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Librairie Les Cordeliers - Page 3

  • Sylvain Prudhomme et Fayçal Salhi pour une lecture musicale à la librairie !

    Rencontre avec

    Sylvain Prudhomme

    (prix des cordeliers 2014 pour son roman Les grands)

    à l'occasion de la parution de son nouveau roman, Légende.

    Vendredi 30 septembre

    dédicaces de 18 à 19h / discussion à partir de 19h

    prudhomme, sylvain, légende, arles, plaine, crau, arbalète, gallimard, rencontre, dédicace

    Cette rencontre sera suivie d'une lecture musicale de Sylvain Prudhomme accompagné à l'oud par Fayçal Salhi, de son roman précédent Là, avait dit Bahi.

    prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicale

    Entrée libre et gratuite.

     

    prudhomme, sylvain, légende, arles, plaine, crau, arbalète, gallimard, rencontre, dédicaceLégende

    Sylvain prudhomme

     éd. L'arbalète / Gallimard 20€

    A Arles, vivent deux amis. Nel, le photographe amoureux du paysage voisin de la plaine de la Crau à laquelle il rend hommage en réalisant de magnifiques panoramiques, et Matt, l’anglais arrivé en Provence il y a quelques années à peine et qui, en entrepreneur né, s’est lancé avec succès dans la vente et l’installation de toilettes sèches.

    Nel est l’enfant du pays. Petit fils de berger arpentant les pâturages de La Crau depuis la nuit des temps, il est porteur d’un lien mémoriel avec ce paysage même s’il ne le traverse plus désormais au cul des moutons mais derrière le volant d’un camion élévateur, se servant de la nacelle afin de trouver les meilleurs angles de vue pour son travail. Matt, lui, l’infatigable touche à tout, réalise à ses heures perdues des documentaires pour son propre plaisir. Et quand il découvre à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes l’existence de la Chou, un ancien repaire festif de gardians devenu avec les années le lieu incontournable des soirées arlésiennes et même au-delà, il décide avec la passion qui le caractérise d’en raconter l’histoire en recueillant ici et là, témoignages et documents. Ce qui l’intéresse c’est l’esprit de la Chou, cette innocence festive des débuts qui traversera les années 70 et 80 sans perdre trop de son âme avant de devenir plus tard, une usine à fête assez banale. Gloire et déclin d’un lieu. Reste la légende.

    C’est en enquêtant sur cette boite de nuit qu’il apprend l’existence de Fabien et de Christian. Deux frères, désormais disparus, qui ont fréquenté cette boite à cette période. Deux témoins de ces années d’insouciance pour qui la vie devait paraître légère, mais aussi deux frères que tout opposait. Fabien, aérien, dandy magnifique et provocateur. Christian, bagarreur, renfrogné et toxicomane. Apprenant que ces deux hommes étaient les cousins de son ami, et que, fait crau, plaineextraordinaire, ils sont morts tous deux le même jour à 10 000 kilomètres de distance, Matt se lance avec une rage passionnée dans la construction de son documentaire. Avec passion, mais aussi beaucoup de violence pour Nel qui accepte difficilement de voir remonter à la surface tout ce passé familial douloureux. Leur amitié va être mise à rude épreuve.

     

    Sylvain Prudhomme que l’on avait découvert et aimé à la parution des Grands en 2014 (Prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers) nous revient avec une véritable légende arlésienne car Fabien et Christian, sous d’autres noms, ont réellement existé. On retrouve avec délices cette écriture d’une rare élégance sachant jouer aussi bien de sensualité que d’entêtement afin de fouiller le passer d’une relation fraternelle, d’une époque et d’un lieu par petites touches. De petites bulles remontent à la surface comme autant de souvenirs. Eclatant elles peuvent faire le bien tout autant que le mal.


    prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicaleLà, avait dit Bahi

    de Sylvain Prudhomme

    éd. l'Arbalète Gallimard    19,50€

    Un homme, par trois fois et sans jamais le savoir, va échapper à la mort ! Et c'est Bahi qui raconte cette histoire algérienne du temps de l'occupation française.

    Cet homme, c'est Malusci, propriétaire terrien et agriculteur dur à la tache qui tient d'une main de fer la poignée d'algériens qui travaille sous ses ordres. Parmi eux, Bahi, le plus jeune, que Malusci considère un peu comme son fils au point de lui apprendre non sans bravade l'essentiel de la vie, la mécanique agricole et comment s'y prendre avec les femmes. Il a une telle confiance en lui qu'il lui confie même certains soirs le soin de ranger l'arme à feu qui l'accompagne toute la journée comme, petit à petit, la menace fellaga se fait de plus en plus pressante.

    L'Histoire pourtant - la fin de l'empire colonial français - finira par avoir raison de cette relation entre Bahi et Melusci et c'est le petit fils de ce dernier qui, à plus de cinquante années de distance, se charge de nous en faire le récit. Les deux hommes ne se sont plus jamais revus depuis l'Indépendance. Ils sont devenus de vieux messieurs chacun de son côté de la Méditerranée mais les souvenirs sont là. Intacts. Ceux de Bahi surtout qui tient absolument à dire comment un homme, Malusci, a pu échapper par trois fois à la mort alors qu'il était absolument impossible qu'advienne ce qui est advenu ! 

    Là, avait dit Bahi est un texte d'une très grande qualité littéraire, à la fois très écrit et très parlé, laissant une vraie place aux voix des protagonistes de cette histoire tout en maitrisant parfaitement la mélodie de leurs souvenirs. Sylvain Prudhomme ne pose pas du tout de regard moralisateur ou accusateur sur les événements de cette époque. Il se tient à bonne distance des polémiques en s'appliquant avec un talent qui laisse sans voix à raconter simplement une histoire qui a eu lieu. Elle met en scène deux hommes que leurs papiers d'identité plaçaient en des camps ennemis. Ils se sont aimés comme un père peut aimer son fils, un fils son père. Et l'un d'eux, chose à peine croyable, a échappé par trois fois à la mort et n'en a jamais rien su...

    Après Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari et Des hommes de Laurent Mauvignier, Sylvain Prudhomme s'empare d'une période de l'Histoire de France trop longtemps oubliée, pour en faire un morceau de littérature saisissant !

     

  • 33 révolutions sur un vieux disque rayé

     004142869.jpg33 révolutions

    Canek Sanchez Guevara

    (trad. Espagnol (Cuba) René Solis)

    Éd. Métailié 9€

     

    Premier et unique roman écrit par le petit-fils du Che, 33 révolutions est la lecture qui, en cette rentrée littéraire, m'aura surpris au-delà de mes attentes ! 

     

    C'est le temps d'un trajet et d'un café avant d'aller au boulot. On se prend à suivre les errances d'un trentenaire désœuvré traînant son spleen dans le Cuba de l'après révolution. La révolution, qu'est-elle au juste ? Un gros géant à la Pavarotti avec un enthousiasme grand comme l'univers mais devenu, au fil du temps, un homme maigre, anodin et sans charisme. De cette histoire fragmentée, on tire une photographie noire et blanc d'un petit pays qui tourne depuis longtemps comme un vieux disque rayé. Rhum, salsa, tabac, avec un p'tit détour chez la Russe du neuvième étage. Moments de splendeur, fumée de cigarette qui se dissipe en montant jusqu'au plafond, se mélangeant au parfum de la sueur, du sexe et des tropiques. Puis l'air de la ville se raréfie, chaleur criminelle et notre regard s'arrête sur des gens qui somnolent et les immeubles qui fondent comme dans une toile de Dali, raconte le cubain.

     

    Entre désenchantement et espoir, Canek Sanchez Guevara écrit avec une langue pénétrante et hypnotique un puissant chant de liberté ! 33 révolutions à hauteur d'homme avec pour horizon la mer, lointaine, l’écho d'un 33 tours et la promesse d'une autre vie...

     

     Après cela, je quitte le café, l'air placide et l'esprit ailleurs.

     

     

    Allan

  • Une parenthèse nécessaire.

     

    maures, berlandis, stock, maures

    Maures 

    Sébastien Berlendis

    éd. Stock     14€

    Maures est une parenthèse nécessaire.

    A la manière de ses deux précédents textes « Une dernière fois la nuit » et « L’autre pays », tous deux parus dans la précieuse collection La foret des éditions Stock, Sébastien Berlendis nous propose en toute légèreté de l’accompagner dans la foule d’images qui l’anime.

    Avec Maures, tout juste paru, il nous met dans la confidence et nous offre une part intime de lui-même à l’époque où l’on perd, sans le savoir, ce que l’on va chercher le restant de sa vie. Cette insouciance. ..

    Autant de fragments d’étés passés depuis toujours au bord de l’eau dans le massif des Maures. Autant de souvenirs fondateurs, l’évidence des couchers de soleil et du sable qui s’accroche à la peau, la peau des filles, leurs cheveux et les heures qui passent dans le vent chaud, sans que l’on s’en aperçoive, discrètes comme les vagues. Nous voilà alors les témoins de cette fabrique du temps nécessaire à la compréhension de qui nous sommes. Un espace fragile sous la menace perpétuelle de la fatalité qui rôde, comme rôdent autour de ce lieu enchanteur, les incendies et les inondations.

    Au fil de ce parcours dans les méandres de la mémoire, le camping, lieu de toutes les caricatures, devient peu à peu un support poétique ! « La parenthèse enchantée » d’une famille, d’un grand-père et d’un petit fils soudés par le sel, la résine et la complicité. Un grand-père aujourd’hui disparu.

    Les temps se mélangent. Présent et passé ne font plus qu’un et l’on se surprend en train de feuilleter un album de famille en se demandant pourquoi nous sommes en train de le faire. Va savoir.

    Maures a la puissance de ces textes évocateurs, ceux qui nous parlent sans rien dire, tout en sincérité, poésie et romantisme.

    rencontre avec Sébastien Berlendis

    vendredi 23 septembre

    dédicace de 18 à 19h / rencontre autour de son roman à partir de 19h

     

  • Pas déçu du voyage !

    descente à valdez,allia,harry crews,playboy,alaska,caribou,oléoducDescente à Valdez

    de Harry Crews

    Editions Allia 7.50€

     

    La fin d'une époque, les conditions du vrai. C'est dans cette collection des éditions Allia que vient de paraître en librairie "Descente à Valdez".

     

    Il s'agit là d'une espèce de reportage redneck qu'Harry Crews publie pour le compte du magazine playboy en février 1975, peu avant la construction du très controversé oléoduc trans-Alaska.

     

    Il y posera ses valises moins de deux semaines durant, ce qu'il lui faudra de temps pour dépeindre avec une douce ironie, mâtinée d'indignation bilieuse, une part de cette contrée dure et froide située à l’extrême opposé des 48 d'en bas - entendez tous les autres états d'Amérique.

     

    Une belle petite fresque sociale si vous voulez mon avis, bien rocambolesque ! Ça commence mal dès le départ. Crews se heurte à l'antipathie affichée des autochtones, aux conflits d'intérêts entre les caribous et les constructeurs de l'oléoduc et à la danse two step. Comme bien souvent, la bière se charge du reste et passés les premiers coups de froid, les langues se délient. C'est la foire aux personnages grotesques. On n'est pas à l’abri d'une mauvaise surprise ni d'une vilaine gueule de bois.

     

    Tout le monde a l'impression de se faire enfler dans l'histoire. Et l'histoire le confirmera en 1989, quand le pétrolier Exxon Valdez viendra mourir sur les cotes de l'Alaska, déversant ses 40 000 tonnes de pétrole brut. Terminus, tout le monde descend !

     

    Allan

  • Les Cordeliers ne tiennent pas en place !

    Actualité de la librairie des Cordeliers

    La rentrée de la librairie des Cordeliers s'annonce chargée. Littérature, polar, bande dessinée, documents historiques... Il y en aura pour tous les goûts. Alors à vos agendas !

    Et à très bientôt.

     

    Samedi 17 septembre

    fillioud, patrick, lemieux, roman, vrai, mai, 68Patrick Fillioud

    viendra dédicacer son nouveau livre de 15 à 18h

    Le roman vrai de mai 68 (éd. Lemieux éditeur)

    plus d'infos ici

     

     

    Vendredi 23 septembre

    maures, berlandis, stockSébastien Berlandis

    viendra présenter et dédicacer son nouveau roman

    Maures (éd. Stock)

    dédicace de 18h à 19h / rencontre à partir de 19h

    plus d'infos ici

     

     

    Jeudi 29 septembre à 18h30

    Que lire en cette rentrée littéraire ?

    Soirée Rentrée Littéraire à la Médiathèque Simone de Beauvoir.

    Avec la participation des bibliothécaires des Médiathèques de Romans et des libraires de la librairie des Cordeliers et de la Manufacture.

    plus d'infos ici

    Vendredi 30 septembre

    légende, prudhomme, sylvain, arles, roux, lionel, plaine, crau, chouSylvain Prudhomme

    (Prix des Cordeliers 2015 pour son roman Les grands)

    viendra dédicacer et présenter son nouveau roman

    Légende (éd. Gallimard / l'Arbalète)

    dédicace de 18h à 19h / rencontre à partir de 19h

    A cette occasion, Sylvain Prudhomme nous proposera une lecture musicale de son roman précédent Là, avait dit Bahi accompagné à l'oud par Faycal Salhi.

    plus d'infos ici

     

    Jeudi 6 octobre

    dror, mishani, doutes, avraham, seuil, policierDror Mishani

    L'auteur israélien de romans policiers viendra présenter son nouveau roman

    Les doutes d'Avhram (éd. Seuil)

    dédicace de 18h à 19h / rencontre à partir de 19h

    plus d'infos ici

     

    Samedi 8 octobre

    chesneau, dame, vinay, sauvageonJean Sauvageon, Jacky Vinay, Danielle Bertrand

    présentation dédicace du livre

    Germaine Chesneau, une grande dame (éd. ANACR)

    de 16h à 19h

     

    Nuit du jeudi 13 au vendredi 14 octobre

    harry, potter, enfant, maudit, nuit, gallimardGrande nuit Harry Potter

    à l'occasion de la parution du volume 8 de la série

    Harry Potter et l'enfant maudit

    mise en vente du livre à minuit !

    (plus d'infos sur le contenu de la soirée, à venir)

     

    Samedi 15 octobre

    liano, leonora, grasset, crépuscule, tourment, rencontreLeonora Miano

    La médiathèque Simone de Beauvoir accueille la romancière à l'occasion de la parution de son livre

    Le crépuscule du tourment (éd. Grasset)

    (horaires à préciser ultérieurement)

    plus d'infos ici

     

    vendredi 21 octobre

    burniat, amthieu, monde, quantique, mystère, dargaud, bd, bande, dessinéeMathieu Burniat

    dédicace et rencontre autour de sa BD

    Le mystère du monde quantique (éd. Dargaud)

    dédicace à partir de 16h / rencontre à 19h

    Mathieu Burniat présentera aussi à cette occasion sa toute nouvelle publication, une BD culinaire : Les illustres de la table)

    plus d'infos ici

     

    samedi 19 novembre

    vinson, sigolène, cailloux, tripodeSigolène Vinson

    (Prix des Cordeliers 2016 pour son roman Le Cailloux)

    dédicacera son livre de 10h30 à 12h à la librairie des Cordeliers

    rencontre autour de Le Cailloux à la Médiathèque La passerelle de Bourg-les-Valence à partir de 15h

    plus d'infos ici

     

  • Mai 1962, Choctaw, Alabama

    sur les hauteurs du motn crève coeur,thomas h cook,seuil,polar,alabamaSur les hauteurs du mont Crève-Cœur

    Thomas H. Cook

    Editions Seuil Policiers 21,5€

     

    Le dernier Thomas H. Cook confirme ce que l’on savait déjà. L’auteur maîtrise l’écriture du flashback à la perfection ! Qu’est-ce qui fait qu’on en sort encore ébloui ? L’écriture, toujours l’écriture.

     

    L’intrigue se déroule dans la petite communauté blanche et conservatrice de Choctaw, en Alabama. Tout remonte à l’été 1962 et nous ramène au corps sans vie de la jeune Kelli, retrouvée sur les hauteurs du Mont Crève-Cœur, seule, dans les profondeurs de ces bois, au prise avec une histoire qui semble s'être répété...

     

    30 ans après, l’énigme est entière et entoure encore de son voile noir l’agression de cette jeune beauté venue de Baltimore. Hanté par la voix et le visage de celle dont il était tombé éperdument amoureux, Ben, devenu médecin de campagne, raconte l'histoire la plus tragique de son existence. Celle que toute sa vie, il s’est évertué à garder au plus profond de son âme…

     

    Ce qu’il y a de surprenant avec les lyriques, c’est qu’on ne se doute jamais des formes que prendront leur imagination et leurs inspirations. Peu d’auteurs sont de cette trempe là. Mais reconnaissons le, Cook écrit des romans noirs comme on écrirait une poésie troublante, mélancolique et obsédante.

     

    Le vieux démon de la ségrégation plane sur ce lieu chargé de souvenirs et de mystères. Il progresse à pas feutrés, lentement, insidieusement, révélant peu à peu un récit tourmenté au charme ensorcelant et une chute à la hauteur d'une tragédie shakespearienne transposée dans le sud profond de l'Amérique.

     

    Reste une oeuvre noire marquante, impérissable.

     

    Allan

     

     

     

     

  • Sylvain Prudhomme revient !

    Soirée (littéraire et musicale)

    avec

    Sylvain Prudhomme

    téléchargement.jpg

    autour de son nouveau roman

    Légende

    vendredi 30 septembre

    dédicace de 18 à 19h

    rencontre après 19h

     

    La rencontre autour de Légende sera suivie d'une lecture musicale du premier roman de Sylvain Là, avait dit Bahi accompagnée par à l'oud par Fayçal Salhi.

    faycal, salhi, oud

    Ecouter Fayçal Salhi : https://www.youtube.com/watch?v=RbP_gyrSSlE

     

    prudhomme, sylvain, légende, arles, crauLégende

    Sylvain prudhomme

     

    A Arles, vivent deux amis. Nel, le photographe amoureux du paysage voisin de la plaine de la Crau à laquelle il rend hommage en réalisant de magnifiques panoramiques, et Matt, l’anglais arrivé en Provence il y a quelques années à peine et qui, en entrepreneur né, s’est lancé avec succès dans la vente et l’installation de toilettes sèches.

    Nel est l’enfant du pays. Petit fils de berger arpentant les pâturages de La Crau depuis la nuit des temps, il est porteur d’un lien mémoriel avec ce paysage même s’il ne le traverse plus désormais au cul des moutons mais derrière le volant d’un camion élévateur, se servant de la nacelle afin de trouver les meilleurs angles de vue pour son travail. Matt, lui, l’infatigable touche à tout, réalise à ses heures perdues des documentaires pour son propre plaisir. Et quand il découvre à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes l’existence de la Chou, un ancien repaire festif de gardians devenu avec les années le lieu incontournable des soirées arlésiennes et même au-delà, il décide avec la passion qui le caractérise d’en raconter l’histoire en recueillant ici et là, témoignages et documents. Ce qui l’intéresse c’est l’esprit de la Chou, cette innocence festive des débuts qui traversera les années 70 et 80 sans perdre trop de son âme avant de devenir plus tard, une usine à fête assez banale. Gloire et déclin d’un lieu. Reste la légende.

    C’est en enquêtant sur cette boite de nuit qu’il apprend l’existence de Fabien et de Christian. Deux frères, désormais disparus, qui ont fréquenté cette boite à cette période. Deux témoins de ces années d’insouciance pour qui la vie devait paraître légère, mais aussi deux frères que tout opposait. Fabien, aérien, dandy magnifique et provocateur. Christian, bagarreur, renfrogné et toxicomane. Apprenant que ces deux hommes étaient les cousins de son ami, et que, fait crau, plaineextraordinaire, ils sont morts tous deux le même jour à 10 000 kilomètres de distance, Matt se lance avec une rage passionnée dans la construction de son documentaire. Avec passion, mais aussi beaucoup de violence pour Nel qui accepte difficilement de voir remonter à la surface tout ce passé familial douloureux. Leur amitié va être mise à rude épreuve.

     

    Sylvain Prudhomme que l’on avait découvert et aimé à la parution des Grands en 2014 (Prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers) nous revient avec une véritable légende arlésienne car Fabien et Christian, sous d’autres noms, ont réellement existé. On retrouve avec délices cette écriture d’une rare élégance sachant jouer aussi bien de sensualité que d’entêtement afin de fouiller le passer d’une relation fraternelle, d’une époque et d’un lieu par petites touches. De petites bulles remontent à la surface comme autant de souvenirs. Eclatant elles peuvent faire le bien tout autant que le mal.

  • Et deux grandes lectures pour commencer cette rentrée littéraire !

    mauviginier, continuer, minuitContinuer

    Laurent Mauvignier

    éd. de Minuit 17€

    Parce que Samuel, son adolescent de fils, part à la dérive entre violence de bande et questionnements identitaires, Sybille entreprend avec lui un périple de 3 mois à travers le Kirghizistan sans vraiment lui laisser le choix. Ce n’est pas une très grande voyageuse mais elle parle le russe et dans cette ancienne république soviétique, elle saura se faire comprendre. Elle fait surtout le pari que  cette « excursion » à dos de cheval (l’un des derniers centres d’intérêt reconnus par son fils) saura les rapprocher. Le vent, le silence, les rencontres feront tout naturellement renaître la parole et la compréhension entre eux deux, loin de la vie citadine et d’un travail épuisant au centre hospitalier. Ce sera aussi une façon de montrer à Benoît, le père de Samuel dont elle s’est séparée il y a quelques années, qu’elle sait "faire face" loin des ricanements qu’il lui jette au visage à chacune de leurs rencontres.

    Continuer raconte ce trajet parsemé d’embûches, de bonnes et moins bonnes rencontres, et de flashs back qui nous éclairent sur la vie de cette femme qui hésitait il y a 20 ans à peine, avant un quotidien de fatigue, entre une carrière d’écrivaine et de chirurgienne. Petit à petit, le regard de Samuel sur celle qui n’était jusqu’ici que sa mère va changer. Il va se charger de passé et de profondeur, le jeune homme prenant conscience que derrière cette mère, il y a une femme. Douce façon pour Laurent Mauvignier de montrer un enfant devenant homme à travers la perception bouleversée qu’un fils porte sur celle qui n’a jamais cessé d’être là pour lui, au point de finir par ne plus la voir.

    Cette histoire finira-t-elle bien ? On le pense très longtemps. Presque jusqu’à la fin de ce livre dont le décor surprendra les lecteurs les plus fidèles de l’auteur de Des hommes. On ne attendait pas Mauvignier les pieds dans la boue à ce point, et pourtant nous voici en plein Nature wrinting à la française, perdus au milieu de nulle part dans un paysage tour à tour magnifique et inquiétant. Ce texte rappellera le Sukkwan Island de David Vann avec toutefois un ancrage contemporain beaucoup plus évident, en témoignent les échos douloureux aux attentats parisiens de ces derniers mois.

    Retrouver Mauvignier avec un livre pareil est une vraie joie de lecteur que je vous invite à partager !

    mabel, autours, macdonald, helen, fleuve, noirM pour Mabel

    Helen Macdonald

    trad. de l'anglais par Marie-Anne de Béru

    éd. Fleuve noir 19.90€

    Indéfinissable pour notre plus grand bonheur, M pour Mabel raconte le voyage dans le monde de la fauconnerie et - au-delà - de la sauvagerie animale, qu’Helen Macdonald va entreprendre à la mort de son père. Terrassée de douleur, elle qui depuis toute petite se passionne pour les rapaces et la littérature qui va avec, décide alors d’acheter un autour, une merveille de volatile réputé pour la brutalité de ses attaques. Manière aussi de rester en lien avec cepère trop subitement disparu, car la légende veut que ces oiseaux là établissent un pont entre le monde des vivants et celui des morts.

    Le livre raconte cet apprentissage, et le retour à la vie après l’épreuve du deuil. Mais il est bien plus riche encore. Il est un éloge de la patience, un hommage à l’écrivain T.H. White, auteur oublié de L'épée ans la pierre (1938) dont Walt Disney tirera Merlin l'enchanteur et lui aussi amoureux fou des rapaces. Réflexion sur l’imaginaire médiéval dans l’Angleterre d'aujourd’hui, sur la violence des hommes et celle des animaux ce grand livre est pourtant une livre qui observe, comprend et apaise.

    Je n’avais jamais rien lu quoique ce soit de semblable ! Moi qui n'aime ni les livres de deuil, ni les rapaces, j'ai DE-VO-RE Mpour Mabel !

  • Le guide de l'homme invisible

    couv-contorsionniste-prov-RVB.jpgLE MANUEL DU CONTORSIONNISTE ou LE GUIDE DE L'HOMME INVISIBLE ou FAUSSAIRE : MODE D'EMPLOI

    (les titres sont aussi changeants que les identités du personnage principal)

     

    Craig Clevenger

    éd. Le nouvel Attila 20€

     

    Daniel Fletcher peut compter ses overdoses sur les doigts d'une main. Et de doigts de la main, il en a six¹. Ce qui fait une overdose de trop ! Celle qui vous cloue violemment à un lit d’hôpital en vous faisant passer d'individu lambda à celui de victime d'une IMV², type très suspect et prochain candidat à l'asile des fous. Sauf que la dernière fois, Daniel Fletcher s'appelait Christopher Thorne et que la fois d'avant, il s'agissait d'un dénommé Eric Bishop...

     

    Dans le collimateur de la police, des hôpitaux et de la mafia, Daniel est pris dans une fuite en avant. Changer de noms, de papiers, de souvenirs. Fabriquer quantité de preuves et d'identités. Devenir invisible. Et chercher les raisons obscures qui ont fait de nous le meilleur faussaire, « à quatre pattes sur le plancher de notre mémoire »...

     

     

    Allez savoir ce qui ne tourne pas rond dans la tête d'un génie à la Tyler Durden (dixit Fight Club). Rendons-nous à l'évidence. Le contorsionniste est une anomalie dans le système. Le contorsionniste est une équation à X inconnues. Le contorsionniste est une dégénérescence ! C'est le guide de l'homme invisible. C'est notre intégrité mentale mise à mal ! C'est notre corps en boule qui réclame à grands cris ! « Une autre page, il me faut une autre page ! »

     

    Une drogue fantastique et foutument tordue ! A lire d'une traite pour bien viser le rush !

     

     

    SORTIE PRÉVUE POUR SEPTEMBRE 2016

     

     

    Allan

     

    ¹ Notre héros est polydactyle

    ² Intoxication Médicamenteuse Volontaire

     

  • Une moisson de classiques ! [POLAR]

    Les classiques, nos vieux. Ceux qui n'ont plus rien à prouver et sur lesquels le temps n'a pas de prise. Ceux là qui se font discrets sur l'étagère de la bibliothèque mais qui ne trompent pas un œil averti. Ceux qui comme les murs étaient là avant et seront là après.

    Tu y reviens comme à la maison parce que l'appel du cœur oblige. Ils sont tes points de repère, tes prises de conscience et tes révélations. C'est pourquoi il te faut les lire pour après cela, ne plus jamais les oublier.

     

    Alors, c'est des classiques qu'il te faut ? J'en ai sous le coude ! De la valeur sûre ! Des qui te ficheront le cœur en l'air ! Des qui te fileront des états d'âme pas croyables ! Te feront vibrer le palpitant, mettront tes nerfs en vrille ou te redonneront une seconde jeunesse ! Des polars que tu ne seras pas prêt d'enterrer ! Des noirs et bien corsés, pas coupés au lactose !

     

    Voici une moisson de classiques !

     

     

    polar,roman noir,le dahlia noir,sylvia,moisson rouge,tirez sur le pianiste,la position du tireur couché,on achève bien les chevaux,une poire pour la soif,l'assassin qui est en moi,adios schéhérazade,le facteur sonne toujours deux foisLe facteur sonne toujours deux fois

    de James M. Cain

     

    Mémorable crime story transformée en histoire d'amour passionnelle et foutrement échevelée, Le facteur sonne toujours deux fois est un de ces polars qui vous coupent net la chique ! Une endiablade entre deux amants dans une Californie plus prosaïque que jamais ! In-dé-mo-dable !

     

     

     

     

     

     

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    de Horace Mac Coy

     

    Vous avez de grandes chances d'avoir vu ou au moins entendu parlé un jour du film de Sydney Pollack avec Jane Fonda dans le rôle de Gloria. Derrière ce film se cache un roman noir immense ! Tout un symbole sur l'absurdité de la condition humaine et ce que l'Amérique a connu de pire et de meilleur. Vous en dire plus serait un crime !

     

     

     

     

     

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    de Donald Weslake

     

    C'est l'Histoire hilarante et tragique d'un auteur de pornos à la chaîne, frappé par une crise de créativité. Racontez-le comme ça à vos amis, je vous jure, ça fait son petit effet. Pseudo-polar par excellence, Adios Schéhérazade est une espèce de remède naturel contre la morosité ! Jouissif à un point, vous n'avez pas idée !

     

     

     

     

     

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    de Jim Thompson

     

    Être shérif dans un roman de Jim Thompson c'est :

     

    - mentir comme un arracheur de dents 
    - tuer avec un naturel déconcertant 
    - et compter sur sa bonne étoile 
    - le tout, avec la main sur le cœur !

     

    C'est beau. Et quelque peu effrayant !

     

     

     

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    de James Ellroy

     

    Sombre, Malsaine, obsédante, mélancolique... Le Dahlia Noir est la pièce maîtresse de l’œuvre de James Ellroy. Un polar culte, magistral, dévastateur. Un de ceux qui marquent durablement les cœurs et les esprits !

     

     

     

     

     

     

     

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    de Howard Fast

     

    Alan Macklin est l'archétype du détective privé ! Le bonhomme triste et guignard, vous le situez ? Howard Fast donne pourtant à son personnage l'occasion de rebattre les cartes. Une belle somme d'argent et une femme qu'on ne rencontre qu'une seule fois dans sa vie. L'intouchable et fantasmatique Sylvia. Fatalement, on tombe amoureux.

     

     

     

     

     

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    de Dashiell Hammett

     

    Il a donné ses lettres de noblesse au mauvais genre. Le roman noir lui en doit une belle ! Moisson rouge est son classique ! J'ai nommé : Dashiell Hammett ! Inventeur de la Hard-boiled School (traduisez, l'école des durs à cuire), Hammett nous gratifie, avec Moisson Rouge, d'un anti-héros « Badass » et d'un polar à vous flanquer un bon coup de fouet !

     

     

     

     

     

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    de David Goodis

     

    Il émane de ce roman noir une sorte d'aura romantique. L'alcool n'est pas très loin sur le piano bar et les vieux démons guettent un pauv' pianiste qui ne demandait pourtant rien à personne. Hélas Ed, on ne se cache pas éternellement derrière des mélodies...

     

     

     

     

     

     

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    de Jean-Patrick Manchette

     

    Incontournable Manchette, coup de pied balayette, on se relève avec l'envie d'en lire un autre ! Plus brutal, plus dopé, plus cogneur ! Manchette trouve le ton parfait des grands polars américains dans des mondes en crise, perpétuellement en proie à la violence !

     

     

     

     

     

     

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    de James Ross

     

    James Ross est l'auteur d'un livre, un seul. Chef d’œuvre maudit. Auteur trop méconnu. Roman noir de la grande dépression, Une poire pour la soif existe pour nous convaincre que dans un univers de violence, de luxure et de cupidité, tous les coups sont permis. Sans exceptions. Ce qui rend la chose assez fascinante !

     

     

     

     

     

    Allan