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  • Une biographie passionnante !

    birnbaum, blum, léon, pierre, front, populaire, seuil, portrait, biographieLeon Blum, un portrait

    Pierre Birnbaum

    éd. Le Seuil      20€

    Il fut un temps où les gouvernements de gauche changeaient la vie des français en bien… La pique est un peu convenue en ces temps de remodelage social, certes, mais comment ne pas penser à nos gouvernants actuels quand on lit cette remarquable biographie consacrée à l’homme du Front Populaire par Pierre Birnbaum, ancien professeur de sciences politique et historien passionné des relations qu’entretiennent République et judaïsme ? Une biographie ramassée (seulement 250 pages) et archi-documentée mais étonnement plaisante à lire qui redonne enfin un peu d’épaisseur à un homme dont l’Histoire retiendra un peu trop rapidement qu’il ne fut que l’inventeur des congés payés.

     

    Chronologiquement et avec beaucoup d’entrain, l’essayiste fait le portrait d’un jeune juif normalien qui fut un grand ami de Proust et de Barrès, amateur comme eux de littérature à laquelle il s’essaya longtemps avant de s’en éloigner, passionné qu’il fut très vite par le débat public. Le verbe oui, mais au service des idées plutôt que de la littérature. Des années de jeunes hommes en habits de dandy « aux attitudes peu viriles » qui firent rapidement les délices d’une droite à moustaches au poil bien enraciné dans notre belle Terre de France, Blum basculera (avec un léger retard mais une ardeur redoublée) dans le combat politique aux côtés de Jaurès à l’occasion de l’Affaire Dreyfus. Entre Jaurès et Blum, ce sera ensuite un long compagnonnage jusqu’à l’assassinat du premier. Peu d’hommes politiques de premier plan auront à subir à sa façon autant de torrents nauséabonds d’injures raciales. Son attitude impassible appuyée sur une foi exemplaire en la République sera la meilleure réponse qu’il opposera sans fléchir à ses contempteurs antisémites. Il y aura aussi la création de la SFIO, le Front Populaire, le déchirement ressenti au moment de la Guerre d’Espagne et puis la défaite, Vichy, l’arrestation et le procès que le régime de Pétain voudra lui faire en 1943 à Riom et dont il renversera brillamment l’accusation. Ce courage énorme qui fera hurler de rage la presse nationaliste de l’époque (Gringoire, Le Petit Parisien, L’Appel, Au pilori !, etc.), ce sera lui aussi qui lui permettra de tenir durant les longs mois de déportation au camp de Buchenwald jusqu’au moment de sa libération au printemps 1945. Il terminera sa vie en apportant un soutien résolu à la création de l’état d’Israël en Palestine, une attitude oubliée aujourd’hui qui surprit à l’époque plus d’un de ses amis. Comment comprendre qu’un ardent républicain tel que lui cautionnât la création d’une nation ayant pour base la religion !? Paradoxe ? Cela ne sera certainement pas le seul que vous découvrirez en lisant enfin ce livre tout en contrastes. Oui viscéralement Républicain. Oui, viscéralement juif (les trois femmes de sa vie seront juives). Délicat, un brin efféminé, et pourtant grand séducteur. Un écrivain qui dynamitera l’institution hypocrite du mariage pour mieux s’y réfugier ensuite. Un réformiste de combat qui n’aura de cesse de refuser la brutalité révolutionnaire soviétique. Tout cela, oui, vraiment. Un homme, un combat et une époque à redécouvrir d’urgence. Passionnant !

  • La propriété, c'est le vol !

    Couv_265690.jpgALEXANDRE JACOB,

    Journal d'un anarchiste cambrioleur

    éd. Sarbacane à Paris X 22,50€

     

    Dans le panthéon des anomalies du 19e siècle finissant, Alexandre Marius Jacob occupe une place de marque !

     

    Il est vrai que dans cette Belle Epoque où les scélérates font loi et où les grands titres du Petit Parisien font frémir le quidam, il ne fait pas bon de mettre en pratique ses idées libertaires !

     

    Aussi cette bd croque-t-elle à merveille et rend-elle tous ses honneurs au cambrioleur anarchiste, à l'authentique figure de l'honnête homme, que dire, l'idéologue de l'illégalisme, gaillard espiègle à la verve faconde et intarissable !

     

    Si la propriété est le vol, le vol de la propriété en est sa juste restitution !

     

    Gageons en somme que "tout homme a droit au banquet de sa vie" et la messe est dite !

     

    Lisez le journal d'Alexandre Jacob !