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27/01/2016

Trouver sa place.

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Un autre monde de Michka Assayas

éd. Rivages 18€

C’est parce qu’il ne sait plus comment renouer le lien avec son adolescent de fils qu’un jour, l’éminent chroniqueur musical Michka Assayas lui propose de monter un improbable groupe de rock accompagné au chant par une gamine gentiment punk de 16 ans. Groupe d’autant plus douteux que le journaliste qui nous fait partager son amour de la musique avec tellement de talent depuis le début des années 80 est lui-même un piètre musicien… En fait, il n’est pas musicien du tout et c’est le drame de sa vie à cet homme capable d’assassiner en un article bien vachard un groupe quelconque quand en secret il meurt d’admiration devant le moindre bassiste punk d’une formation boutonneuse de seconde zone… Lui, qui possède un savoir musical encyclopédique qui indiffère complètement son garçon, crève littéralement d’admiration lorsque ce dernier s’assoie derrière sa batterie et commence à jouer.

La musique est une chose que l’on apprend dans sa jeunesse. Monter un groupe de rock est une lubie d’ado. Quand en 2005 il découvre sur son Mac l’application Garageband qui permet de composer sa propre musique sans savoir jouer du moindre instrument, ce grand timide se lance alors sans prétention dans cet amusement miraculeux dont il perçoit tout de même qu’il pourrait lui permettre enfin de savoir ce qui sommeille vraiment au fond de lui depuis de longues années. Sans le savoir, il va faire là un premier pas en direction de son fils. C’est Bono en personne, dont Michka Assayas peut revendiquer une sincère et lointaine amitié, qui va lui indiquer un jour la voie à suivre. Lors d’une conversation durant laquelle le critique s’épanche à la l’oreille du chanteur de U2 au sujet de l’incompréhension qui persiste entre son garçon et lui, et ce en dépit de longues et sévères discussions qu’il lui inflige régulièrement, celui-ci lui dit qu’au lieu de parler en vain, il serait peut-être temps de faire enfin quelque chose avec lui ? Rapidement, l’idée d’un groupe, aussi bancale soit-elle, va devenir l’obsession du père.

Livre de confession et d’admiration, de transmission et d’apprentissage, formidable ode à l’énergie punk et à l’art brut, ce récit de Michka Assayas est tout cela. Le livre d’un homme qui cherche sa place et pense enfin l’avoir trouvée en réalisant un rêve de gosse : un siège, lui, un instrument dans les mains et cinq, dix, vingt ou cinquante personnes venues l’écouter. Le livre d’un timide pourtant.

22/01/2016

La vengeance est un plat qui se mange le plus longtemps possible

book_548.jpgLes salauds devront payer

éd. Liana Levi 20€

Petite devinette. Qu'est ce qui relie la ville d'Haiphong à Alger, Alger à Wollaing, Wollaing à de l'histoire ancienne, histoire des corons, des usines métallurgiques, Berga mourante, sa tour à plomb et une poignée de salopards dans le bassin minier du Nord de la France ? Une junkie retrouvée morte, assassinée dans le terrain vague de la petite ville de Wollaing.

 

Pauvre nana. Endettée jusqu'au cou. On lira le canard de d'main. Et on apprendra à coup sûr que la jeune Pauline Leroy s'est faite refroidir par ces fesse-mathieu, ces deux beaux salauds de Freddie Wallet et Gérard Waterlos. C'est du tout cuit ! Mais pas pour le vieux museau du commandant Bruchmeyer. Non, pour ce vieux briscard de la police, l'instinct nous dit qu'un salaud peut en cacher un autre. Il suffit de creuser comme nos ancêtres, gueule dans la fosse, pour se rendre à l'évidence : on n'enterre pas le passé si facilement...

 

Certains disent que la vengeance est un plat qui se mange froid. D'autres lisent "Les salauds devront payer" et leur répondent : erreur, la vengeance est un plat qui se mange le plus longtemps possible !

 

Un polar à savourer !

03/01/2016

Pour 2016, au moins de bonnes lectures !

Bonne année 2016 et bonnes lectures à toutes et tous !


Et 2015 fois MERCI pour 2015, une année toute en contrastes pour les quatre
 libraires des Cordeliers entre un contexte national flippant qui nous a foutu les larmes au milieu des livres et la bonne santé de notre librairie qui grâce à votre fidélité se porte très bien.


Une année avec de belles rencontres (Jérôme Ferrari, Jacques Terpant, Iain Levison, Delphine de Vigan, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot), les honneurs à deux reprises de l'indispensable émission littéraire de François Busnel La Grande Librairie en février et en mai sur France 5, et un déménagement solidaire en une grise matinée du mois d'août ! A ce sujet, que les petits muscles qui nous ont aidé ce matin là reçoivent une double ration d'embrassades ! Cette présence nombreuse et spontanée nous a mis du baume au cœur. Vraiment.


MERCI aux anciens lecteurs qui nous suivent depuis 2009 et à tous ceux, toujours plus nombreux, qui nous ont rejoint en cours de route depuis bientôt 7 ans ! Votre fidélité nous touche. Et votre gentillesse et votre patience... C'est pas pour fayoter mais quand même, on se dit parfois que nos clients, ils sont vachement sympas (à 2 ou 3 clients près...).


Bref, on va essayer de faire aussi bien cette année, on va tenter de pas trop vieillir, de vous trouver encore des jolies perles et d'habiller et salir gentiment cette nouvelle librairie qui n'a peut-être pas encore trouver sa tournure définitive en termes d'aménagement. La trouvera-t-elle d'ailleurs jamais ?


Merci, merci merci et à très bientôt. Que cette année soit au moins ponctuée de belles lectures. On fera ce que l'on peut pour vous y aider.
La bise !
Nathalie, Allan, Olivier et François.

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31/12/2015

Deux livres en colère pour commencer 2016.

Deux textes de combat pour terminer l’année ou pour la commencer. Parus l’un et l’autre au début du XXème siècle, La bombe (1908) de Franck Harris et Le bateau- usine (1929) de Kobayashi Takiji vous redonneront l’envie d’aborder 2016 avec l’envie d’en découdre. On a tous des combats à mener.

bombe, harris, franck, mai, dernière, goutteLa bombe d’abord. Dans ce texte centenaire, Franck Harris revient sur un épisode de la lutte pour les droits des travailleurs aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle. Rudolph Schnaubelt, le narrateur de cette histoire, sera celui lancera une bombe le 4 mai 1886 en direction des forces de police, lesquelles, depuis plusieurs mois, matent avec une violence meurtrière le moindre mouvement de révolte syndicale. De cet attentat retentissant naîtra la journée de la Fête du traval du 1er mai ainsi que certaines obligations légales liées au travail des enfants aux Etats-Unis.

La bombe revient donc sur le parcours de cet immigré allemand humaniste et pacifiste qui en quelques années, au contact du grand militant anarchiste Louis Lingg qui sera son véritable mentor et devant la réalité de l’exploitation ouvrière menée par le patronat américain, deviendra l’homme révolté prompte à exprimer sa colère en commettant un attentat. Impossible de ne pas établir de relation, bien sûr, entre cette explosion là et celles entendues en France et ailleurs durant cette année 2015. Aussi la lecture de ce texte écrit, il faut bien le dire, dans une langue qui nous paraît aujourd’hui un brin désuète par certains côtés, prend-elle une résonance tout à fait actuelle.

Salué à l'époque par Charlie Chaplin comme un chef d’œuvre, ce livre révèle tout le talent de conteur que possédait Franck Harris qui greffera au récit du révolté l’histoire d’amour qu’il tisse – et avec quelles difficultés ! –  avec la jeune Elsie Lehman. Cette belle de Chicago qui aurait pu, il s'en est fallu de peu, le faire basculer, non pas du côté de la violence pour la cause collective, mais du côté de l’amour dans sa dimension la plus égoïste. Le destin en décida autrement.

 

bateau, usine, takiji, kobayashi, allia, japonLe bateau-usine ensuite. Ce court récit plein rage qui vaudra à son jeune auteur d’être torturé à mort par la police politique japonaise en 1931 se termine sur ces mots : « Que ceci soit lu comme une page de l’histoire de l’invasion coloniale par le capitalisme ». Voici donc un chef d’œuvre de la littérature prolétarienne de l’empire du soleil levant.

Un bateau-usine, c’est une de ces embarcations rouillées et retapées à moindre coût par des patrons peu regardants et envoyées pour 4 à 5 mois en mer d’Okhotsk, zone de tension entre l’URSS et le Japon, afin d’y pécher le crabe. A son bord, 400 crève-la-faim en provenance de tout le pays recrutés à coup de promesses comme autant de mensonges. L’enjeu, une productivité infernale afin de démontrer au monde entier - mais d’abord au voisin soviétique - la force nippone quand elle se met au travail. Derrière ce bourrage de crâne, inculqué au besoin à grands coups de bâtons, on comprend très vite qu’il en va d’abord des intérêts de grands patrons empressés de s’enrichir, et leurs actionnaires dans le même mouvement, en enrobant l’épreuve de décorations patriotiques. Mépris de l’humain, mépris du travail, collusions entre l’état, l’industrie et l’armée, ce livre offrait un éclairage indispensable à qui voulait comprendre ce que l’irruption violente du capitalisme dans son pays voulait dire.

Sans jamais s’être lui-même embarqué dans l’un  de ces raffiots maudits comme aurait pu le faire un Albert Londres auquel on ne peut s’empêcher de penser en lisant ce roman, le modeste employé de banque Kobayashi Takiji qui respirait en s’occupant de littérature une fois son office quitté, s’est suffisamment documenté en allant interroger nombre d’ouvriers revenus de l’enfer. Ce texte puissant raconte comment, au cours d’une de ces sorties, une prise de conscience collective va se faire parmi les ouvriers et comment une révolte de classe salutaire va, petit à petit, naître et se dresser face à l’injustice.

En 2008, les japonais vont redécouvrir ce chef d’œuvre et, dans un pays en proie à de grandes difficultés économiques qu’accompagne une précarisation accélérée du salariat nippon, Le bateau-usine va se vendre en quelques mois à plus d’un million d’exemplaires !

Lecture indispensable à une meilleure compréhension de ce roman, la postface d’Evelyne Lesigne-Audoly est tout simplement remarquable.

 

Jetez-vous sur ces deux perles de littérature engagée heureusement rééditées par les belles éditions La dernière goutte et Allia.

02/12/2015

A noël, portez de la Pop Française ! So chic...

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La française pop de Christophe Conte et Charles Berberian

éd. Hélium 28€

Il y a quelques années encore, personne n’aurait osé porter en public de la pop française sur lui. D’ailleurs on ne savait même pas que cela existait. Il y avait de la chanson française et de la britpop, ça oui. Mais de la pop française ! Ah ! Bon ? Il existe une Pop Française !? A cette question, quelques années plus tard, Christophe Conte, journaliste aux Inrocks, et le dessinateur Charles Berberian répondent par un « Oui ! » de 300 pages franchement excitant.

Avec le recul que leur confère la sagesse des ans, ces deux messieurs nous régalent d’un album joliment illustré où l’anecdote se mêle à la légende. Les portraits de chanteurs et de groupes se succèdent selon un classement confortablement alphabétique, depuis le A de Dominique A jusqu’au V de Pierre Vassiliu (eh ! oui) et le lecteur jubile, page après page d’en apprendre autant sur notre trésor national pop. On le ferme souvent l’esprit plus éclairé, et on monte le son.

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21/11/2015

Rencontre Pinçon-Charlot

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rencontre avec

Michel et Monique Pinçon-Charlot

à l'occasion de la parution du livre Tentative d'évasion (fiscale)

aux éditions La Découverte

Mardi 1er décembre à 19h