L’auteur maîtrise l’écriture du flashback à la perfection ! Qu’est-ce qui fait qu’on en sort encore ébloui ? L’écriture, toujours l’écriture.

     

    L’intrigue se déroule dans la petite communauté blanche et conservatrice de Choctaw, en Alabama. Tout remonte à l’été 1962 et nous ramène au corps sans vie de la jeune Kelli, retrouvée sur les hauteurs du Mont Crève-Cœur, seule, dans les profondeurs de ces bois, au prise avec une histoire qui semble s'être répété...

     

    30 ans après, l’énigme est entière et entoure encore de son voile noir l’agression de cette jeune beauté venue de Baltimore. Hanté par la voix et le visage de celle dont il était tombé éperdument amoureux, Ben, devenu médecin de campagne, raconte l'histoire la plus tragique de son existence. Celle que toute sa vie, il s’est évertué à garder au plus profond de son âme…

     

    Ce qu’il y a de surprenant avec les lyriques, c’est qu’on ne se doute jamais des formes que prendront leur imagination et leurs inspirations. Peu d’auteurs sont de cette trempe là. Mais reconnaissons le, Cook écrit des romans noirs comme on écrirait une poésie troublante, mélancolique et obsédante.

     

    Le vieux démon de la ségrégation plane sur ce lieu chargé de souvenirs et de mystères. Il progresse à pas feutrés, lentement, insidieusement, révélant peu à peu un récit tourmenté au charme ensorcelant et une chute à la hauteur d'une tragédie shakespearienne transposée dans le sud profond de l'Amérique.

     

    Reste une oeuvre noire marquante, impérissable.

     

    Allan

     

     

     

     

  • Une moisson de classiques ! [POLAR]

    Les classiques, nos vieux. Ceux qui n'ont plus rien à prouver et sur lesquels le temps n'a pas de prise. Ceux là qui se font discrets sur l'étagère de la bibliothèque mais qui ne trompent pas un œil averti. Ceux qui comme les murs étaient là avant et seront là après.

    Tu y reviens comme à la maison parce que l'appel du cœur oblige. Ils sont tes points de repère, tes prises de conscience et tes révélations. C'est pourquoi il te faut les lire pour après cela, ne plus jamais les oublier.

     

    Alors, c'est des classiques qu'il te faut ? J'en ai sous le coude ! De la valeur sûre ! Des qui te ficheront le cœur en l'air ! Des qui te fileront des états d'âme pas croyables ! Te feront vibrer le palpitant, mettront tes nerfs en vrille ou te redonneront une seconde jeunesse ! Des polars que tu ne seras pas prêt d'enterrer ! Des noirs et bien corsés, pas coupés au lactose !

     

    Voici une moisson de classiques !

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisLe facteur sonne toujours deux fois

    de James M. Cain

     

    Mémorable crime story transformée en histoire d'amour passionnelle et foutrement échevelée, Le facteur sonne toujours deux fois est un de ces polars qui vous coupent net la chique ! Une endiablade entre deux amants dans une Californie plus prosaïque que jamais ! In-dé-mo-dable !

     

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisOn achève bien les chevaux

    de Horace Mac Coy

     

    Vous avez de grandes chances d'avoir vu ou au moins entendu parlé un jour du film de Sydney Pollack avec Jane Fonda dans le rôle de Gloria. Derrière ce film se cache un roman noir immense ! Tout un symbole sur l'absurdité de la condition humaine et ce que l'Amérique a connu de pire et de meilleur. Vous en dire plus serait un crime !

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux fois,james m. cain,horace mac coy,jim thompson,james ellroy,howard fast,dashiell hammett,david goodis,jean-patrick manchette,james rossAdios Schéhérazade

    de Donald Weslake

     

    C'est l'Histoire hilarante et tragique d'un auteur de pornos à la chaîne, frappé par une crise de créativité. Racontez-le comme ça à vos amis, je vous jure, ça fait son petit effet. Pseudo-polar par excellence, Adios Schéhérazade est une espèce de remède naturel contre la morosité ! Jouissif à un point, vous n'avez pas idée !

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisL'assassin qui est en moi

    de Jim Thompson

     

    Être shérif dans un roman de Jim Thompson c'est :

     

    - mentir comme un arracheur de dents 
    - tuer avec un naturel déconcertant 
    - et compter sur sa bonne étoile 
    - le tout, avec la main sur le cœur !

     

    C'est beau. Et quelque peu effrayant !

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisLe Dahlia Noir

    de James Ellroy

     

    Sombre, Malsaine, obsédante, mélancolique... Le Dahlia Noir est la pièce maîtresse de l’œuvre de James Ellroy. Un polar culte, magistral, dévastateur. Un de ceux qui marquent durablement les cœurs et les esprits !

     

     

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisSylvia

    de Howard Fast

     

    Alan Macklin est l'archétype du détective privé ! Le bonhomme triste et guignard, vous le situez ? Howard Fast donne pourtant à son personnage l'occasion de rebattre les cartes. Une belle somme d'argent et une femme qu'on ne rencontre qu'une seule fois dans sa vie. L'intouchable et fantasmatique Sylvia. Fatalement, on tombe amoureux.

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisMoisson rouge

    de Dashiell Hammett

     

    Il a donné ses lettres de noblesse au mauvais genre. Le roman noir lui en doit une belle ! Moisson rouge est son classique ! J'ai nommé : Dashiell Hammett ! Inventeur de la Hard-boiled School (traduisez, l'école des durs à cuire), Hammett nous gratifie, avec Moisson Rouge, d'un anti-héros « Badass » et d'un polar à vous flanquer un bon coup de fouet !

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisTirez sur le pianiste !

    de David Goodis

     

    Il émane de ce roman noir une sorte d'aura romantique. L'alcool n'est pas très loin sur le piano bar et les vieux démons guettent un pauv' pianiste qui ne demandait pourtant rien à personne. Hélas Ed, on ne se cache pas éternellement derrière des mélodies...

     

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisLa position du tireur couché

    de Jean-Patrick Manchette

     

    Incontournable Manchette, coup de pied balayette, on se relève avec l'envie d'en lire un autre ! Plus brutal, plus dopé, plus cogneur ! Manchette trouve le ton parfait des grands polars américains dans des mondes en crise, perpétuellement en proie à la violence !

     

     

     

     

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisUne poire pour la soif

    de James Ross

     

    James Ross est l'auteur d'un livre, un seul. Chef d’œuvre maudit. Auteur trop méconnu. Roman noir de la grande dépression, Une poire pour la soif existe pour nous convaincre que dans un univers de violence, de luxure et de cupidité, tous les coups sont permis. Sans exceptions. Ce qui rend la chose assez fascinante !

     

     

     

     

     

    Allan

  • Pour une poignée de voix roms !

     

    spada1erecouvbandeau3.jpgSPADA

    de Bogdan Teodorescu

    Éditions Agullo 19€

     

    Des serial killers, j'en connais un rayon. M'est d'avis que ces gens ont la manie fâcheuse de rejoindre le club vachement select des psychopathes psychotiques. Rien n'est moins simple que de déceler leurs obscurs fantasmes et puis de lire clair dans leur jeu – c'est un mode opératoire, c'est sûr ! Il parait que les profilers en font leur bout de gras... enfin ça... c'était avant Spada !

     

    Parce qu'on dit quoi quand un truand se fait raccourcir d'un coup de schlass dans la gorge ? Et que ce truand là est un Roms. Et puis que le schéma se répète sans laisser de traces. La Mouche, zigouillée. Le Bulgare, trucidé. Et la Trique ? Raide comme un coup de... vous connaissez la suite. Alors ? Où qu'ils sont les profilers ? On vous écoute, les criminologues à la petite semaine ! Ça dit quoi ? Pas grand chose, hein !

     

    C'est à dire qu'on est à Bucarest dans une méchanceté de panier de crabes et que ça fait grand bruit dans les médias c't'affaire ! « Poignard », en voilà un joli p'tit nom qui fait parler de lui. Un redresseur de torts disent les uns. Une vacherie de policier à la solde du gouvernement disent les autres. Les spéculations vont bon train. Chacun y va de sa petite tribune contre machin dont c'est entièrement la faute, qui avait pourtant graissé la patte à bidule, dont c'est le boulot de jouer les pisses copies réfractaires !

     

    Si Ceausescu nous entendait, mon dieu, qu'est-ce qu'il dirait ? C'est qu'un régime fasciste, ça vous inocule une de ces peurs du diable ! Même 25 ans après ! Là dessus on s'imagine une bondieuserie de conflit interethnique à vous mettre en péril l'ordre social d'un pays.

    Les politiques de tout poil ont du souci à se faire, d'autant qu'à quelques mois des élections présidentielles, s'agirait pas de cracher sur 2 millions de voix roms en colère...

     

    Politique fiction vous avez demandé ? Spada de Bogdan Teodorescu, sans hésiter !

     

    Allan

     

  • La noblesse de l'échec

    fausse piste,james crumley,gallmeister,chabouté,roman noir,polar,école du montana,le dernier baiserFausse piste

    James Crumley

    Traduit de l'américain par Jacques Mailhos

    Illustré par Chabouté

    Ed. Gallmeister 23,50€

     

    Fausse piste. Nada. Walou. Circulez, y a rien à voir. Ou reconsidérez tout ce qui se situe en dessous de vous, de moins que rien, ivrognes, marginaux, hippies, indiens d'Amériques, tout ce qui eut un jour un nom et plus de dignité, et vous aurez une idée assez précise de ce que l'on voit dans les yeux d'un détective pour qui l'art de s'abimer dans un verre de whisky supplante tous les autres et vous apprend au passage, quelques trucs à propos de l'humanité.

     

    Ainsi James Crumley créa le personnage de Milton Milodragovitch dit le détective Milo et dès son premier polar posa les solides jalons d'un nouveau genre de noir. Qui a lu, initié ou non, Le (cultissime) dernier baiser, premier roman de sa deuxième série, comprendra l'importance des personnages de Milo et du détective Sughrue dans l'univers de Crumley. Force est d'admettre que dans ces deux anti-héros excessifs et quasi pathologiques, la figure du privé en a pris un coup, le mythe aussi, là où le roman noir en est sorti indemne, grandi et sacrément transfiguré !

     

    Il ne fera pas de doute que niché au beau milieu des montagnes du Montana, James Crumley a trouvé une voie, certainement la meilleur, la plus tordue, la plus lyrique, la plus drôle et la plus humaine des voix pour incarner ces personnages, hommes et femmes qui ont compris assez tôt "que même la plus simple des vies était encore trop compliquée".

     

    Frère de tous les ivrognes et visages cabossés d'une petite ville sans éclats, Milo est le dépositaire d'un monde où toutes les solitudes se rencontrent. Passage obligé au bar le Mahoney, où aujourd'hui est toujours hier. Une main chasse les vieux démons quand l'autre est encore solidement cramponnée à son verre. Guerre de Corée, mariages ratés, femmes dangereuses, drogues dures, armes à feu et nuits sans sommeil, toute ces choses censées représenter un danger pour soi ou pour autrui. Milo les balaye comme les mégots de la veille et noie absolument tout dans un verre d'alcool purificateur.

     

    Quand une jeune et très belle femme pousse la porte de son bureau, Milo n'a pas encore 40 piges qu'il estime ses seuls avoirs, la tristesse et la vieillesse, comme ses plus grands biens. Ayant, comme la plupart des gens qui boivent, passé une grande partie de sa vie à examiner son avenir lamentable, cela a cessé de l'amuser. L'apparition de cette femme signe enfin sa reprise de service.

     

    Pour qui voit de la noblesse dans l'échec, ce roman noir vous est dédié.

     

    Postscriptum : superbe réédition de Gallmeister, superbement illustrée par Chabouté, bénéficiant d'une superbe nouvelle traduction de Jacques Mailhos. Beaucoup de "superbe" pour une voix incontournable du roman noir américain et de l'école du Montana.

     

    fausse piste,james crumley,gallmeister,chabouté,roman noir,polar,école du montana,le dernier baiser

     

    Allan

  • La vengeance est un plat qui se mange le plus longtemps possible

    book_548.jpgLes salauds devront payer

    éd. Liana Levi 20€

    Petite devinette. Qu'est ce qui relie la ville d'Haiphong à Alger, Alger à Wollaing, Wollaing à de l'histoire ancienne, histoire des corons, des usines métallurgiques, Berga mourante, sa tour à plomb et une poignée de salopards dans le bassin minier du Nord de la France ? Une junkie retrouvée morte, assassinée dans le terrain vague de la petite ville de Wollaing.

     

    Pauvre nana. Endettée jusqu'au cou. On lira le canard de d'main. Et on apprendra à coup sûr que la jeune Pauline Leroy s'est faite refroidir par ces fesse-mathieu, ces deux beaux salauds de Freddie Wallet et Gérard Waterlos. C'est du tout cuit ! Mais pas pour le vieux museau du commandant Bruchmeyer. Non, pour ce vieux briscard de la police, l'instinct nous dit qu'un salaud peut en cacher un autre. Il suffit de creuser comme nos ancêtres, gueule dans la fosse, pour se rendre à l'évidence : on n'enterre pas le passé si facilement...

     

    Certains disent que la vengeance est un plat qui se mange froid. D'autres lisent "Les salauds devront payer" et leur répondent : erreur, la vengeance est un plat qui se mange le plus longtemps possible !

     

    Un polar à savourer !

  • Méfie-toi de l’eau qui dort

    5492-cover-lake-54b3d119c628a.jpg

    Au lac des bois de Tim O'Brien

    Ed. Gallmeister, traduit de l'anglais (U.S.) par Rémy Lambrechts

     

    John Wade ne s’était pas méfié. Un échec politique retentissant aux sénatoriales et le trouble s'immisce dans le reflet d'un homme populaire qu'on disait "un type bien" sous tous rapports. Une erreur de calcul. Un mauvais tour de prestidigitateur. Le passé de "sorcier" resurgit, le double moins idéal que John avait pris soin de faire disparaître de sa mémoire.

    Retirés à la lisière des forêts du nord du Minnesota, au bord du lac des bois, John et sa femme Kathy tentent de sauver ce qui peut encore l'être. Las, la solitude a envahi le couple et l'environnement qui les entoure n'est qu'un rappel douloureux du vide de leur existence. Alors que les cauchemars et les comportements de John font une brusque incursion dans l'enfer du Vietnam, un matin, Kathy n'est plus là...

    S'est-elle perdue en se promenant sur le lac ? A-t-elle fuit ou sombré ? noyade ? enlèvement ? meurtre ? Hypothèses, témoignages et pistes irrationnelles conduisent l'enquête vers les méandres du passé de John. Que souhaitait-il cacher aux yeux de tous ? Éprouve t-il des remords ? Et a-t-il seulement la réponse à toutes ces questions ?

    Dans cette énigme envoûtante, les fantômes du présent et du passé s'entremêlent, filent sur un cours mélancolique tandis que remonte à la surface de l'eau, la tragédie de My Lai et les secrets d'un homme et d'une femme éperdus d'amour. 

    Un roman noir d'une profondeur indicible.  

  • Un mafieux peut en cacher un autre...

    mimmo, gangemi, seuil, policier, polar, revanche, petit, jugeLa revanche du petit juge de Mimmo Gangemi

    trad. de l'italien

    Ed. Seuil Policiers 21.50 €

     « Dans la Ndrangheta, il n’y a pas une tête au sommet et une multitude de demi-têtes qui descendent jusqu’à la base de la pyramide. Ici, chaque organisation obéit à ses propres règles. »

    Bienvenu en Calabre dans le cul terreux de l’Italie ! Terre sanguine et reculée pour l’homme civilisé de Toscane et de Lombardie. En Calabre, il est de notoriété publique qu’on ne met jamais le nez là où il n’a pas lieu de mettre le nez. Ce qui est enfoui six pieds sous terre reste six pieds sous terre. Manque de peau pour le substitut du procureur Maremmi, retrouvé dans sa cage d’escalier refroidi de deux balles de pistolet à canon long. Ni d’ « objection ! », ni de « votre honneur ! ». Il ne fait pas bon d’avoir du flair… Une veine pour Alberto Lenzi dit « le petit juge », ami du regretté Maremmi, coureur de jupons au barreau et tire au flanc exemplaire ! 

    Qu’il lui en coûte, les amis sont les amis et Lenzi entend prendre sa revanche ! Sale affaire et la partie n’est pas gagnée. Le chef de bâton parle la langue des prophètes et la règle qui prévaut est qu’un  mafieux peut en cacher un autre…

    Voilà un petit polar qui fleure bon l’huile d’olive, la vendetta et le sang chaud pressé à froid sous la meule agricole ! Un premier roman violent et pittoresque pour celui qu’on compare déjà à Camilleri pour sa recréation du dialecte local et à Cataldo pour son portrait de la mafia calabraise !

    Affaire à suivre !

  • Petit meurtre en Toscane.

    briscola,cinq,marco,malvaldi,policier,polar,Une briscola à cinq de Marco Malvaldi

    éd. 10/18 Cristian Bourgois    6.60 €

    Quand la police, représentée par « l’illustrissime commissaire Fusco », homme prétentieux, arrogant, susceptible, obstiné et vaniteux, pense avoir rapidement bouclé l’enquête du meurtre de cette jeune demoiselle aux mœurs délurées dont le corps a été retrouvé dans une poubelle  au petit matin au sortir d’une boite de nuit, c’est au tour de Massimo et de ses amis de prendre les affaires en main afin d’éclaircir précisément le fond de cette histoire.

    Massimo, c’est le patron lettré du bar à côté duquel le cadavre a été découvert. C’est pas qu’il aime fourrer ses son nez dans les problèmes des autres, non, il est même plutôt du genre paisible dans son établissement à deux pas des plages toscanes, pas très loin de Livourne, mais bon ! y a quelque chose qui colle pas dans cette affaire… Des questions restent en suspens, non réglées et Massimo il peut pas s’empêcher d’y penser tout haut avec ses copains attablés un peu plus loin, cartes en mains prêts à se lancer dans une énième partie de briscola tout en devisant du temps qu’il fait et en éventant les ragots qu’ils ont eux-mêmes découvert au fond de leur verre… Car il les aime bien ces papys là (et oui, au fait, les amis en question ont tous près de 80 ans) et même s’il se prend souvent le bec avec eux, il y a toujours du bon à piocher dans leurs bavardages livrés à la brise étouffante.

    La brisola à cinq est donc le petit polar idéal pour bien commencer l’été ! Une vraie enquête, des répliques d’une drôlerie imparable et des nanas toutes mieux gaulées les unes que les autres… Allez vous aussi faire un tour du côté du BarLume, et si vous évitez de demander au patron un café en plein milieu d’après-midi alors qu’il fait déjà je ne sais pas combien de degrés à l’ombre du bar, vous risquez de passer un sacrément bon moment ! Et peut-être même que vous allez vous faire de nouveaux amis avec des cannes.

    Premier opus de la série des retraités au BarLume, ces polars de Marco Malvaldo ont connu un succès critique et commercial retentissant en Italie !

  • 2011, PREMIERES PRISES !

    Requins d'eau douce de Heinrich Steinfest9782355360473.jpg

    trad. Autrichien

    éd. Carnets Nord    20€

    Dans une piscine située sur le toit d’un gratte-ciel viennois, un cadavre flotte. Amputé d’une jambe et d’une main, la peau lacérée en de nombreux endroits, tout laisse à penser que le pauvre homme a eu à subir l’attaque… d’un requin. Aussi improbable que cela puisse paraître dans un pays ne possédant pas même un mètre de rivage marin, les traces dont le corps est recouvert ne laissent pas la moindre place au doute.

    Tout ceci est bien mystérieux et les mystères, l’inspecteur Richard Lukastik en charge de l’enquête déteste ça. A ses yeux, le mystère n’a pas plus de place dans la vie qu’une plage en Autriche. Et les plaisantins qui sèment des cadavres en laissant derrière eux une curieuse mise en scène ou un message énigmatique destinés à mettre en éveil l’appétit  des brigades criminelles ne méritent qu’un long soupir et un regard fatigué.

    Armé de son seul bon sens et de son inséparable Tractatus logico-philosophicus, Lukastik va pourtant devoir se mettre au boulot, et rater pour la première fois depuis des années le dîner familial que ce grand garçon de 47 ans prend chaque soir en compagnie de ses parents et de sa sœur dont il est secrètement amoureux. Cette entorse aux habitudes s’avèrera peut-être payante mais l’addition sera salée. Très salée même pour celui qui résoudra le (non !) mystère des requins d’eau douce.

    Voici un très bon polar, comme on les aime, avec ce qu’il faut de décalé dans l’intrigue, ce qu’il faut de mauvaises manières chez le héros et un bon lot de réflexions à l’emporte-pièce tout simplement hilarantes. 

    Le signal de Ron Carlson Le signal Carlson.jpg

    trad. de l'anglais (Etats-Unis)

    éd. Gallmeister 22€

    Mack sort tout juste d’un séjour de taule de quelques années pour avoir trempé dans un trafic de stupéfiants dans l’espoir désespéré de renflouer financièrement le ranch familial au bord de la faillite. Il appelle aussitôt Vonnie, sa femme, pour une dernière randonnée dans les montagnes du Wyoming, « comme au bon vieux temps », au temps où ils étaient encore un couple uni vivant au cœur d’une nature comme faite pour eux. Mais les écarts répétés et la descente aux enfers de Mack ont poussé Vonnie à refaire sa vie avec un brillant avocat du patelin et cette randonnée, agrémentée de parties de pêche sur les lacs de montagnes qu’ils ont tellement aimés jadis, sera l’ultime occasion pour eux de faire le point sur un amour irrémédiablement abîmé.

    Mais ce que Mack cache à Vonnie, c’est que cette balade de trois jours sur la trace des fantômes de leur relation passée sera aussi l’occasion pour lui d’une toute dernière mission pour le compte d’un obscur trafiquant du coin. Il devra retrouver une balise émettant un faible signal GPS perdue lors d’un accident aérien. Sa mission accomplie, son ranch sera sauvé. Pourtant on ne peut pas courir deux lièvres à la fois et cette randonnée intime finira par virer dans une sauvagerie digne de Délivrance, le film de John Boorman.

    Le Signal, s’il se lit d’une traite, commence  gentiment au rythme des souvenirs qui accompagnent les marcheurs, avant de se lancer presque subitement dans un sprint incroyable dans lequel la forêt - sa beauté folle et ses pièges - fournira une piste sublime et périlleuse.

     

    Crocodiles.gifDans la mer il y a des crocodiles de Fabio Geda et Enaiat Akbari

    trad. de l'italien

    éd. Liana Levi 15€

     

    A 10  ou 11 ans, Enaiat est abandonné par sa mère de l’autre côté de la frontière, en terre pakistanaise. Ce geste d’abandon est en réalité un geste d’amour terrible d’une femme afghane espérant ainsi permettre à son fils d’échapper au sort terrible que talibans et Pachtounes réservent à ceux qui ont le malheur d’appartenir à l’ethnie des hazara. De ce matin où sa mère ne sera pas à ses côtés à l’heure du réveil, le petit garçon ne devra plus alors compter que sur lui-même et organiser du mieux une vie de débrouille, entre les manifestations de solidarité et les coups bas qu’il recevra de ses compagnons d’infortune. Du Pakistan à l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce, Dans la mer il y’a des crocodiles raconte sur près de 5 années le destin exceptionnel de cet enfant qui affrontera mille périls avant de trouver enfin une terre d’accueil, un pays qui lui accorde le très prisé statut de réfugié politique.

    Recueilli par un journaliste italien de la Stampa, l’histoire d’Enaiat Akbari se lit  presque comme un conte alors même qu’elle témoigne d’un drame humain vécu à chaque seconde par des milliers et des milliers d’individus de par le monde. Parce qu’il se finit bien et parce que la voix du jeune homme, elle-même, ne verse jamais dans un larmoyant appel à la compassion, puisse ce récit se lire comme une exigence  de tolérance envers ces gens aux visages si fatigués qui nous entourent et qui nous semblent, souvent, venir de très très loin. Il y a certainement un petit Anaiat qui habite en bas de chez vous.