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Une histoire catalane.

pep, coll, cercueils, quatre, noirs, blancs, actes, sud, espagne, catalan, guerre, fait, divers, assassinatQuatre cercueils: deux noirs et deux blancs de Pep Coll

trad. du catalan par Edmond Raillard

éd. Actes Sud 23€

Voici Quatre cercueils : deux noirs et deux blancs de l'écrivain de langue catalane Pep Coll... Et accrochez-vous parce des textes pareils, on n'en lit pas tous les jours !

Retour sur un fait divers qui a réellement eu lieu au lendemain de la Guerre Civile espagnole, en 1943. Une famille de paysans installée dans les contreforts des Pyrénées catalanes est retrouvée massacrée. Le père, la mère et leurs deux filles âgées de 10 et 14 ans sont sauvagement abattus. Les assassins sont vite identifiés. Il s'agit d'un couple voisin, des paysans aussi, qui par jalousie au sujet d'un bout de terrain attribué un peu vite à l'autre famille par les propriétaires terriens du coin, se sont fait justice eux-mêmes. Arrêtés, ils vont d'abord faire un an de prison en attendant leur procès, et ce malgré leur penchant plutôt franquiste durant les années de guerre civile. Il est important pour le nouveau régime de montrer que ce crime, qui n'est pas politique mais bien de droit commun, doit être traité de façon exemplaire. Les choses ne vont cependant pas en rester là, et pour un millier de raisons bien lâches et par un sens de l'opportunisme éhonté, ils vont être très vite libérés, faute de preuves soit disant... Tout le village va devoir donc s'accommoder à vivre aux côtés d'assassins en faisant comme si de rien n'était, comme si justice était bien passée.

Dans un pays tout juste sorti d'une guerre qui a fait des milliers de pep, coll, quatre, cercueilsvictimes et provoqué l'exil de nombreuses familles, s'abat une amnésie collective sur volonté politique du général Franco. Il s'agit de montrer qu'un pays moderne émerge sous la férule du nouveau dictateur et ces histoires de péquenots catalans ne pèsent pas grands choses vues de Madrid. Elles feraient même un peu honte. Alors si la mémoire collective fait défaut, celle des hommes et des femmes qui habitent ces terres de roches et de chênaies, elle, n'oublie pas... Et le temps qui passe n'y fait rien...

Ce livre est littéralement PASSIONNANT ! Il n'est pas sans rappeler De sang froid de Truman Capote qui lui aussi revenait sur un fait divers dans l’Amérique des années 50 pour en faire un monstre de roman ! Il y a chez Pep Coll la même force narrative qui emporte le lecteur, et surtout, cette volonté de distinguer parmi le fracas de la grande Histoire les débris épars des histoires minuscules. 

 

 

Commentaires

  • Bonjour,
    je suis le traducteur de ce livre et je dois vous dire que je le trouve, moi aussi, extraordinaire. Je vous remercie de votre avis, que je trouve très pertinent. Je regrette que, pour l'instant, ce livre ne rencontre guère d'écho. Il est vrai qu'il n'est sorti que depuis une dizaine de jours. Espérons.
    Si je passe par Romans, je ne manquerai pas d'aller vous saluer.
    Amicalement
    ER

  • Merci pour ce commentaire, je vais faire mon roman de l'été de ce livre qui vaut bien plus qu'un roman d'été ! Et c'est avec plaisir que nous vous accueillerons si vous passez par chez nous. Bravo pour la traduction d'ailleurs !
    Un truc par contre que je n'arrive pas à retrouver et qui m'a arrêté dans ma lecture : j'ai trouvé l'expression "mort de rire" dans le livre, à un moment tout à fait inattendu parce qu'elle ne me semblait pas aller avec l'histoire, comme si cette expression ne s'intégrait pas dans le fil narratif de la phrase... Pour le dire autrement, comme si un coquin s'était emparé d'un clavier et avait glissé au hasard ces qq mots "mort de rire", pour faire une blague ou je ne sais quoi. C'est dans le premier tiers, voire le premier quart du livre il me semble et je ne la retrouve plus. Cela vous dit-il qqch ? Peut être avec votre logiciel de travail pourriez-vous retrouver ce passage? Et j'espère surtout que ce n'est pas moi qui ai mal interprété le texte...
    Bien cordialement.

  • Oui, c'est un peu bizarre ce "mort de rire". C'est la traduction à peu près littérale du catalan. Le sac est dans le fond de l'armoire, se moquant de tout le monde, des spéculations qu'on peut faire à son propos…

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