Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Librairie Les Cordeliers - Page 3

  • Interview de l'auteur israélien de polars Dror Mishani réalisée en 2014

    RENCONTRE AVEC Dror MISHANI

    JEUDI 6 OCTOBRE

    dédicaces de 18 à 19h

    rencontre à partir de 19h

    Entrée libre et gratuite

    Avant sa venue exceptionnelle voici l'interview qu'il nous avait accordée il y a 2 ans à la parution de

    Une disparition inquiétante

    Interview de Dror Mishani réalisée par François en 2014 pour le magazine PAGE des libraires.

    dror, mishani, interview, rencontre, disparition, inquiétante, avraham, doutes, seuilLibrairie — « Chez nous, il n’y a pas de tueurs en série, pas d’enlèvements et quasiment pas de voleurs qui agressent les femmes dans les rues. Chez nous, si quelqu’un est assassiné c’est en général le fait du voisin, de l’oncle ou du grand-père, pas besoin d’une enquête compliquée. » C’est pour cela, explique l’inspecteur Avraham, qu’il n’y a pas de littérature policière israélienne. Est-ce la vérité ?
    Dror Mishani — En partie. Il y a peu encore, la société israélienne était assez traditionnelle. Le roman policier, lui, est plutôt le fait de sociétés modernes et libérales. Nous avons donc du retard. Et puis la littérature israélienne adore traiter des questions nationales, quand le roman policier est indifférent à la nation et à la religion (c’est pour ça qu’il est plus universel), et traite plutôt des questions de violence, d’aliénation urbaine, ou de psychologie du criminel et de la victime. Dans la littérature israélienne il faut toujours répondre à des questions relatives à l’identité du peuple juif pour être considéré comme un vrai écrivain. Le roman noir ne s’occupe pas de ces questions-là. De plus, la société israélienne ne peut pas imaginer l’agent de police comme un héros, à la différence de la France avec Maigret ou de l’Italie avec Montalbano. L’origine séfarade de la plupart des policiers explique peut-être aussi que la littérature israélienne lui préfère ses héros soldats ou agents du Mossad.

    Libraire — Votre inspecteur passe complètement à côté de son enquête. Il dror, mishani, interview, rencontre, disparition, inquiétante, avraham, doutes, seuildoute de lui-même parce que sa première intuition a été mauvaise. Cela crée une atmosphère tout en fragilité, absolument magnifique.
    D. M. — C’était une des premières choses que je savais d’Avraham. Je voulais un détective qui se trompe. Par simple souci de réalisme (pourquoi les détectives auraient-ils toujours raison ?). J’aime vraiment le roman noir, il est toute ma vie. Mais il y a une chose que je n’aime pas en lui, et même que je crains, c’est qu’il voit le monde rempli de coupables. Fondamentalement, le projet historique du roman policier est d’incriminer le monde (sauf chez Simenon). Je voulais inventer un détective qui pense que les gens sont innocents. Je voulais un détective qui ne cherche pas de traces de culpabilité, mais des fragments d’innocence. Je le préfère comme ça, même si cela veut dire qu’il ne voit pas toujours tout.

    Libraire — L’enquête que mène l’inspecteur Avraham est interrompue par un étrange voyage à Bruxelles. Cet épisode « casse » l’action de votre roman et apporte une note mélancolique de plus à cette histoire que l’on trouve très rarement en littérature policière. Cela m’a énormément plu.
    D. M. — En fait, c’est l’un des chapitres que j’aime le plus, et il n’a pas toujours été compris. Une de mes séries policières préférées est celle de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, avec le détective Martin Beck (Rivages). Ils montrent aux écrivains de romans policiers qu’un roman rythmé n’est pas nécessairement rapide. Ils m’ont enseigné la durée. Or j’aime la durée dans la littérature en général et dans les romans policiers en particulier. Le chapitre sur Bruxelles donne de la durée à mon roman. De plus, je voulais confronter mon détective israélien, qui travaille dans un pays où la fiction policière n’est pas possible (ou pas aimée), à un détective européen qui travaille, lui, en pays conquis.

    Libraire — Votre inspecteur a comme passe-temps favori de lire des romans policiers et de chercher en eux le truc qui cloche et remet en cause la crédibilité de l’enquête telle que nous la présente le romancier… Êtes-vous aussi ce genre de lecteur, et quels sont d’ailleurs les auteurs de romans policiers que vous lisez ?
    D. M. — La vérité est qu’au lieu d’Une disparition inquiétante, je devais finir une thèse de doctorat sur l’histoire du roman policier, dont le sujet était le suivant : chaque roman policier peut être lu deux fois ; une fois avec le détective, une autre contre lui. Et on peut toujours prouver que la solution n’est pas celle qu’il nous propose. Ce ne sont pas les auteurs qui décident ou créent ça, mais le genre lui-même. Pourtant, je n’ai pas eu la force de le développer dans une thèse académique ; j’ai donc écrit un roman. Quant à mes auteurs de prédilection, ce sont Simenon et Sjowall-Wahloo. Je peux en ajouter d’autres, tels Edgar Poe, Émile Gaboriau, Henning Mankell, Karin Fossum et, bien sûr, Fred Vargas.

    Libraire — Votre enquête est très intime, menée autour de quelques personnages habitant tous le même quartier de Tel-Aviv. Elle évacue dans le même temps tous les problèmes de sécurité extérieure (la Palestine, l’immigration). On en oublierait presque que l’on est en Israël ! Est-ce volontaire de votre part ?
    D. M. — En fait, j’ai voulu demander à la littérature israélienne et aux Israéliens s’ils étaient prêts à lire autre chose que des romans concernant l’identité nationale et se déroulant dans des Kibboutz ou des bases militaires, pour s’intéresser à des histoires de classe, par exemple, qui se déroulent dans la banlieue de Tel-Aviv et qui n’auraient aucune résonance avec les questions dites « importantes » de la littérature locale. C’est pour cela que j’ai imaginé cette intrigue autour d’un gamin de 16 ans qui disparaît en raison d’événements qui n’ont rien à voir avec le conflit. Mais vous savez, Une disparition inquiétante est seulement le début d’une série, et, pour le moment, Avraham est un agent de police relativement secondaire dans une banlieue où vivent presque exclusivement des Juifs. Par la suite, il va prendre du grade et rencontrer des cas de nature différente…

  • Un auteur israélien à la librairie des Cordeliers !

    dror, mishani, doutes, avraham, dédicaces, rencontre, librairie, israël, tel aviv, holon

    L'auteur du roman policier le plus vendu à la librairie des Cordeliers est israélien

    Il s'appelle

    Dror MISHANI

    et il sera à la librairie des Cordeliers 

    Jeudi 6 octobre

    pour nous présenter après Une disparition inquiétante (2014) et La violence en embuscade (2015) la 3 ème enquête de l'inspecteur Avraham Avraham :

    Les doutes d'Avraham.

    séance de dédicaces de 18 à 19h

    discussion à partir de 19h

    La librairie des Cordeliers tient à remercier les éditions du Seuil pour avoir permis cette rencontre.

     

    dror, mishani, doutes, avraham, dédicaces, rencontre, librairie, israël, tel aviv, holonLes doutes d'Avraham

    de Dror Mishani

    trad. de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

    éd. du Seuil 20€

    Dror Mishani est un maître du roman policier au coeur d’un pays qui n’aime pas les romans policiers… Dans cette affaire poignante au cœur d’un couple détruit par les névroses d’un homme et le viol non élucidé de son épouse, son inspecteur Avraham Avraham va devoir faire preuve de toutes ses facultés psychologiques pour aller au terme de son enquête.

    « Sauras-tu vraiment comment diriger l’enquête sur la mort de cette femme ?», c’est la question que se pose très vite l’inspecteur Avraham Avraham devant le cadavre d’une veuve sexagénaire retrouvée morte à son domicile. Et ce n’est pas parce que c’est la première enquête dont il porte entièrement la responsabilité que ce doute apparaît ainsi. Ce n’est pas une question de pression. Avraham Avraham est l’inspecteur du doute. Un doute qu’il s’applique à lui-même. C’est quelque chose de maladif chez lui, comme s’il pensait ne pas mériter la confiance que ses supérieurs portent en lui. Un sentiment d’imposture qui l’accompagne tout au long de ses enquêtes et nous ravi en tout cas fort heureusement le lecteur lassé de l’éternel inspecteur cliché à l’assurance intacte et au regard usé. Et ce n’est pas la fragile relation amoureuse qu’Avraham entretien depuis sa première enquête avec une jeune consoeur belge venue s’installer à ses côtés qui va lui apporter un gramme de confiance en plus. Imaginez donc, Marianka a tout quitté pour lui… ! Saura-t-il lui prouver qu’elle a eu raison de le suivre ?

    Chef de la section homicide du commissariat d’Holon, petite ville favorisée de la banlieue de Tel Aviv, Avraham Avraham va pourtant devoir passer outre son manque d’assurance pour mener à bien cette enquête douloureuse. La famille est à nouveau le terrain de jeu privilégié de Dror Mishani qui excelle à explorer depuis Une disparition inquiétante une certaine violence de l’intime. La famille c’est celle de la victime, bien sûr, mais c’est aussi celle d’un autre couple dont il est question dans ce roman. Celui que forme Maly et Koby dont l’union après 11 années de mariage semble être à l’agonie à l’image de leur vieux chien incontinent. L’inspecteur Avraham doutera-t-il longtemps qu’un lien existe entre ces deux familles ?

    Israël est un pays sans littérature policière. C’est Dror Mishani qui le dit lui-même dans sa première enquête. La police israélienne souffre d’une mauvaise image entre Jérusalem et Tel Aviv. Les vrais hommes et les vraies femmes sont dans l’armée ou dans les forces de sécurité intérieure, pas dans les commissariats. Cette nouvelle enquête d’Avraham Avraham ne changera pas la donne mais les habitants des banlieues oubliées qui vivent et travaillent un peu plus loin des bombes et sont confrontés à une violence des plus banales savent que Dror Mishani parle d’eux.

  • L'antihéros moderne a trouvé son maître !

     1507-1.jpgMauvais coûts

    Jacky Schwartzmann

    Ed. La fosse aux ours 17€

     

     

    Mauvais coûts et mauvais goût n'ont qu'une lettre de différence ! C'est subtil et c'est pour ça que c'est bon !

     

    Dans les grandes lignes, ce roman noir, c'est l'histoire d'un salaud, cynique et misanthrope, acheteur dans une multinationale qui vient pour faire régler l'addition à tous les avortons et lèches bottes qui gravitent comme des mouches à vous savez quoi autour de son business juteux !

     

    Ce type est détestable. C'est l'antihéros moderne par excellence ! Mais on s'y attache. Il s'appelle Gaby Aspinall et je trouve que son petit nom en jette.

     

     Alors oui ! Mauvais coûts vient gifler nos petites joues rebondies de lecteurs prudes et silencieux ! Il y a ceux qui aimeront et ceux qui n'aimeront pas mais je défends quiconque de rester impassible devant ce spécimen rare d'humour noir aux dialogues cultissimes ! 

     

    Allan

     

  • Sylvain Prudhomme et Fayçal Salhi pour une lecture musicale à la librairie !

    Rencontre avec

    Sylvain Prudhomme

    (prix des cordeliers 2014 pour son roman Les grands)

    à l'occasion de la parution de son nouveau roman, Légende.

    Vendredi 30 septembre

    dédicaces de 18 à 19h / discussion à partir de 19h

    prudhomme, sylvain, légende, arles, plaine, crau, arbalète, gallimard, rencontre, dédicace

    Cette rencontre sera suivie d'une lecture musicale de Sylvain Prudhomme accompagné à l'oud par Fayçal Salhi, de son roman précédent Là, avait dit Bahi.

    prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicale

    Entrée libre et gratuite.

     

    prudhomme, sylvain, légende, arles, plaine, crau, arbalète, gallimard, rencontre, dédicaceLégende

    Sylvain prudhomme

     éd. L'arbalète / Gallimard 20€

    A Arles, vivent deux amis. Nel, le photographe amoureux du paysage voisin de la plaine de la Crau à laquelle il rend hommage en réalisant de magnifiques panoramiques, et Matt, l’anglais arrivé en Provence il y a quelques années à peine et qui, en entrepreneur né, s’est lancé avec succès dans la vente et l’installation de toilettes sèches.

    Nel est l’enfant du pays. Petit fils de berger arpentant les pâturages de La Crau depuis la nuit des temps, il est porteur d’un lien mémoriel avec ce paysage même s’il ne le traverse plus désormais au cul des moutons mais derrière le volant d’un camion élévateur, se servant de la nacelle afin de trouver les meilleurs angles de vue pour son travail. Matt, lui, l’infatigable touche à tout, réalise à ses heures perdues des documentaires pour son propre plaisir. Et quand il découvre à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes l’existence de la Chou, un ancien repaire festif de gardians devenu avec les années le lieu incontournable des soirées arlésiennes et même au-delà, il décide avec la passion qui le caractérise d’en raconter l’histoire en recueillant ici et là, témoignages et documents. Ce qui l’intéresse c’est l’esprit de la Chou, cette innocence festive des débuts qui traversera les années 70 et 80 sans perdre trop de son âme avant de devenir plus tard, une usine à fête assez banale. Gloire et déclin d’un lieu. Reste la légende.

    C’est en enquêtant sur cette boite de nuit qu’il apprend l’existence de Fabien et de Christian. Deux frères, désormais disparus, qui ont fréquenté cette boite à cette période. Deux témoins de ces années d’insouciance pour qui la vie devait paraître légère, mais aussi deux frères que tout opposait. Fabien, aérien, dandy magnifique et provocateur. Christian, bagarreur, renfrogné et toxicomane. Apprenant que ces deux hommes étaient les cousins de son ami, et que, fait crau, plaineextraordinaire, ils sont morts tous deux le même jour à 10 000 kilomètres de distance, Matt se lance avec une rage passionnée dans la construction de son documentaire. Avec passion, mais aussi beaucoup de violence pour Nel qui accepte difficilement de voir remonter à la surface tout ce passé familial douloureux. Leur amitié va être mise à rude épreuve.

     

    Sylvain Prudhomme que l’on avait découvert et aimé à la parution des Grands en 2014 (Prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers) nous revient avec une véritable légende arlésienne car Fabien et Christian, sous d’autres noms, ont réellement existé. On retrouve avec délices cette écriture d’une rare élégance sachant jouer aussi bien de sensualité que d’entêtement afin de fouiller le passer d’une relation fraternelle, d’une époque et d’un lieu par petites touches. De petites bulles remontent à la surface comme autant de souvenirs. Eclatant elles peuvent faire le bien tout autant que le mal.


    prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicaleLà, avait dit Bahi

    de Sylvain Prudhomme

    éd. l'Arbalète Gallimard    19,50€

    Un homme, par trois fois et sans jamais le savoir, va échapper à la mort ! Et c'est Bahi qui raconte cette histoire algérienne du temps de l'occupation française.

    Cet homme, c'est Malusci, propriétaire terrien et agriculteur dur à la tache qui tient d'une main de fer la poignée d'algériens qui travaille sous ses ordres. Parmi eux, Bahi, le plus jeune, que Malusci considère un peu comme son fils au point de lui apprendre non sans bravade l'essentiel de la vie, la mécanique agricole et comment s'y prendre avec les femmes. Il a une telle confiance en lui qu'il lui confie même certains soirs le soin de ranger l'arme à feu qui l'accompagne toute la journée comme, petit à petit, la menace fellaga se fait de plus en plus pressante.

    L'Histoire pourtant - la fin de l'empire colonial français - finira par avoir raison de cette relation entre Bahi et Melusci et c'est le petit fils de ce dernier qui, à plus de cinquante années de distance, se charge de nous en faire le récit. Les deux hommes ne se sont plus jamais revus depuis l'Indépendance. Ils sont devenus de vieux messieurs chacun de son côté de la Méditerranée mais les souvenirs sont là. Intacts. Ceux de Bahi surtout qui tient absolument à dire comment un homme, Malusci, a pu échapper par trois fois à la mort alors qu'il était absolument impossible qu'advienne ce qui est advenu ! 

    Là, avait dit Bahi est un texte d'une très grande qualité littéraire, à la fois très écrit et très parlé, laissant une vraie place aux voix des protagonistes de cette histoire tout en maitrisant parfaitement la mélodie de leurs souvenirs. Sylvain Prudhomme ne pose pas du tout de regard moralisateur ou accusateur sur les événements de cette époque. Il se tient à bonne distance des polémiques en s'appliquant avec un talent qui laisse sans voix à raconter simplement une histoire qui a eu lieu. Elle met en scène deux hommes que leurs papiers d'identité plaçaient en des camps ennemis. Ils se sont aimés comme un père peut aimer son fils, un fils son père. Et l'un d'eux, chose à peine croyable, a échappé par trois fois à la mort et n'en a jamais rien su...

    Après Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari et Des hommes de Laurent Mauvignier, Sylvain Prudhomme s'empare d'une période de l'Histoire de France trop longtemps oubliée, pour en faire un morceau de littérature saisissant !

     

  • 33 révolutions sur un vieux disque rayé

     004142869.jpg33 révolutions

    Canek Sanchez Guevara

    (trad. Espagnol (Cuba) René Solis)

    Éd. Métailié 9€

     

    Premier et unique roman écrit par le petit-fils du Che, 33 révolutions est la lecture qui, en cette rentrée littéraire, m'aura surpris au-delà de mes attentes ! 

     

    C'est le temps d'un trajet et d'un café avant d'aller au boulot. On se prend à suivre les errances d'un trentenaire désœuvré traînant son spleen dans le Cuba de l'après révolution. La révolution, qu'est-elle au juste ? Un gros géant à la Pavarotti avec un enthousiasme grand comme l'univers mais devenu, au fil du temps, un homme maigre, anodin et sans charisme. De cette histoire fragmentée, on tire une photographie noire et blanc d'un petit pays qui tourne depuis longtemps comme un vieux disque rayé. Rhum, salsa, tabac, avec un p'tit détour chez la Russe du neuvième étage. Moments de splendeur, fumée de cigarette qui se dissipe en montant jusqu'au plafond, se mélangeant au parfum de la sueur, du sexe et des tropiques. Puis l'air de la ville se raréfie, chaleur criminelle et notre regard s'arrête sur des gens qui somnolent et les immeubles qui fondent comme dans une toile de Dali, raconte le cubain.

     

    Entre désenchantement et espoir, Canek Sanchez Guevara écrit avec une langue pénétrante et hypnotique un puissant chant de liberté ! 33 révolutions à hauteur d'homme avec pour horizon la mer, lointaine, l’écho d'un 33 tours et la promesse d'une autre vie...

     

     Après cela, je quitte le café, l'air placide et l'esprit ailleurs.

     

     

    Allan

  • Une parenthèse nécessaire.

     

    maures, berlandis, stock, maures

    Maures 

    Sébastien Berlendis

    éd. Stock     14€

    Maures est une parenthèse nécessaire.

    A la manière de ses deux précédents textes « Une dernière fois la nuit » et « L’autre pays », tous deux parus dans la précieuse collection La foret des éditions Stock, Sébastien Berlendis nous propose en toute légèreté de l’accompagner dans la foule d’images qui l’anime.

    Avec Maures, tout juste paru, il nous met dans la confidence et nous offre une part intime de lui-même à l’époque où l’on perd, sans le savoir, ce que l’on va chercher le restant de sa vie. Cette insouciance. ..

    Autant de fragments d’étés passés depuis toujours au bord de l’eau dans le massif des Maures. Autant de souvenirs fondateurs, l’évidence des couchers de soleil et du sable qui s’accroche à la peau, la peau des filles, leurs cheveux et les heures qui passent dans le vent chaud, sans que l’on s’en aperçoive, discrètes comme les vagues. Nous voilà alors les témoins de cette fabrique du temps nécessaire à la compréhension de qui nous sommes. Un espace fragile sous la menace perpétuelle de la fatalité qui rôde, comme rôdent autour de ce lieu enchanteur, les incendies et les inondations.

    Au fil de ce parcours dans les méandres de la mémoire, le camping, lieu de toutes les caricatures, devient peu à peu un support poétique ! « La parenthèse enchantée » d’une famille, d’un grand-père et d’un petit fils soudés par le sel, la résine et la complicité. Un grand-père aujourd’hui disparu.

    Les temps se mélangent. Présent et passé ne font plus qu’un et l’on se surprend en train de feuilleter un album de famille en se demandant pourquoi nous sommes en train de le faire. Va savoir.

    Maures a la puissance de ces textes évocateurs, ceux qui nous parlent sans rien dire, tout en sincérité, poésie et romantisme.

    rencontre avec Sébastien Berlendis

    vendredi 23 septembre

    dédicace de 18 à 19h / rencontre autour de son roman à partir de 19h

     

  • Pas déçu du voyage !

    descente à valdez,allia,harry crews,playboy,alaska,caribou,oléoducDescente à Valdez

    de Harry Crews

    Editions Allia 7.50€

     

    La fin d'une époque, les conditions du vrai. C'est dans cette collection des éditions Allia que vient de paraître en librairie "Descente à Valdez".

     

    Il s'agit là d'une espèce de reportage redneck qu'Harry Crews publie pour le compte du magazine playboy en février 1975, peu avant la construction du très controversé oléoduc trans-Alaska.

     

    Il y posera ses valises moins de deux semaines durant, ce qu'il lui faudra de temps pour dépeindre avec une douce ironie, mâtinée d'indignation bilieuse, une part de cette contrée dure et froide située à l’extrême opposé des 48 d'en bas - entendez tous les autres états d'Amérique.

     

    Une belle petite fresque sociale si vous voulez mon avis, bien rocambolesque ! Ça commence mal dès le départ. Crews se heurte à l'antipathie affichée des autochtones, aux conflits d'intérêts entre les caribous et les constructeurs de l'oléoduc et à la danse two step. Comme bien souvent, la bière se charge du reste et passés les premiers coups de froid, les langues se délient. C'est la foire aux personnages grotesques. On n'est pas à l’abri d'une mauvaise surprise ni d'une vilaine gueule de bois.

     

    Tout le monde a l'impression de se faire enfler dans l'histoire. Et l'histoire le confirmera en 1989, quand le pétrolier Exxon Valdez viendra mourir sur les cotes de l'Alaska, déversant ses 40 000 tonnes de pétrole brut. Terminus, tout le monde descend !

     

    Allan

  • Les Cordeliers ne tiennent pas en place !

    Actualité de la librairie des Cordeliers

    La rentrée de la librairie des Cordeliers s'annonce chargée. Littérature, polar, bande dessinée, documents historiques... Il y en aura pour tous les goûts. Alors à vos agendas !

    Et à très bientôt.

     

    Samedi 17 septembre

    fillioud, patrick, lemieux, roman, vrai, mai, 68Patrick Fillioud

    viendra dédicacer son nouveau livre de 15 à 18h

    Le roman vrai de mai 68 (éd. Lemieux éditeur)

    plus d'infos ici

     

     

    Vendredi 23 septembre

    maures, berlandis, stockSébastien Berlandis

    viendra présenter et dédicacer son nouveau roman

    Maures (éd. Stock)

    dédicace de 18h à 19h / rencontre à partir de 19h

    plus d'infos ici

     

     

    Jeudi 29 septembre à 18h30

    Que lire en cette rentrée littéraire ?

    Soirée Rentrée Littéraire à la Médiathèque Simone de Beauvoir.

    Avec la participation des bibliothécaires des Médiathèques de Romans et des libraires de la librairie des Cordeliers et de la Manufacture.

    plus d'infos ici

    Vendredi 30 septembre

    légende, prudhomme, sylvain, arles, roux, lionel, plaine, crau, chouSylvain Prudhomme

    (Prix des Cordeliers 2015 pour son roman Les grands)

    viendra dédicacer et présenter son nouveau roman

    Légende (éd. Gallimard / l'Arbalète)

    dédicace de 18h à 19h / rencontre à partir de 19h

    A cette occasion, Sylvain Prudhomme nous proposera une lecture musicale de son roman précédent Là, avait dit Bahi accompagné à l'oud par Faycal Salhi.

    plus d'infos ici

     

    Jeudi 6 octobre

    dror, mishani, doutes, avraham, seuil, policierDror Mishani

    L'auteur israélien de romans policiers viendra présenter son nouveau roman

    Les doutes d'Avhram (éd. Seuil)

    dédicace de 18h à 19h / rencontre à partir de 19h

    plus d'infos ici

     

    Samedi 8 octobre

    chesneau, dame, vinay, sauvageonJean Sauvageon, Jacky Vinay, Danielle Bertrand

    présentation dédicace du livre

    Germaine Chesneau, une grande dame (éd. ANACR)

    de 16h à 19h

     

    Nuit du jeudi 13 au vendredi 14 octobre

    harry, potter, enfant, maudit, nuit, gallimardGrande nuit Harry Potter

    à l'occasion de la parution du volume 8 de la série

    Harry Potter et l'enfant maudit

    mise en vente du livre à minuit !

    (plus d'infos sur le contenu de la soirée, à venir)

     

    Samedi 15 octobre

    liano, leonora, grasset, crépuscule, tourment, rencontreLeonora Miano

    La médiathèque Simone de Beauvoir accueille la romancière à l'occasion de la parution de son livre

    Le crépuscule du tourment (éd. Grasset)

    (horaires à préciser ultérieurement)

    plus d'infos ici

     

    vendredi 21 octobre

    burniat, amthieu, monde, quantique, mystère, dargaud, bd, bande, dessinéeMathieu Burniat

    dédicace et rencontre autour de sa BD

    Le mystère du monde quantique (éd. Dargaud)

    dédicace à partir de 16h / rencontre à 19h

    Mathieu Burniat présentera aussi à cette occasion sa toute nouvelle publication, une BD culinaire : Les illustres de la table)

    plus d'infos ici

     

    samedi 19 novembre

    vinson, sigolène, cailloux, tripodeSigolène Vinson

    (Prix des Cordeliers 2016 pour son roman Le Cailloux)

    dédicacera son livre de 10h30 à 12h à la librairie des Cordeliers

    rencontre autour de Le Cailloux à la Médiathèque La passerelle de Bourg-les-Valence à partir de 15h

    plus d'infos ici

     

  • Mai 1962, Choctaw, Alabama

    sur les hauteurs du motn crève coeur,thomas h cook,seuil,polar,alabamaSur les hauteurs du mont Crève-Cœur

    Thomas H. Cook

    Editions Seuil Policiers 21,5€

     

    Le dernier Thomas H. Cook confirme ce que l’on savait déjà. L’auteur maîtrise l’écriture du flashback à la perfection ! Qu’est-ce qui fait qu’on en sort encore ébloui ? L’écriture, toujours l’écriture.

     

    L’intrigue se déroule dans la petite communauté blanche et conservatrice de Choctaw, en Alabama. Tout remonte à l’été 1962 et nous ramène au corps sans vie de la jeune Kelli, retrouvée sur les hauteurs du Mont Crève-Cœur, seule, dans les profondeurs de ces bois, au prise avec une histoire qui semble s'être répété...

     

    30 ans après, l’énigme est entière et entoure encore de son voile noir l’agression de cette jeune beauté venue de Baltimore. Hanté par la voix et le visage de celle dont il était tombé éperdument amoureux, Ben, devenu médecin de campagne, raconte l'histoire la plus tragique de son existence. Celle que toute sa vie, il s’est évertué à garder au plus profond de son âme…

     

    Ce qu’il y a de surprenant avec les lyriques, c’est qu’on ne se doute jamais des formes que prendront leur imagination et leurs inspirations. Peu d’auteurs sont de cette trempe là. Mais reconnaissons le, Cook écrit des romans noirs comme on écrirait une poésie troublante, mélancolique et obsédante.

     

    Le vieux démon de la ségrégation plane sur ce lieu chargé de souvenirs et de mystères. Il progresse à pas feutrés, lentement, insidieusement, révélant peu à peu un récit tourmenté au charme ensorcelant et une chute à la hauteur d'une tragédie shakespearienne transposée dans le sud profond de l'Amérique.

     

    Reste une oeuvre noire marquante, impérissable.

     

    Allan

     

     

     

     

  • Sylvain Prudhomme revient !

    Soirée (littéraire et musicale)

    avec

    Sylvain Prudhomme

    téléchargement.jpg

    autour de son nouveau roman

    Légende

    vendredi 30 septembre

    dédicace de 18 à 19h

    rencontre après 19h

     

    La rencontre autour de Légende sera suivie d'une lecture musicale du premier roman de Sylvain Là, avait dit Bahi accompagnée par à l'oud par Fayçal Salhi.

    faycal, salhi, oud

    Ecouter Fayçal Salhi : https://www.youtube.com/watch?v=RbP_gyrSSlE

     

    prudhomme, sylvain, légende, arles, crauLégende

    Sylvain prudhomme

     

    A Arles, vivent deux amis. Nel, le photographe amoureux du paysage voisin de la plaine de la Crau à laquelle il rend hommage en réalisant de magnifiques panoramiques, et Matt, l’anglais arrivé en Provence il y a quelques années à peine et qui, en entrepreneur né, s’est lancé avec succès dans la vente et l’installation de toilettes sèches.

    Nel est l’enfant du pays. Petit fils de berger arpentant les pâturages de La Crau depuis la nuit des temps, il est porteur d’un lien mémoriel avec ce paysage même s’il ne le traverse plus désormais au cul des moutons mais derrière le volant d’un camion élévateur, se servant de la nacelle afin de trouver les meilleurs angles de vue pour son travail. Matt, lui, l’infatigable touche à tout, réalise à ses heures perdues des documentaires pour son propre plaisir. Et quand il découvre à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes l’existence de la Chou, un ancien repaire festif de gardians devenu avec les années le lieu incontournable des soirées arlésiennes et même au-delà, il décide avec la passion qui le caractérise d’en raconter l’histoire en recueillant ici et là, témoignages et documents. Ce qui l’intéresse c’est l’esprit de la Chou, cette innocence festive des débuts qui traversera les années 70 et 80 sans perdre trop de son âme avant de devenir plus tard, une usine à fête assez banale. Gloire et déclin d’un lieu. Reste la légende.

    C’est en enquêtant sur cette boite de nuit qu’il apprend l’existence de Fabien et de Christian. Deux frères, désormais disparus, qui ont fréquenté cette boite à cette période. Deux témoins de ces années d’insouciance pour qui la vie devait paraître légère, mais aussi deux frères que tout opposait. Fabien, aérien, dandy magnifique et provocateur. Christian, bagarreur, renfrogné et toxicomane. Apprenant que ces deux hommes étaient les cousins de son ami, et que, fait crau, plaineextraordinaire, ils sont morts tous deux le même jour à 10 000 kilomètres de distance, Matt se lance avec une rage passionnée dans la construction de son documentaire. Avec passion, mais aussi beaucoup de violence pour Nel qui accepte difficilement de voir remonter à la surface tout ce passé familial douloureux. Leur amitié va être mise à rude épreuve.

     

    Sylvain Prudhomme que l’on avait découvert et aimé à la parution des Grands en 2014 (Prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers) nous revient avec une véritable légende arlésienne car Fabien et Christian, sous d’autres noms, ont réellement existé. On retrouve avec délices cette écriture d’une rare élégance sachant jouer aussi bien de sensualité que d’entêtement afin de fouiller le passer d’une relation fraternelle, d’une époque et d’un lieu par petites touches. De petites bulles remontent à la surface comme autant de souvenirs. Eclatant elles peuvent faire le bien tout autant que le mal.