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Polars - Page 2

  • Méfie-toi de l’eau qui dort

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    Au lac des bois de Tim O'Brien

    Ed. Gallmeister, traduit de l'anglais (U.S.) par Rémy Lambrechts

     

    John Wade ne s’était pas méfié. Un échec politique retentissant aux sénatoriales et le trouble s'immisce dans le reflet d'un homme populaire qu'on disait "un type bien" sous tous rapports. Une erreur de calcul. Un mauvais tour de prestidigitateur. Le passé de "sorcier" resurgit, le double moins idéal que John avait pris soin de faire disparaître de sa mémoire.

    Retirés à la lisière des forêts du nord du Minnesota, au bord du lac des bois, John et sa femme Kathy tentent de sauver ce qui peut encore l'être. Las, la solitude a envahi le couple et l'environnement qui les entoure n'est qu'un rappel douloureux du vide de leur existence. Alors que les cauchemars et les comportements de John font une brusque incursion dans l'enfer du Vietnam, un matin, Kathy n'est plus là...

    S'est-elle perdue en se promenant sur le lac ? A-t-elle fuit ou sombré ? noyade ? enlèvement ? meurtre ? Hypothèses, témoignages et pistes irrationnelles conduisent l'enquête vers les méandres du passé de John. Que souhaitait-il cacher aux yeux de tous ? Éprouve t-il des remords ? Et a-t-il seulement la réponse à toutes ces questions ?

    Dans cette énigme envoûtante, les fantômes du présent et du passé s'entremêlent, filent sur un cours mélancolique tandis que remonte à la surface de l'eau, la tragédie de My Lai et les secrets d'un homme et d'une femme éperdus d'amour. 

    Un roman noir d'une profondeur indicible.  

  • Petit meurtre en Toscane.

    briscola,cinq,marco,malvaldi,policier,polar,Une briscola à cinq de Marco Malvaldi

    éd. 10/18 Cristian Bourgois    6.60 €

    Quand la police, représentée par « l’illustrissime commissaire Fusco », homme prétentieux, arrogant, susceptible, obstiné et vaniteux, pense avoir rapidement bouclé l’enquête du meurtre de cette jeune demoiselle aux mœurs délurées dont le corps a été retrouvé dans une poubelle  au petit matin au sortir d’une boite de nuit, c’est au tour de Massimo et de ses amis de prendre les affaires en main afin d’éclaircir précisément le fond de cette histoire.

    Massimo, c’est le patron lettré du bar à côté duquel le cadavre a été découvert. C’est pas qu’il aime fourrer ses son nez dans les problèmes des autres, non, il est même plutôt du genre paisible dans son établissement à deux pas des plages toscanes, pas très loin de Livourne, mais bon ! y a quelque chose qui colle pas dans cette affaire… Des questions restent en suspens, non réglées et Massimo il peut pas s’empêcher d’y penser tout haut avec ses copains attablés un peu plus loin, cartes en mains prêts à se lancer dans une énième partie de briscola tout en devisant du temps qu’il fait et en éventant les ragots qu’ils ont eux-mêmes découvert au fond de leur verre… Car il les aime bien ces papys là (et oui, au fait, les amis en question ont tous près de 80 ans) et même s’il se prend souvent le bec avec eux, il y a toujours du bon à piocher dans leurs bavardages livrés à la brise étouffante.

    La brisola à cinq est donc le petit polar idéal pour bien commencer l’été ! Une vraie enquête, des répliques d’une drôlerie imparable et des nanas toutes mieux gaulées les unes que les autres… Allez vous aussi faire un tour du côté du BarLume, et si vous évitez de demander au patron un café en plein milieu d’après-midi alors qu’il fait déjà je ne sais pas combien de degrés à l’ombre du bar, vous risquez de passer un sacrément bon moment ! Et peut-être même que vous allez vous faire de nouveaux amis avec des cannes.

    Premier opus de la série des retraités au BarLume, ces polars de Marco Malvaldo ont connu un succès critique et commercial retentissant en Italie !

  • Ce que j'appelle un P***** de ROMAN NOIR !

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    De bons voisins de Ryan David Jahn

    Actes Sud       21€

    New York, le 13 mars 1964. A quatre heures du matin, après son service, une jeune femme rentre chez elle. En bas de son immeuble, tapi dans la pénombre, un homme armé l'attend. Elle va recevoir un nombre incroyable de coups de couteau, appeller au secours en vain et agonir près de trois longues heures dans une mare de sang sans que personne ne vienne l'aider. Pourtant ils seront près d'une quarantaine derrière leurs fenêtres à assister à la scène effroyable, convaincus qu'un autre parmi eux aura déjà appelé la police... Comment ce drame, qui à bouleversé l'Amérique, a-t-il été possible ? C'est la question que se pose Ryan David Jonathan dans ce premier roman d'une noirceur incroyable. Entrecroisant les existences fragiles d'hommes et de femmes suffisamment occupés par leurs propres problèmes avec la narration minutieuse du calvaire de la jeune victime, il brosse le portrait d'une ville la nuit, où règnent violence, corruption, pédophilie et racisme. Une Amérique en guerre au Viet Nam qui s'oublie et s'enfonce dans une fange cérébrale où se noie le quotidien. Restent quelques personnages magnifiques : un fils prisonnier de l'amour qu'il porte à sa mère gravement handicapée, un homme qui découvre son homosexualité en compagnie d'un collègue de travail, un couple qui se dispute après une soirée échangiste... La vie ne manque décidémment pas de distractions qui vous feraient oublier qu'à quelques marches de là, en bas de votre immeuble, votre jeune et jolie voisine rampe dans son sang depuis de longues minutes déjà, espérant atteindre la porte de son appartement avant que son agresseur ne vienne terminer un travail suspendu. Coitus interruptus...

    Voilà un roman noir magistral ! Une perle à ne pas rater ! Quelque chose entre Short Cuts, le film de Robert Altman, pour la construction et Hubert Selby Jr ou Truman Capote pour le talent de plume. 


  • Vague noire

    Tijuana Straits de Kem Numm

    éd. Sonatine 21€

    Tijuana Straits, frontière de la Californie et du Mexique. Sam Fahey, ancien taulard mais aussi surfer à lasonatine, kem, nunn, tijuna, straits renommée quasi mystique, mène une vie d’ermite, plus soucieux de sa ferme vermicole que de ses congénères… pourtant il n’hésite pas un jour à sauver Magdalena, une jeune mexicaine qui échoue miraculeusement sur une plage après avoir échappé à la fois aux courants violents (dont peu de clandestins ressortent vivants) et aux tueurs lancés à ses trousses.

    Jeune juriste cherchant à dénoncer les activités des trusts américains basés au Mexique, qui balancent à tout va des produits chimiques qui polluent les océans et tuent les ouvriers mexicains, Magdalena va sortir Fahey de sa torpeur médicamenteuse et éthylique. Lui qui n’arrive pas à dormir la lumière éteinte, va devoir affronter des tueurs parmi les plus cruels et cinglés qui soient.

    Ce roman est un curieux mélange. A la fois hommage au surf, à la beauté et à la sauvagerie de l’océan, véritable  ode à une nature pourtant ravagée par la noirceur humaine, Tijuana Straits est aussi un univers sombre où les injustices et les inégalité sont criantes, où les hommes perdent le peu de raison qu’il leur reste à grands renforts de drogues et de solitude.

     

  • Deux polars terribles !

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    Les leçons du mal de Thomas H. Cook

    éd. du Seuil 21.50€

     Lakeland, Mississipi, années 50.  Fils de bonne famille, Jack Branch est professeur dans le lycée même où son père enseignait avant lui. Passionné par son métier, il essaie d’inculquer son sens de la justice à des élèves au niveau plus que moyen dans un cour sur le Mal et ses représentations à travers l'art et l'histoire. Parce qu’il a attiré par mégarde l’attention de la police sur Eddie Miller, un étudiant solitaire et discret, Branch décide de le prendre sous son aile. Véritable Pygmalion, il  pousse le jeune garçon à écrire son devoir de fin d’année sur son père, Luther Miller dit « le tueur de l’étudiante », et l’aide dans ses recherches. Mais il n’est pas toujours bon de fouiller le passé…

    Ambiance sombre, écriture dense et mélancolique, personnages torturés, secrets de famille dans une petite ville du Sud encore marquée par la guerre de sécession… Tous les ingrédients sont là pour servir  ce roman noir magistral. Un très grand livre !

     

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    Aurora, Minnesota de W. Kent Krueger

    éd. Le Cherche Midi 20€

    Aurora, Minnesota, années 90. Cette petite ville tranquille, située au nord des Etats-Unis est secouée en pleines fêtes de Noël par la mort du vieux juge Parrant à son domicile. Atteint d’un cancer incurable, ce vieil ambitieux se serait suicidé à son bureau en embrassant un coup de carabine… Mais Corcoran O’Connor, dit « Cork », ancien shérif d’Aurora, irlandais par son père et indien par sa mère, va  suivre sa petite voix qui lui dit que tout ceci n’est pas très clair. D’autant que l’alternative à ce suicide impliquerait un jeune indien, livreur de journaux présent, selon toutes vraisemblances, à l’heure de la détonation fatale. Fort de la double confiance des communautés blanche et indienne présentes à Aurora, Cork, sous l’œil bienveillant du sheriff Wally Shanno, va pousser l’enquête un peu plus loin et comprendre très vite que, dans cette ville écrasée de neige et de froid, corruption, chantage et manipulation vont bon train. L’affaire qui s’annonce a de vrais airs de tempête…

    Dans un pays magnifique, où les croyances indiennes perdurent entre mépris et respect, Aurora, Minnesota est un polar impeccablement construit, mettant en scène un homme attachant au possible. Un polar qui ne se donne pas des airs de mauvais garçon agaçants, mais devrait combler les amateurs d’intrigues en pleine nature menées de mains de maître. Indispensable !

  • Les morts attirent les mouches

    dark tiger.jpgDark Tiger. William G. Tapply. Editions Gallmeister. 22.70€

    Bien-sûr il y a Stoney, amnésique et toujours aussi attachant, tiraillé entre l'amour sincère qu'il porte à Kate et son passé vide, voire encombrant, qu'il cherche à reconstituer. Il y a aussi la boutique de pêche dans laquelle tous deux vivent déjà presque maritalement. Il y a une cabane, un bois, plusieurs lacs et quelques vieilles bagnoles à l'image de leurs conducteurs. Ca sent le poisson, le gasoil et l'air frais.

    Mais derrière tout ça, loin des clichés, il y a les états d'âme, la tendresse et un véritable goût des autres malgré la solitude.

    Comble de réussite, se tisse en plus une véritable enquête menée de main de maître par un Tapply au sommet de son art. Deux cadavres, deux balles dans la tête pour maquiller en meurtre une mort plus que mystérieuse. Un crîme qu'il s'agît d'élucider au fur et à mesure que les souvenirs refont surface.

    Le dernier roman d'un homme qui nous laisse une oeuvre singulière capable de ravir autant les lecteurs de polars que les amateurs de grands romans.