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La Rentrée, c'est parti...

entre les deux il n'y a rien, mathieu riboulet, verdier, Entre les deux il n'y a rien de Mathieu Riboulet

Ed. Verdier

 

Ça commence en 1972.  On a douze ans. Ca c’est certain. On est un chiot. On sent tout sans rien comprendre. On sent et on voit tout mais tout nous manque et l’on ne voit rien. Car tout s’est passé avant en réalité et la chronologie est une fiction : Une balle tirée à bout portant en pleine rue. Dans la tête d’un môme, ça résonne. Dans la tête de l’écrivain, c’est une évidence : « là bas, dans l’enfance, tout s’est joué : l’écriture la politique l’histoire le sexe, et la parole donnée au corps ».

Les chiots finissent par devenir des chiens et meurent en tant que tels partout où règne en maître une Europe pacifiée à bout de souffle. « Le monde était dans cet ordre-là quand nous l’avons trouvé ». Entre ce constat tragique et l’après 68, dans les rues de Paris, Berlin, Rome, quelque chose s’est joué à coup sûr. Des décennies de luttes clandestines et de violences politiques dans le grand jeu du monde. La rage, l’espoir et l’expression d’un rêve qui fera des déclassés en tout genre des hommes un peu plus libres de leur pays.

Si l’illusion est grande et le bonheur de s’élever à une conscience politique intense, la chute ne sera pas que celle d’un mur en ruine gris emportée par un peuple en liesse.

Sans fard et sans détours, affranchi du reste et armé de sa prose combat, Entre les deux il n’y a rien est en définitive un coup de cœur brut porté à mains nues au lecteur : marquant et décisif.

 

 

Montecristo de Martin Sutermontecristo, suter, martin, bourgois, billets, suisse

 

Trad. de l’allemand par Olivier Mannoni

 

Ed. Bourgois 18€

 

 

 

Si vous étiez journaliste en possession d’une information relative à un scandale financier hors normes dont la diffusion aurait des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale, que feriez-vous ? Une vérité qui entraînerait plus de mal que de bien doit elle être révélée ?

 

Voici les questions auxquelles se trouve confronté Jonas Brand, journaliste people quadragénaire pour un médiocre magazine télé zurichois. Il s’aperçoit un jour, par le plus grand hasard, qu’il est en possession de deux billets de 100 francs suisses portant le même numéro de série… La chose est impossible. Strictement impossible. Techniquement impossible ! Il fait expertiser les deux billets pour savoir lequel est faux et l’expertise révèle que les deux billets sont… vrais. L’enquête peut alors commencer et le journaliste - qui voit là l’occasion de se prouver à lui-même qu’il vaut davantage que le reporter de complaisance qu'il est devenu – de progresser avec peut-être un peu trop de légèreté dans l’univers feutré et secret du milieu bancaire suisse. Car si les manières y sont courtoises, les méthodes, elles, vont très vite se révéler autrement plus expéditives…

 

Bienvenu en Suisse ! On y mange une nourriture riche, on se donne rendez-vous dans des bars d’hôtels pas miteux, on n’y parle pas à tort et à travers et les femmes y sont aussi élégamment maquillées que les comptes bancaires. C’est un coffre-fort ce pays, avec des montagnes à l’intérieur. Il s’agit de prendre le rythme, et sur ce point, l’écriture sans fioritures de Martin Suter va comme un gant à la mentalité helvète . Pourtant, de nombreux suicides accompagnent l’enquête de Jonas…Etrange ? Pas particulièrement si l’on y réfléchit bien car finalement, comme le dit dans le roman un immigré Tamoul suite à un  incident voyageur survenu lors d’un voyage en train : « une vie aussi bonne que celle des Suisses est difficilement supportable ».

 

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