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Sylvain Prudhomme et Fayçal Salhi pour une lecture musicale à la librairie !

Rencontre avec

Sylvain Prudhomme

(prix des cordeliers 2014 pour son roman Les grands)

à l'occasion de la parution de son nouveau roman, Légende.

Vendredi 30 septembre

dédicaces de 18 à 19h / discussion à partir de 19h

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Cette rencontre sera suivie d'une lecture musicale de Sylvain Prudhomme accompagné à l'oud par Fayçal Salhi, de son roman précédent Là, avait dit Bahi.

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Entrée libre et gratuite.

 

prudhomme, sylvain, légende, arles, plaine, crau, arbalète, gallimard, rencontre, dédicaceLégende

Sylvain prudhomme

 éd. L'arbalète / Gallimard 20€

A Arles, vivent deux amis. Nel, le photographe amoureux du paysage voisin de la plaine de la Crau à laquelle il rend hommage en réalisant de magnifiques panoramiques, et Matt, l’anglais arrivé en Provence il y a quelques années à peine et qui, en entrepreneur né, s’est lancé avec succès dans la vente et l’installation de toilettes sèches.

Nel est l’enfant du pays. Petit fils de berger arpentant les pâturages de La Crau depuis la nuit des temps, il est porteur d’un lien mémoriel avec ce paysage même s’il ne le traverse plus désormais au cul des moutons mais derrière le volant d’un camion élévateur, se servant de la nacelle afin de trouver les meilleurs angles de vue pour son travail. Matt, lui, l’infatigable touche à tout, réalise à ses heures perdues des documentaires pour son propre plaisir. Et quand il découvre à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes l’existence de la Chou, un ancien repaire festif de gardians devenu avec les années le lieu incontournable des soirées arlésiennes et même au-delà, il décide avec la passion qui le caractérise d’en raconter l’histoire en recueillant ici et là, témoignages et documents. Ce qui l’intéresse c’est l’esprit de la Chou, cette innocence festive des débuts qui traversera les années 70 et 80 sans perdre trop de son âme avant de devenir plus tard, une usine à fête assez banale. Gloire et déclin d’un lieu. Reste la légende.

C’est en enquêtant sur cette boite de nuit qu’il apprend l’existence de Fabien et de Christian. Deux frères, désormais disparus, qui ont fréquenté cette boite à cette période. Deux témoins de ces années d’insouciance pour qui la vie devait paraître légère, mais aussi deux frères que tout opposait. Fabien, aérien, dandy magnifique et provocateur. Christian, bagarreur, renfrogné et toxicomane. Apprenant que ces deux hommes étaient les cousins de son ami, et que, fait crau, plaineextraordinaire, ils sont morts tous deux le même jour à 10 000 kilomètres de distance, Matt se lance avec une rage passionnée dans la construction de son documentaire. Avec passion, mais aussi beaucoup de violence pour Nel qui accepte difficilement de voir remonter à la surface tout ce passé familial douloureux. Leur amitié va être mise à rude épreuve.

 

Sylvain Prudhomme que l’on avait découvert et aimé à la parution des Grands en 2014 (Prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers) nous revient avec une véritable légende arlésienne car Fabien et Christian, sous d’autres noms, ont réellement existé. On retrouve avec délices cette écriture d’une rare élégance sachant jouer aussi bien de sensualité que d’entêtement afin de fouiller le passer d’une relation fraternelle, d’une époque et d’un lieu par petites touches. De petites bulles remontent à la surface comme autant de souvenirs. Eclatant elles peuvent faire le bien tout autant que le mal.


prudhomme, sylvain, gallimard, rencontre, dédicace, fayçal, salhi, oud, lecture, musicaleLà, avait dit Bahi

de Sylvain Prudhomme

éd. l'Arbalète Gallimard    19,50€

Un homme, par trois fois et sans jamais le savoir, va échapper à la mort ! Et c'est Bahi qui raconte cette histoire algérienne du temps de l'occupation française.

Cet homme, c'est Malusci, propriétaire terrien et agriculteur dur à la tache qui tient d'une main de fer la poignée d'algériens qui travaille sous ses ordres. Parmi eux, Bahi, le plus jeune, que Malusci considère un peu comme son fils au point de lui apprendre non sans bravade l'essentiel de la vie, la mécanique agricole et comment s'y prendre avec les femmes. Il a une telle confiance en lui qu'il lui confie même certains soirs le soin de ranger l'arme à feu qui l'accompagne toute la journée comme, petit à petit, la menace fellaga se fait de plus en plus pressante.

L'Histoire pourtant - la fin de l'empire colonial français - finira par avoir raison de cette relation entre Bahi et Melusci et c'est le petit fils de ce dernier qui, à plus de cinquante années de distance, se charge de nous en faire le récit. Les deux hommes ne se sont plus jamais revus depuis l'Indépendance. Ils sont devenus de vieux messieurs chacun de son côté de la Méditerranée mais les souvenirs sont là. Intacts. Ceux de Bahi surtout qui tient absolument à dire comment un homme, Malusci, a pu échapper par trois fois à la mort alors qu'il était absolument impossible qu'advienne ce qui est advenu ! 

Là, avait dit Bahi est un texte d'une très grande qualité littéraire, à la fois très écrit et très parlé, laissant une vraie place aux voix des protagonistes de cette histoire tout en maitrisant parfaitement la mélodie de leurs souvenirs. Sylvain Prudhomme ne pose pas du tout de regard moralisateur ou accusateur sur les événements de cette époque. Il se tient à bonne distance des polémiques en s'appliquant avec un talent qui laisse sans voix à raconter simplement une histoire qui a eu lieu. Elle met en scène deux hommes que leurs papiers d'identité plaçaient en des camps ennemis. Ils se sont aimés comme un père peut aimer son fils, un fils son père. Et l'un d'eux, chose à peine croyable, a échappé par trois fois à la mort et n'en a jamais rien su...

Après Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari et Des hommes de Laurent Mauvignier, Sylvain Prudhomme s'empare d'une période de l'Histoire de France trop longtemps oubliée, pour en faire un morceau de littérature saisissant !

 

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