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Librairie Les Cordeliers - Page 6

  • Trouver sa place.

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    Un autre monde de Michka Assayas

    éd. Rivages 18€

    C’est parce qu’il ne sait plus comment renouer le lien avec son adolescent de fils qu’un jour, l’éminent chroniqueur musical Michka Assayas lui propose de monter un improbable groupe de rock accompagné au chant par une gamine gentiment punk de 16 ans. Groupe d’autant plus douteux que le journaliste qui nous fait partager son amour de la musique avec tellement de talent depuis le début des années 80 est lui-même un piètre musicien… En fait, il n’est pas musicien du tout et c’est le drame de sa vie à cet homme capable d’assassiner en un article bien vachard un groupe quelconque quand en secret il meurt d’admiration devant le moindre bassiste punk d’une formation boutonneuse de seconde zone… Lui, qui possède un savoir musical encyclopédique qui indiffère complètement son garçon, crève littéralement d’admiration lorsque ce dernier s’assoie derrière sa batterie et commence à jouer.

    La musique est une chose que l’on apprend dans sa jeunesse. Monter un groupe de rock est une lubie d’ado. Quand en 2005 il découvre sur son Mac l’application Garageband qui permet de composer sa propre musique sans savoir jouer du moindre instrument, ce grand timide se lance alors sans prétention dans cet amusement miraculeux dont il perçoit tout de même qu’il pourrait lui permettre enfin de savoir ce qui sommeille vraiment au fond de lui depuis de longues années. Sans le savoir, il va faire là un premier pas en direction de son fils. C’est Bono en personne, dont Michka Assayas peut revendiquer une sincère et lointaine amitié, qui va lui indiquer un jour la voie à suivre. Lors d’une conversation durant laquelle le critique s’épanche à la l’oreille du chanteur de U2 au sujet de l’incompréhension qui persiste entre son garçon et lui, et ce en dépit de longues et sévères discussions qu’il lui inflige régulièrement, celui-ci lui dit qu’au lieu de parler en vain, il serait peut-être temps de faire enfin quelque chose avec lui ? Rapidement, l’idée d’un groupe, aussi bancale soit-elle, va devenir l’obsession du père.

    Livre de confession et d’admiration, de transmission et d’apprentissage, formidable ode à l’énergie punk et à l’art brut, ce récit de Michka Assayas est tout cela. Le livre d’un homme qui cherche sa place et pense enfin l’avoir trouvée en réalisant un rêve de gosse : un siège, lui, un instrument dans les mains et cinq, dix, vingt ou cinquante personnes venues l’écouter. Le livre d’un timide pourtant.

  • La vengeance est un plat qui se mange le plus longtemps possible

    book_548.jpgLes salauds devront payer

    éd. Liana Levi 20€

    Petite devinette. Qu'est ce qui relie la ville d'Haiphong à Alger, Alger à Wollaing, Wollaing à de l'histoire ancienne, histoire des corons, des usines métallurgiques, Berga mourante, sa tour à plomb et une poignée de salopards dans le bassin minier du Nord de la France ? Une junkie retrouvée morte, assassinée dans le terrain vague de la petite ville de Wollaing.

     

    Pauvre nana. Endettée jusqu'au cou. On lira le canard de d'main. Et on apprendra à coup sûr que la jeune Pauline Leroy s'est faite refroidir par ces fesse-mathieu, ces deux beaux salauds de Freddie Wallet et Gérard Waterlos. C'est du tout cuit ! Mais pas pour le vieux museau du commandant Bruchmeyer. Non, pour ce vieux briscard de la police, l'instinct nous dit qu'un salaud peut en cacher un autre. Il suffit de creuser comme nos ancêtres, gueule dans la fosse, pour se rendre à l'évidence : on n'enterre pas le passé si facilement...

     

    Certains disent que la vengeance est un plat qui se mange froid. D'autres lisent "Les salauds devront payer" et leur répondent : erreur, la vengeance est un plat qui se mange le plus longtemps possible !

     

    Un polar à savourer !

  • Pour 2016, au moins de bonnes lectures !

    Bonne année 2016 et bonnes lectures à toutes et tous !


    Et 2015 fois MERCI pour 2015, une année toute en contrastes pour les quatre
     libraires des Cordeliers entre un contexte national flippant qui nous a foutu les larmes au milieu des livres et la bonne santé de notre librairie qui grâce à votre fidélité se porte très bien.


    Une année avec de belles rencontres (Jérôme Ferrari, Jacques Terpant, Iain Levison, Delphine de Vigan, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot), les honneurs à deux reprises de l'indispensable émission littéraire de François Busnel La Grande Librairie en février et en mai sur France 5, et un déménagement solidaire en une grise matinée du mois d'août ! A ce sujet, que les petits muscles qui nous ont aidé ce matin là reçoivent une double ration d'embrassades ! Cette présence nombreuse et spontanée nous a mis du baume au cœur. Vraiment.


    MERCI aux anciens lecteurs qui nous suivent depuis 2009 et à tous ceux, toujours plus nombreux, qui nous ont rejoint en cours de route depuis bientôt 7 ans ! Votre fidélité nous touche. Et votre gentillesse et votre patience... C'est pas pour fayoter mais quand même, on se dit parfois que nos clients, ils sont vachement sympas (à 2 ou 3 clients près...).


    Bref, on va essayer de faire aussi bien cette année, on va tenter de pas trop vieillir, de vous trouver encore des jolies perles et d'habiller et salir gentiment cette nouvelle librairie qui n'a peut-être pas encore trouver sa tournure définitive en termes d'aménagement. La trouvera-t-elle d'ailleurs jamais ?


    Merci, merci merci et à très bientôt. Que cette année soit au moins ponctuée de belles lectures. On fera ce que l'on peut pour vous y aider.
    La bise !
    Nathalie, Allan, Olivier et François.

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  • Deux livres en colère pour commencer 2016.

    Deux textes de combat pour terminer l’année ou pour la commencer. Parus l’un et l’autre au début du XXème siècle, La bombe (1908) de Franck Harris et Le bateau- usine (1929) de Kobayashi Takiji vous redonneront l’envie d’aborder 2016 avec l’envie d’en découdre. On a tous des combats à mener.

    bombe, harris, franck, mai, dernière, goutteLa bombe d’abord. Dans ce texte centenaire, Franck Harris revient sur un épisode de la lutte pour les droits des travailleurs aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle. Rudolph Schnaubelt, le narrateur de cette histoire, sera celui lancera une bombe le 4 mai 1886 en direction des forces de police, lesquelles, depuis plusieurs mois, matent avec une violence meurtrière le moindre mouvement de révolte syndicale. De cet attentat retentissant naîtra la journée de la Fête du traval du 1er mai ainsi que certaines obligations légales liées au travail des enfants aux Etats-Unis.

    La bombe revient donc sur le parcours de cet immigré allemand humaniste et pacifiste qui en quelques années, au contact du grand militant anarchiste Louis Lingg qui sera son véritable mentor et devant la réalité de l’exploitation ouvrière menée par le patronat américain, deviendra l’homme révolté prompte à exprimer sa colère en commettant un attentat. Impossible de ne pas établir de relation, bien sûr, entre cette explosion là et celles entendues en France et ailleurs durant cette année 2015. Aussi la lecture de ce texte écrit, il faut bien le dire, dans une langue qui nous paraît aujourd’hui un brin désuète par certains côtés, prend-elle une résonance tout à fait actuelle.

    Salué à l'époque par Charlie Chaplin comme un chef d’œuvre, ce livre révèle tout le talent de conteur que possédait Franck Harris qui greffera au récit du révolté l’histoire d’amour qu’il tisse – et avec quelles difficultés ! –  avec la jeune Elsie Lehman. Cette belle de Chicago qui aurait pu, il s'en est fallu de peu, le faire basculer, non pas du côté de la violence pour la cause collective, mais du côté de l’amour dans sa dimension la plus égoïste. Le destin en décida autrement.

     

    bateau, usine, takiji, kobayashi, allia, japonLe bateau-usine ensuite. Ce court récit plein rage qui vaudra à son jeune auteur d’être torturé à mort par la police politique japonaise en 1931 se termine sur ces mots : « Que ceci soit lu comme une page de l’histoire de l’invasion coloniale par le capitalisme ». Voici donc un chef d’œuvre de la littérature prolétarienne de l’empire du soleil levant.

    Un bateau-usine, c’est une de ces embarcations rouillées et retapées à moindre coût par des patrons peu regardants et envoyées pour 4 à 5 mois en mer d’Okhotsk, zone de tension entre l’URSS et le Japon, afin d’y pécher le crabe. A son bord, 400 crève-la-faim en provenance de tout le pays recrutés à coup de promesses comme autant de mensonges. L’enjeu, une productivité infernale afin de démontrer au monde entier - mais d’abord au voisin soviétique - la force nippone quand elle se met au travail. Derrière ce bourrage de crâne, inculqué au besoin à grands coups de bâtons, on comprend très vite qu’il en va d’abord des intérêts de grands patrons empressés de s’enrichir, et leurs actionnaires dans le même mouvement, en enrobant l’épreuve de décorations patriotiques. Mépris de l’humain, mépris du travail, collusions entre l’état, l’industrie et l’armée, ce livre offrait un éclairage indispensable à qui voulait comprendre ce que l’irruption violente du capitalisme dans son pays voulait dire.

    Sans jamais s’être lui-même embarqué dans l’un  de ces raffiots maudits comme aurait pu le faire un Albert Londres auquel on ne peut s’empêcher de penser en lisant ce roman, le modeste employé de banque Kobayashi Takiji qui respirait en s’occupant de littérature une fois son office quitté, s’est suffisamment documenté en allant interroger nombre d’ouvriers revenus de l’enfer. Ce texte puissant raconte comment, au cours d’une de ces sorties, une prise de conscience collective va se faire parmi les ouvriers et comment une révolte de classe salutaire va, petit à petit, naître et se dresser face à l’injustice.

    En 2008, les japonais vont redécouvrir ce chef d’œuvre et, dans un pays en proie à de grandes difficultés économiques qu’accompagne une précarisation accélérée du salariat nippon, Le bateau-usine va se vendre en quelques mois à plus d’un million d’exemplaires !

    Lecture indispensable à une meilleure compréhension de ce roman, la postface d’Evelyne Lesigne-Audoly est tout simplement remarquable.

     

    Jetez-vous sur ces deux perles de littérature engagée heureusement rééditées par les belles éditions La dernière goutte et Allia.

  • A noël, portez de la Pop Française ! So chic...

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    La française pop de Christophe Conte et Charles Berberian

    éd. Hélium 28€

    Il y a quelques années encore, personne n’aurait osé porter en public de la pop française sur lui. D’ailleurs on ne savait même pas que cela existait. Il y avait de la chanson française et de la britpop, ça oui. Mais de la pop française ! Ah ! Bon ? Il existe une Pop Française !? A cette question, quelques années plus tard, Christophe Conte, journaliste aux Inrocks, et le dessinateur Charles Berberian répondent par un « Oui ! » de 300 pages franchement excitant.

    Avec le recul que leur confère la sagesse des ans, ces deux messieurs nous régalent d’un album joliment illustré où l’anecdote se mêle à la légende. Les portraits de chanteurs et de groupes se succèdent selon un classement confortablement alphabétique, depuis le A de Dominique A jusqu’au V de Pierre Vassiliu (eh ! oui) et le lecteur jubile, page après page d’en apprendre autant sur notre trésor national pop. On le ferme souvent l’esprit plus éclairé, et on monte le son.

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  • Rencontre Pinçon-Charlot

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    rencontre avec

    Michel et Monique Pinçon-Charlot

    à l'occasion de la parution du livre Tentative d'évasion (fiscale)

    aux éditions La Découverte

    Mardi 1er décembre à 19h

  • rencontre dédicaces avec Delphine de Vigan, Prix Renaudot 2015

    rencontre exceptionnelle avec Delphine de Vigan à Romans mercredi 18 novembre

    dédicace à la librairie des Cordeliers de 17h à 18h

    rencontre à la médiathèque dès 18h30

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  • Le travail c'est la santé, tuer le travail c'est la préserver...

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    Travailler tue ! de Yvan Robin

    éd. Lajouanie 18€

    EN GUISE DE MISE EN GARDE

    Ouvrez le placard sous votre évier. Déposez sur la table de la cuisine votre lot de produits détergents. Observez minutieusement les pictogrammes derrière chacun. Ne gardez que le plus corrosif. Ouvrez la première page de ce roman et appréciez en substance la différence entre la soude et les effets de Travailler tue ! sur les voies biliaires du lecteur que vous êtes. Dégustez.

    CA, C'ETAIT AVANT...

    Hubert Garden est un homme respectable, cadre subalterne dans une société de travaux publics respectable, chargé de veiller au bon suivi des procédures de sécurité avec l'engouement et le respect des fonctions qui incombent à un homme de son rang. D'aucun aurait dit qu'il était taillé pour ce job. D'autres qu'il y avait quelque chose de louche dans la manière qu'il avait de mordre ses lèvres comme dans une peau de boudin. La vérité, c'est qu'Hubert avait accepté son poste à contrecœur, que sa hiérarchie l'avait mis là pour le disqualifier et qu'un malheureux concours de circonstances allait précipiter ce brave type expert en accidentologie dans la plus diabolique et la plus vengeresse des vendettas...

    ...AVANT LA TRAGEDIE

    Travailler tue ! Voilà le sceau de la fatalité ! Implacable, inique et bien au-delà de l'endurance humaine. Hubert est un homme manipulé et impuissant. Fatigué d'être le larbin d'une boîte ingrate. Fatigué de voir se succéder les accidents sans y pouvoir grand chose. Fatigué de devoir décrocher des crédits. Epuisé de faire un enfant à sa femme qui, faute de le voir rentrer tous les soirs à la maison, suspecte une relation torride avec la contrôleuse de gestion de son entreprise. Faire les courses. Passer à la caisse. Trouver une putain de place de stationnement. Etc, etc. Dans une guerre sans fin contre les contingences. Abattu mais pas en reste. Hubert a rendez-vous avec son destin. Et son destin, s'il est de sombrer un jour dans les tréfonds de l'âme humaine, sera de vaincre le mal qui le ronge en s'attaquant à la racine, quitte à sacrifier quelques innocents sur l'autel de la rédemption : comme investi d'une mission dictée d'en haut ! 

    Moralité de l'histoire. Pas de moralité mais le plaisir coupable d'avoir aimer tuer le travail dans un roman si ce n'est complètement cathartique, absolument jubilatoire ! Noir, mordant et sans bavures ! C'est arrivé près de chez vous mais du côté de Neuville. Un chef d'œuvre de roman pas policier mais presque...

  • Le vrai du faux

    vigan,delphine,lattès,histoire,vraie,après,oppose,nuit,rien,kingD’après une histoire vraie de Delphine de Vigan

    éd. Lattès 20€ 

    Elle nous avait laissé bouleversés voici quatre ans à la fin de la lecture de Rien ne s’oppose à la nuit. Quatre années de silence et ce souvenir d’une mère bipolaire ayant mis fin à ses jours que l’on ne pouvait plus détacher de nos mémoires. Delphine de Vigan venait de signer un chef d’œuvre d’autofiction, un livre écrit à bonne distance d’une émotion qui aurait pu tout emporter, l’écrivain et son écriture avec.

    Là revoilà avec D’après une histoire vraie, qui semble commencer là où s’était terminé le précédent. La narratrice de ce nouveau roman s’appelle Delphine. Elle est la compagne de François, célèbre présentateur d’une émission de télévison consacrée à la littérature… On l’a découvre dès les premières pages épuisée par le nombre de sollicitations auxquelles elle a dû répondre suite au succès du livre qu’elle a fait paraître, livre dans lequel, elle racontait par le menu la chute dans les affres de la folie de celle qui fut sa mère. Une histoire familiale dans laquelle elle s’est beaucoup exposée, un livre qui la mise en danger et lui a valu de jolies rancunes. On connaît cette histoire là. Delphine de Vigan nous parle d’elle. On est en confiance. Le personnage de L. peut entrer en scène…

    L., c’est une lectrice rencontrée par hasard lors d’une soirée parisienne à laquelle Delphine n’avait pas vraiment prévu d’aller. Plus qu’une lectrice, L. se révèle être une véritable admiratrice. De discussions en discussions, Delphine comprend avec joie qu’elle se découvre une nouvelle amie. Quelqu’un avec qui rire et bavarder, de tout et de rien, quelqu’un de bienveillant qui s’intéresse à son travail et se propose même de l’aider à retrouver le chemin de l’écriture après de longs mois passés à tourner à travers toute la France, de librairies en médiathèques, de fêtes du livre en lycées.

    Petit à petit toutefois, quelque chose d’inquiétant transparaît de la personne de  L. Une personnalité ambiguë, qui cache une névrose profonde, capable d’accès de colère dévastateurs. Une façon aussi d’être gentiment oppressante, de s’ingérer dans les affaires de Delphine, qu’il s’agisse de ses relations personnelles ou de son travail. Car L. a une idée bien précise de ce que doit être la suite du livre avec lequel l’écrivaine s’est imposée auprès du grand public - ce livre éminemment personnel et douloureux – et elle entend bien pousser Delphine à l’écrire. De gré ou de force…

    Delphine de Vigan nous bluffe avec ce nouveau roman. Impossible de lâcher ce thriller psychologique qui bascule dans le monde de la manipulation et de l’aliénation consentie placé sous le haut patronage de Stephen King ! Avec un art du suspens qu’on ne lui connaissait pas, l’auteur de No et moi, de Jours sans faim et Des heures souterraines se permet même, tout au long du récit, de nous faire part au détour de discussions passionnantes entre les deux femmes de ses interrogations concernant la question du vrai et du faux en littérature… C’est virtuose !

    D’après une histoire vraie signe le grand retour de Delphine de Vigan à la fiction et, pour notre plus grand bonheur, nous ressentons le plaisir ludique qu’elle a eu à retrouver ce chemin là ! Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux dans cette histoire ? C’est à chacun d’y répondre. Ne comptez surtout pas sur elle pour vous répondre mais jetez-vous sur ce livre et ne boudez surtout pas votre plaisir !

    rencontre exceptionnelle avec Delphine de Vigan à Romans mercredi 18 novembre

    dédicace à la librairie des Cordeliers de 17h à 18h

    rencontre à la médiathèque dès 18h30

    vigan

     

  • A l’arrière du camion-benne, le rire et l’odeur…

    trashed,derf,backderf,poubelles,ordures,bande,dessinéeTrashed de Derf Backderf

    éd. Ça et là (trad anglais U.S. par Philippe Toboul)

    22€ 

    Ce n’est pas exactement le job « avec air conditionné » qu’il aurait souhaité, mais Derf avait promis à sa mère de se trouver un boulot s’il arrêtait ses études. Une petite annonce dans le journal local pour un emploi municipal non défini, un coup de fil : « OK, vous commencez demain » et c’est parti pour une année et 230 pages en plein air, à l’arrière du camion…

    Poubelle le camion. Eh, eh ! Bienvenu dans l’envers du décor d’une ville qu’il croyait connaître, Akron (Ohio), 200000 âmes. Derf redécouvre son patelin à travers les ordures que rejettent ses habitants et je vous promets qu’il y’en aura pour tous les goûts. C’est l’intimité de toute une cité qu’il nous donne à voir à travers les vapeurs de gazoil que dégage l’engin, celle que l’on ne montre jamais et celle que nous-mêmes préférons ne pas voir. Je vous jure qu’une fois tournée la dernière page de Trashed vous ne sortirez plus vos poubelles sans avoir une pensée pour les types qui se chargeront de les jeter dans le camion-benne. Et vous penserez aussi à ce qu’ils diront de vous car bien sûr, à l’intérieur de chaque sac (même percé et dégageant un contenu non identifiable) il y a une histoire à vous faire hurler de rire. Quel bonheur de retrouver ce dessinateur qui nous avait ému avec le terrifiant Mon ami Dahmer (2012) et réjouit aux larmes avec l’hilarant Punk rock et mobile homes (2013).  Trashed c’est un instant de l’histoire sans fin de notre société de consommation qui rejette tant qu’elle peut sans trop se poser de questions, et finira un jour par crouler sous son propre excès si rien d’autre ne l’achève avant.

    Franchement, heureusement que les BD ne transmettent pas les effluves parce que sinon ma bibliothèque (et celle de tous les gens que j’aime) allait puer. Car cette BD, croyez-moi, je n’ai pas fini de l’offrir !

     

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