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14/01/2015

Un endroit où se cacher...

Jardins en temps de guerre de Teodor Cerić 

éd. Actes Sud (trad. du Serbo-croate)Teodor, Cerić, jardins, temps, guerre, actes, sud, , 16€

En ces jours de barbarie, on en vient à rêver d'endroits où se réfugier, loin du bruit des armes et des corps qui tombent. Voici Jardins en temps de guerre d'un poète originaire de Sarajevo. Un chef d'oeuvre dans lequel se cacher.

En 1992, un jeune étudiant de lettres, Teodor Cerić quitte Sarajevo au moment où l’armée serbe entreprend de bombarder la ville. Il prend la route, sans but précis sinon la fuite, et s’en va faire un tour d’Europe et de petits boulots qui le mènera presque par hasard à occuper, ici ou là, différends emplois - parmi d’autres - de jardinier. Aucune prédisposition, pourtant, sinon le souvenir d’un potager familial dont s’occupait son père à l’ombre d’un immeuble communiste de vingt étages. Et de temps en temps, le petit  Cerić qui venait l’aider, taillant, semant, observant.

Jardins en temps de guerre raconte ces jardins rencontrés durant ces années sombres d’exil volontaire. De l’étrange Prospect Cottage dans le Kent, au non moins étrange jardin des Nymphes près d’Héraklion en Grèce, en passant par LesTuileries à Paris, mais aussi par le jardin triste de Beckett à Ussy-sur-Marne et le carré de jungle caché dans la ville de Graz en Autriche jusqu’au mal famé Monte Caprino à Rome, sans oublier la restauration du jardin de l’ermite de Painshill dans le sud de l’Angleterre, Teodor Cerić nous dit combien ces lieux lui sont apparus, à lui comme à tant d’autres de ses semblables comme de parfaites tentatives de faire enfin sur terre, loin du fracas du monde, des endroits accueillants, des lieux « pour un peu plus de vie ».

 D’une prose de poète, d’une impeccable sensibilité rousseauiste, ces Jardins en temps de guerre composent un recueil qui séduira ceux qui cherchent en vain l’ombre des feuilles - d’arbres ou de livres - derrière laquelle se retirer, ne serait-ce qu’un instant. 

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