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13/06/2011

Un polar pour grands ados

Tarifa, l'auberge de l'Allemand de Eduardo Iglesias

trad. de l'espagnol éd. Rouge Inside 15€

Pas prévu pour se retrouver dans un rayon jeunesse, c'est pourtant là que nous classerons,tarifa, iglesias, eduardo, rouge, inside, gibraltar, immigration aux Cordeliers, ce très bon roman aux allures de polar d'Eduardo Iglésias. Pour lecteur soucieux d'autrui, à partir de 15 ans.

On l’appelle L’auberge de l’Allemand. Elle est tenue par Max dont le père avait fui l’Allemagne nazie des années plus tôt et était venu s’installer ici, en Espagne pour refaire sa vie. Tarifa est la ville côtière la plus proche du détroit  de Gibraltar et, vue du Maroc, elle symbolise la ville de tous les espoirs. La police y est omniprésente, la mafia des passeurs aussi. Loin de l’ambiance balnéaire du bord de mer où règnent les kite surfeurs, ces sportifs nouvelle génération qui allient le surf au cerf-volant, l’auberge de Max est surtout ouverte aux immigrés fraîchement débarqués qui viennent par hasard y trouver un verre de lait chaud, une couverture ou un coin de matelas pour s’y reposer un instant avant de reprendre la route vers le nord et ce long voyage censé les mener vers une vie meilleure. Max ne pose pas de question. Max est l’Auvergnat que chantait Brassens. Son propre père, en son temps, était l’étranger, le malvenu, et certainement que quelqu’un, alors, lui a porté secours. Il n’est pas trop de toute une vie pour rendre cette générosité à l’autre qui à présent en a besoin, et Max s’y applique au mieux.

Mais les bonnes œuvres de Max embêtent pas mal de monde. Les flics et les mafieux qui ne l’entendent pas de cette oreille. Et quand ceux-là s’en mêlent, notre histoire plonge dans un polar au suspens bien léché.

Tarifa est un roman qui devrait séduire les lecteurs adeptes d’intrigues tirées au cordeau tout en nous faisant réfléchir au monde tel qu’il tourne mal et aux réalités humaines que l’on refuse trop souvent de considérer.