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On remet les gants à Leonard Gardner !

fat, city, leonard, gardner, tristram, huston, boxe, soupleFat City de Leonard Gardner 

trad. anglais (U.S.) par Pierre Girard

éd. Tristram    8.95€

Portrait croisé de deux boxeurs de Stockton, dans le nord de la Californie - l’une des villes les plus misérables des Etats-Unis - Fat City, paru en 1969, a valu à son auteur un succès foudroyant. Récompensé par le National Book Award,  Leonard Gardner n’écrira rien d’autre que ce chef d’œuvre, à la manière d’un boxeur quittant le ring à la suite d’un combat unique remporté par K.O.

 Billy Tully est un vieux boxeur de 29 ans qui aimerait retrouver les gants après une éclipse de deux années et un combat pipé perdu face à un adversaire bien mieux soutenu qu’il ne le fut lui par son propre entraîneur. Amer mais bien décidé à cogner encore plus fort qu’avant, il est guidé par une intuition de vie toute simple : « Si j’ai le combat j’aurais l’argent, si j’ai l’argent j’aurais la femme ». Car sa grande souffrance lui vient de ne pas être aimé et d’avoir perdu la femme de sa vie.

L’autre boxeur, qui aura le même entraîneur que Billy en la personne de Ruben Luna le poissard, celui que tous ses boxeurs abandonnent en cours de route, c’est le jeune Ernie Munger dont les premiers essais laissent entrevoir un avenir prometteur… dans la limite d’une ville comme Stockton, coincé dans la salle d’entrainement minable du gymnase du Lido s’entend.

Les femmes, les combats, l’amour, les applaudissements, tout file entre les doigts meurtris de ces gueules cassées, personnages maudits et magnifiques abonnés aux désillusions. Pour gagner leur vie, ils sont journaliers agricoles, et pour la raccourcir, ils la noientdans l'alcool. Ils se sentent vieux avant d’être vieux, perdent leurs combats avant même de les avoir disputés et si jamais une victoire croise leur chemin, ils en saccageront le profit comme seuls les loosers hors catégorie savent le faire : pathétiquement et en solitaire.

On l’aura compris, Fat City est un roman noir. Mais il est de ceux qui illuminent la littérature américaine depuis toujours. Il est peu question de boxe finalement dans cette histoire là, mais bien d’amour au sens le moins rose du terme et c’est ainsi que Gardner crochète son lecteur. Merci aux éditions Tristram d’avoir remis les gants à ce livre là.

 « Il éteignit, et rêva qu’il ne parvenait pas à s’endormir. »

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