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  • Rencontre avec Alain Mabanckou annulée !!! Mais livre excellent !!!

    mabanckou, dédicace, rencontre, alain, seuil, petit, piment, congoRENCONTRE AVEC ALAIN MABANCKOU

    annulée !!!

    Petit piment

    de Alain Mabanckou

    Ed. du Seuil         18.50€

    Petit Piment ne s’est pas toujours appelé Petit Piment. Ce nom là est un nom de guerre. Il se l'est gagné à l’orphelinat de Loango en faisant avaler en loucedé  aux frères jumeaux qui sèment la terreur dans l’établissement un plat particulièrement épicé pour venger son ami Bonaventure… Car Petit Piment sait se défendre. Un orphelin apprend ces choses là. Déposé quelques jours seulement après sa naissance, il a vécu finalement assez joyeusement ces premières années auprès de ses compagnons d'infortune, sous les regards bienveillants de Sabine, qui fait le ménage dans l’établissement, et de Papa Moupelo, le prêtre qui chaque week-end leur enseigne joyeusement la religion en leur faisant chanter des chansons aux rythmes... endiablés.

    Seulement voilà. La politique et le pouvoir ne laissent jamais tranquille bien longtemps les hommes et les femmes du monde entier, et en ce début des années 70, la protection des murs de l’orphelinat n’offre aucune étanchéité face à l’arrivée d’un régime marxiste au Congo. Le directeur de l’établissement, le dictatorial Dieudonné Ngoulmoumako, fait allégeance avec beaucoup d’opportunisme au pouvoir nouveau  et se débarrasse aussitôt du prêtre et de la femme de ménage qu’il avait dû tolérer en ses murs durant de trop longues années.

    Pour Petit Piment, âgé alors de 13 ans, l’atmosphère devient irrespirable. L’orphelinat prend de plus en plus les apparences d’une prison et il ne lui faudra que quelques mois pour qu'il décide de se faire la belle en compagnie des deux jumeaux devenus entre-temps ses alliés. Commence alors une vie de débrouille et de larcins du côté de Pointe-Noire, la ville où est né Alain Mabanckou dont le formidable et très personnel Lumières de Pointe-Noire, paru en 2013 était tout imprégné. La rapine donc, puis la rencontre avec la magnifique Maman Fiat 500, tenancière au grand cœur d'un bordel dans lequel le garçon va enfin trouver un peu d'affection. Maman Fiat 500 ! Petit Piment éprouve une grande affection pour elle. Sera-t-elle enfin cette mère qu’il n’a jamais eue ? Eh bien ! On n’en saura rien. Rien, car la politique et les élections, une fois de plus, passeront par là et nettoieront de façon brutale le quartier de ses prostituées zaïroises. Des étrangères en plus ! La xénophobie et le populisme n’ont décidément ni frontières, ni couleurs nous dit Alain Mabanckou.mabanckou, dédicace, rencontre, alain, seuil, petit, piment, congo

    A nouveau seul, abîmé par la vie et en proie à des pertes de mémoire et de violentes hallucinations, Petit Piment ne va cependant pas laisser passer l’heure de la vengeance. Quelqu'un va devoir payer pour tous ces malheurs.

    Petit Piment est en quelque sorte l’histoire d’une révolte, celle d’un individu haut comme trois piments, devant un pouvoir politique népotiste et cruel qui n'en finit pas de faire mal à l'Afrique. Et cette révolte - quel bonheur cher lecteur ! -  est portée par un art du récit terriblement réjouissant qui fait d'Alain Mabanckou, Prix Renaudot en 2006 pour Mémoires d'un porc-épic, l'un de nos romanciers parmi les plus enthousiasmant du moment !

     

  • La Rentrée, c'est parti...

    entre les deux il n'y a rien, mathieu riboulet, verdier, Entre les deux il n'y a rien de Mathieu Riboulet

    Ed. Verdier

     

    Ça commence en 1972.  On a douze ans. Ca c’est certain. On est un chiot. On sent tout sans rien comprendre. On sent et on voit tout mais tout nous manque et l’on ne voit rien. Car tout s’est passé avant en réalité et la chronologie est une fiction : Une balle tirée à bout portant en pleine rue. Dans la tête d’un môme, ça résonne. Dans la tête de l’écrivain, c’est une évidence : « là bas, dans l’enfance, tout s’est joué : l’écriture la politique l’histoire le sexe, et la parole donnée au corps ».

    Les chiots finissent par devenir des chiens et meurent en tant que tels partout où règne en maître une Europe pacifiée à bout de souffle. « Le monde était dans cet ordre-là quand nous l’avons trouvé ». Entre ce constat tragique et l’après 68, dans les rues de Paris, Berlin, Rome, quelque chose s’est joué à coup sûr. Des décennies de luttes clandestines et de violences politiques dans le grand jeu du monde. La rage, l’espoir et l’expression d’un rêve qui fera des déclassés en tout genre des hommes un peu plus libres de leur pays.

    Si l’illusion est grande et le bonheur de s’élever à une conscience politique intense, la chute ne sera pas que celle d’un mur en ruine gris emportée par un peuple en liesse.

    Sans fard et sans détours, affranchi du reste et armé de sa prose combat, Entre les deux il n’y a rien est en définitive un coup de cœur brut porté à mains nues au lecteur : marquant et décisif.

     

     

    Montecristo de Martin Sutermontecristo, suter, martin, bourgois, billets, suisse

     

    Trad. de l’allemand par Olivier Mannoni

     

    Ed. Bourgois 18€

     

     

     

    Si vous étiez journaliste en possession d’une information relative à un scandale financier hors normes dont la diffusion aurait des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale, que feriez-vous ? Une vérité qui entraînerait plus de mal que de bien doit elle être révélée ?

     

    Voici les questions auxquelles se trouve confronté Jonas Brand, journaliste people quadragénaire pour un médiocre magazine télé zurichois. Il s’aperçoit un jour, par le plus grand hasard, qu’il est en possession de deux billets de 100 francs suisses portant le même numéro de série… La chose est impossible. Strictement impossible. Techniquement impossible ! Il fait expertiser les deux billets pour savoir lequel est faux et l’expertise révèle que les deux billets sont… vrais. L’enquête peut alors commencer et le journaliste - qui voit là l’occasion de se prouver à lui-même qu’il vaut davantage que le reporter de complaisance qu'il est devenu – de progresser avec peut-être un peu trop de légèreté dans l’univers feutré et secret du milieu bancaire suisse. Car si les manières y sont courtoises, les méthodes, elles, vont très vite se révéler autrement plus expéditives…

     

    Bienvenu en Suisse ! On y mange une nourriture riche, on se donne rendez-vous dans des bars d’hôtels pas miteux, on n’y parle pas à tort et à travers et les femmes y sont aussi élégamment maquillées que les comptes bancaires. C’est un coffre-fort ce pays, avec des montagnes à l’intérieur. Il s’agit de prendre le rythme, et sur ce point, l’écriture sans fioritures de Martin Suter va comme un gant à la mentalité helvète . Pourtant, de nombreux suicides accompagnent l’enquête de Jonas…Etrange ? Pas particulièrement si l’on y réfléchit bien car finalement, comme le dit dans le roman un immigré Tamoul suite à un  incident voyageur survenu lors d’un voyage en train : « une vie aussi bonne que celle des Suisses est difficilement supportable ».

     

  • fermeture et ouverture

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