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02/10/2016

Un auteur israélien à la librairie des Cordeliers !

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L'auteur du roman policier le plus vendu à la librairie des Cordeliers est israélien

Il s'appelle

Dror MISHANI

et il sera à la librairie des Cordeliers 

Jeudi 6 octobre

pour nous présenter après Une disparition inquiétante (2014) et La violence en embuscade (2015) la 3 ème enquête de l'inspecteur Avraham Avraham :

Les doutes d'Avraham.

séance de dédicaces de 18 à 19h

discussion à partir de 19h

La librairie des Cordeliers tient à remercier les éditions du Seuil pour avoir permis cette rencontre.

 

dror, mishani, doutes, avraham, dédicaces, rencontre, librairie, israël, tel aviv, holonLes doutes d'Avraham

de Dror Mishani

trad. de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

éd. du Seuil 20€

Dror Mishani est un maître du roman policier au coeur d’un pays qui n’aime pas les romans policiers… Dans cette affaire poignante au cœur d’un couple détruit par les névroses d’un homme et le viol non élucidé de son épouse, son inspecteur Avraham Avraham va devoir faire preuve de toutes ses facultés psychologiques pour aller au terme de son enquête.

« Sauras-tu vraiment comment diriger l’enquête sur la mort de cette femme ?», c’est la question que se pose très vite l’inspecteur Avraham Avraham devant le cadavre d’une veuve sexagénaire retrouvée morte à son domicile. Et ce n’est pas parce que c’est la première enquête dont il porte entièrement la responsabilité que ce doute apparaît ainsi. Ce n’est pas une question de pression. Avraham Avraham est l’inspecteur du doute. Un doute qu’il s’applique à lui-même. C’est quelque chose de maladif chez lui, comme s’il pensait ne pas mériter la confiance que ses supérieurs portent en lui. Un sentiment d’imposture qui l’accompagne tout au long de ses enquêtes et nous ravi en tout cas fort heureusement le lecteur lassé de l’éternel inspecteur cliché à l’assurance intacte et au regard usé. Et ce n’est pas la fragile relation amoureuse qu’Avraham entretien depuis sa première enquête avec une jeune consoeur belge venue s’installer à ses côtés qui va lui apporter un gramme de confiance en plus. Imaginez donc, Marianka a tout quitté pour lui… ! Saura-t-il lui prouver qu’elle a eu raison de le suivre ?

Chef de la section homicide du commissariat d’Holon, petite ville favorisée de la banlieue de Tel Aviv, Avraham Avraham va pourtant devoir passer outre son manque d’assurance pour mener à bien cette enquête douloureuse. La famille est à nouveau le terrain de jeu privilégié de Dror Mishani qui excelle à explorer depuis Une disparition inquiétante une certaine violence de l’intime. La famille c’est celle de la victime, bien sûr, mais c’est aussi celle d’un autre couple dont il est question dans ce roman. Celui que forme Maly et Koby dont l’union après 11 années de mariage semble être à l’agonie à l’image de leur vieux chien incontinent. L’inspecteur Avraham doutera-t-il longtemps qu’un lien existe entre ces deux familles ?

Israël est un pays sans littérature policière. C’est Dror Mishani qui le dit lui-même dans sa première enquête. La police israélienne souffre d’une mauvaise image entre Jérusalem et Tel Aviv. Les vrais hommes et les vraies femmes sont dans l’armée ou dans les forces de sécurité intérieure, pas dans les commissariats. Cette nouvelle enquête d’Avraham Avraham ne changera pas la donne mais les habitants des banlieues oubliées qui vivent et travaillent un peu plus loin des bombes et sont confrontés à une violence des plus banales savent que Dror Mishani parle d’eux.

01/10/2016

L'antihéros moderne a trouvé son maître !

 1507-1.jpgMauvais coûts

Jacky Schwartzmann

Ed. La fosse aux ours 17€

 

 

Mauvais coûts et mauvais goût n'ont qu'une lettre de différence ! C'est subtil et c'est pour ça que c'est bon !

 

Dans les grandes lignes, ce roman noir, c'est l'histoire d'un salaud, cynique et misanthrope, acheteur dans une multinationale qui vient pour faire régler l'addition à tous les avortons et lèches bottes qui gravitent comme des mouches à vous savez quoi autour de son business juteux !

 

Ce type est détestable. C'est l'antihéros moderne par excellence ! Mais on s'y attache. Il s'appelle Gaby Aspinall et je trouve que son petit nom en jette.

 

 Alors oui ! Mauvais coûts vient gifler nos petites joues rebondies de lecteurs prudes et silencieux ! Il y a ceux qui aimeront et ceux qui n'aimeront pas mais je défends quiconque de rester impassible devant ce spécimen rare d'humour noir aux dialogues cultissimes ! 

 

Allan

 

26/09/2016

Sylvain Prudhomme et Fayçal Salhi pour une lecture musicale à la librairie !

Rencontre avec

Sylvain Prudhomme

(prix des cordeliers 2014 pour son roman Les grands)

à l'occasion de la parution de son nouveau roman, Légende.

Vendredi 30 septembre

dédicaces de 18 à 19h / discussion à partir de 19h

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Cette rencontre sera suivie d'une lecture musicale de Sylvain Prudhomme accompagné à l'oud par Fayçal Salhi, de son roman précédent Là, avait dit Bahi.

prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicale

Entrée libre et gratuite.

 

prudhomme, sylvain, légende, arles, plaine, crau, arbalète, gallimard, rencontre, dédicaceLégende

Sylvain prudhomme

 éd. L'arbalète / Gallimard 20€

A Arles, vivent deux amis. Nel, le photographe amoureux du paysage voisin de la plaine de la Crau à laquelle il rend hommage en réalisant de magnifiques panoramiques, et Matt, l’anglais arrivé en Provence il y a quelques années à peine et qui, en entrepreneur né, s’est lancé avec succès dans la vente et l’installation de toilettes sèches.

Nel est l’enfant du pays. Petit fils de berger arpentant les pâturages de La Crau depuis la nuit des temps, il est porteur d’un lien mémoriel avec ce paysage même s’il ne le traverse plus désormais au cul des moutons mais derrière le volant d’un camion élévateur, se servant de la nacelle afin de trouver les meilleurs angles de vue pour son travail. Matt, lui, l’infatigable touche à tout, réalise à ses heures perdues des documentaires pour son propre plaisir. Et quand il découvre à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes l’existence de la Chou, un ancien repaire festif de gardians devenu avec les années le lieu incontournable des soirées arlésiennes et même au-delà, il décide avec la passion qui le caractérise d’en raconter l’histoire en recueillant ici et là, témoignages et documents. Ce qui l’intéresse c’est l’esprit de la Chou, cette innocence festive des débuts qui traversera les années 70 et 80 sans perdre trop de son âme avant de devenir plus tard, une usine à fête assez banale. Gloire et déclin d’un lieu. Reste la légende.

C’est en enquêtant sur cette boite de nuit qu’il apprend l’existence de Fabien et de Christian. Deux frères, désormais disparus, qui ont fréquenté cette boite à cette période. Deux témoins de ces années d’insouciance pour qui la vie devait paraître légère, mais aussi deux frères que tout opposait. Fabien, aérien, dandy magnifique et provocateur. Christian, bagarreur, renfrogné et toxicomane. Apprenant que ces deux hommes étaient les cousins de son ami, et que, fait crau, plaineextraordinaire, ils sont morts tous deux le même jour à 10 000 kilomètres de distance, Matt se lance avec une rage passionnée dans la construction de son documentaire. Avec passion, mais aussi beaucoup de violence pour Nel qui accepte difficilement de voir remonter à la surface tout ce passé familial douloureux. Leur amitié va être mise à rude épreuve.

 

Sylvain Prudhomme que l’on avait découvert et aimé à la parution des Grands en 2014 (Prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers) nous revient avec une véritable légende arlésienne car Fabien et Christian, sous d’autres noms, ont réellement existé. On retrouve avec délices cette écriture d’une rare élégance sachant jouer aussi bien de sensualité que d’entêtement afin de fouiller le passer d’une relation fraternelle, d’une époque et d’un lieu par petites touches. De petites bulles remontent à la surface comme autant de souvenirs. Eclatant elles peuvent faire le bien tout autant que le mal.


prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicaleLà, avait dit Bahi

de Sylvain Prudhomme

éd. l'Arbalète Gallimard    19,50€

Un homme, par trois fois et sans jamais le savoir, va échapper à la mort ! Et c'est Bahi qui raconte cette histoire algérienne du temps de l'occupation française.

Cet homme, c'est Malusci, propriétaire terrien et agriculteur dur à la tache qui tient d'une main de fer la poignée d'algériens qui travaille sous ses ordres. Parmi eux, Bahi, le plus jeune, que Malusci considère un peu comme son fils au point de lui apprendre non sans bravade l'essentiel de la vie, la mécanique agricole et comment s'y prendre avec les femmes. Il a une telle confiance en lui qu'il lui confie même certains soirs le soin de ranger l'arme à feu qui l'accompagne toute la journée comme, petit à petit, la menace fellaga se fait de plus en plus pressante.

L'Histoire pourtant - la fin de l'empire colonial français - finira par avoir raison de cette relation entre Bahi et Melusci et c'est le petit fils de ce dernier qui, à plus de cinquante années de distance, se charge de nous en faire le récit. Les deux hommes ne se sont plus jamais revus depuis l'Indépendance. Ils sont devenus de vieux messieurs chacun de son côté de la Méditerranée mais les souvenirs sont là. Intacts. Ceux de Bahi surtout qui tient absolument à dire comment un homme, Malusci, a pu échapper par trois fois à la mort alors qu'il était absolument impossible qu'advienne ce qui est advenu ! 

Là, avait dit Bahi est un texte d'une très grande qualité littéraire, à la fois très écrit et très parlé, laissant une vraie place aux voix des protagonistes de cette histoire tout en maitrisant parfaitement la mélodie de leurs souvenirs. Sylvain Prudhomme ne pose pas du tout de regard moralisateur ou accusateur sur les événements de cette époque. Il se tient à bonne distance des polémiques en s'appliquant avec un talent qui laisse sans voix à raconter simplement une histoire qui a eu lieu. Elle met en scène deux hommes que leurs papiers d'identité plaçaient en des camps ennemis. Ils se sont aimés comme un père peut aimer son fils, un fils son père. Et l'un d'eux, chose à peine croyable, a échappé par trois fois à la mort et n'en a jamais rien su...

Après Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari et Des hommes de Laurent Mauvignier, Sylvain Prudhomme s'empare d'une période de l'Histoire de France trop longtemps oubliée, pour en faire un morceau de littérature saisissant !

 

24/09/2016

33 révolutions sur un vieux disque rayé

 004142869.jpg33 révolutions

Canek Sanchez Guevara

(trad. Espagnol (Cuba) René Solis)

Éd. Métailié 9€

 

Premier et unique roman écrit par le petit-fils du Che, 33 révolutions est la lecture qui, en cette rentrée littéraire, m'aura surpris au-delà de mes attentes ! 

 

C'est le temps d'un trajet et d'un café avant d'aller au boulot. On se prend à suivre les errances d'un trentenaire désœuvré traînant son spleen dans le Cuba de l'après révolution. La révolution, qu'est-elle au juste ? Un gros géant à la Pavarotti avec un enthousiasme grand comme l'univers mais devenu, au fil du temps, un homme maigre, anodin et sans charisme. De cette histoire fragmentée, on tire une photographie noire et blanc d'un petit pays qui tourne depuis longtemps comme un vieux disque rayé. Rhum, salsa, tabac, avec un p'tit détour chez la Russe du neuvième étage. Moments de splendeur, fumée de cigarette qui se dissipe en montant jusqu'au plafond, se mélangeant au parfum de la sueur, du sexe et des tropiques. Puis l'air de la ville se raréfie, chaleur criminelle et notre regard s'arrête sur des gens qui somnolent et les immeubles qui fondent comme dans une toile de Dali, raconte le cubain.

 

Entre désenchantement et espoir, Canek Sanchez Guevara écrit avec une langue pénétrante et hypnotique un puissant chant de liberté ! 33 révolutions à hauteur d'homme avec pour horizon la mer, lointaine, l’écho d'un 33 tours et la promesse d'une autre vie...

 

 Après cela, je quitte le café, l'air placide et l'esprit ailleurs.

 

 

Allan

09/09/2016

Une parenthèse nécessaire.

 

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Maures 

Sébastien Berlendis

éd. Stock     14€

Maures est une parenthèse nécessaire.

A la manière de ses deux précédents textes « Une dernière fois la nuit » et « L’autre pays », tous deux parus dans la précieuse collection La foret des éditions Stock, Sébastien Berlendis nous propose en toute légèreté de l’accompagner dans la foule d’images qui l’anime.

Avec Maures, tout juste paru, il nous met dans la confidence et nous offre une part intime de lui-même à l’époque où l’on perd, sans le savoir, ce que l’on va chercher le restant de sa vie. Cette insouciance. ..

Autant de fragments d’étés passés depuis toujours au bord de l’eau dans le massif des Maures. Autant de souvenirs fondateurs, l’évidence des couchers de soleil et du sable qui s’accroche à la peau, la peau des filles, leurs cheveux et les heures qui passent dans le vent chaud, sans que l’on s’en aperçoive, discrètes comme les vagues. Nous voilà alors les témoins de cette fabrique du temps nécessaire à la compréhension de qui nous sommes. Un espace fragile sous la menace perpétuelle de la fatalité qui rôde, comme rôdent autour de ce lieu enchanteur, les incendies et les inondations.

Au fil de ce parcours dans les méandres de la mémoire, le camping, lieu de toutes les caricatures, devient peu à peu un support poétique ! « La parenthèse enchantée » d’une famille, d’un grand-père et d’un petit fils soudés par le sel, la résine et la complicité. Un grand-père aujourd’hui disparu.

Les temps se mélangent. Présent et passé ne font plus qu’un et l’on se surprend en train de feuilleter un album de famille en se demandant pourquoi nous sommes en train de le faire. Va savoir.

Maures a la puissance de ces textes évocateurs, ceux qui nous parlent sans rien dire, tout en sincérité, poésie et romantisme.

rencontre avec Sébastien Berlendis

vendredi 23 septembre

dédicace de 18 à 19h / rencontre autour de son roman à partir de 19h

 

17:47 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1)

08/09/2016

Pas déçu du voyage !

descente à valdez,allia,harry crews,playboy,alaska,caribou,oléoducDescente à Valdez

de Harry Crews

Editions Allia 7.50€

 

La fin d'une époque, les conditions du vrai. C'est dans cette collection des éditions Allia que vient de paraître en librairie "Descente à Valdez".

 

Il s'agit là d'une espèce de reportage redneck qu'Harry Crews publie pour le compte du magazine playboy en février 1975, peu avant la construction du très controversé oléoduc trans-Alaska.

 

Il y posera ses valises moins de deux semaines durant, ce qu'il lui faudra de temps pour dépeindre avec une douce ironie, mâtinée d'indignation bilieuse, une part de cette contrée dure et froide située à l’extrême opposé des 48 d'en bas - entendez tous les autres états d'Amérique.

 

Une belle petite fresque sociale si vous voulez mon avis, bien rocambolesque ! Ça commence mal dès le départ. Crews se heurte à l'antipathie affichée des autochtones, aux conflits d'intérêts entre les caribous et les constructeurs de l'oléoduc et à la danse two step. Comme bien souvent, la bière se charge du reste et passés les premiers coups de froid, les langues se délient. C'est la foire aux personnages grotesques. On n'est pas à l’abri d'une mauvaise surprise ni d'une vilaine gueule de bois.

 

Tout le monde a l'impression de se faire enfler dans l'histoire. Et l'histoire le confirmera en 1989, quand le pétrolier Exxon Valdez viendra mourir sur les cotes de l'Alaska, déversant ses 40 000 tonnes de pétrole brut. Terminus, tout le monde descend !

 

Allan