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Rencontre au sommet (du Mont Blanc)

Richard Gaitet, lyonnais d'origine, parisien de profession et animateur du Nova Book Box a vaincu le Mont Blanc. Mais rien ne le prédestinait à un exploit pareil...

Il viendra nous en parler Vendredi 21 septembre, dès 18h pour les dédicaces, puis à partir de 19h pour une rencontre autour de son livre Tête en l'air, paru aux éditions Paulsen.

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Richard Gaitet

Ed. Paulsen       19.50€

 

Prenez un à peu près jeune écrivain prénommé Richard, animateur sur Radio Nova, pas sportif pour un sou, bigleux, étourdi comme pas deux, porteur d’un joli petit ventre à bière, « descendant d’une longue lignée de cardiaques » et demandez-lui de gravir le Mont-Blanc ! Eh bien, voici l’idée un rien sadique venue à l’esprit d’une éditrice des éditions Paulsen s’amusant par avance de l’histoire qui pourrait naître d’une expérience pareille. Pervers n’est-ce pas ?!

Chers lectrices et lecteurs, croyez-le ou non, Richard a dit « oui »… !

Tête en l’air est le récit de cette expérience entre un citadin et la nature, entre un écrivain et son sujet alpin, entre un sous doué de l’effort physique et le nec plus ultra des guides de haute montagne, le piémontais chamoniard René Ghilini. Une triple rencontre donc qui mènera, non sans difficultés, notre écrivain au faîte des Alpes, et que l’on prend un plaisir fou à lire tant ce livre regorge de matière à rire et à découvrir. En vrac : anecdotes édifiantes sur la vie en montagne, leçons de courage puisées dans la lecture spirirtuelle de la saga manga Dragon ball, rappel des exploits vertigineux d’illustres alpinistes des temps jadis ( Paccard et Balmat), aparté autour de la figure de Kilian Jornet, conseils de lectures à foison (Zénith de Pierre Dalloz, Le sur-vivant de Reinhold Messmer, René Daumal, Le Mont analogue, Les conquérants de l'inutile de Lionel Terray, etc. ), inquiétudes sur la fonte accélérée de la mer de glace et les températures caniculaires mesurées dans les environs de Chamonix, souvenirs d’enfance humiliants lors de précédentes sortie en montagne, évocation du tournage d’un film porno sur les pentes du Mont Blanc, etc. Tellement de choses plus ou moins cohérentes vous viennent à l’esprit dans le silence de l’effort solitaire lorsqu’il s’agit de grimper pendant des heures en vue d’acquérir une condition physique suffisante pour venir, un jour, à bout du toit de l’Europe ! Il ne faut pas s’étonner que certaines d’entre elles finissent pas se retrouver posées sur le papier, une fois l’écrivain alpiniste installé devant son bureau. Et puis l’altitude, c’est bien connu, altère l’irrigation du cerveau en oxygène…

Mais la rencontre la plus importante de ce livre finalement, et que l’on voit poindre puis s’affirmer tout au long de la narration que Richard Gaitet fait de son entraînement puis de la conquête du sommet tant convoité, c’est celle qu’il fera de lui-même, de son propre corps reconquis. Cette ascension des toits enneigés est une reconquête de soi allégé (désolé). Soumis aux injonctions d’un guide exigeant, râleur et charmeur, notre écrivain gagne en assurance, en performance, et voit sa silhouette s’affûter, quelques abdos finissant même par poindre sous la poche à bière. Richard Gaitet se sent bien et éprouve même une certaine fierté devant cette force retrouvée. Il a cent fois raison de se sentir fier, car même si elle est réussie des centaines de fois par an durant la saison douce, la montée du Mont Blanc reste un exploit. Un véritable exploit et nombreux sont les prétendants qui finissent par abandonner en chemin quand il n’y laissent pas tout simplement la vie par imprudence ou par hasard au moment d’emprunter le bien nommé « couloir de la mort ». Au terme de ces 280 pages, on a vraiment envie de lui taper sur l’épaule et dit lui dire du fond du cœur « Bravo ! ».

Vous l’aurez compris, Tête en l’air est un récit qui se lit avec un plaisir fou, très certainement proche de celui que son auteur a dû prendre au moment de l’écrire dans le confort retrouvé de ses charentaises, la tête encore un peu dans les nuages.

 

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