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  • La France vue d'en bas.

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    Rencontre avec Florence Aubenas,

    vendredi 5 décembre à 18h30 à la médiathèque de Romans.

    Précédée d'une séance de dédicaces à la librairie des Cordeliers à 17h (horaire sous réserve).a

    En France de Florence Aubenas

    éd. de L'Olivier 18€.

    En France.

    Tout ça se passe en France. Ces derniers mois.

    Dans ces coins où aucun journaliste ne va pour entendre ce qui s’y dit. Dans ces coins de hasard, à la périphérie des périphéries connues, dans les campagnes, dans les champs et les stations services, dans les centres commerciaux ou les cages d’escaliers, dans les usines occupées, les mairies abandonnées et les halls d’escaliers, sur le siège passager des camionnettes d’artisans, dans les bureaux fatigués des offices HLM, aux côtés des vendeurs de shit, des mères filles, des gamines roms, des jeunes voilées et des cathos énervées, poussant son crayon jusqu’à Hénin-Beaumont, elle est allée. Florence Aubenas est allée là-bas et elle a écouté, chaque semaine, comme on pose l’oreille sur le sol pour entendre souterrainement la terre bouger. Elle a l’oreille fine, très fine, et sous la surface, promis, ça bouge. Et ce qui pourrait en advenir est très inquiétant.

    pres-de-la-moitie-de-la-population-francaise-beneficie-de-la-caf.jpgQui regarde encore la France et qui écoute les français ? « On croit connaître ces endroits qu’on appelle « chez soi ». En réalité c’est dans ces paysage familiers que commence le mystère ». La France change, ils sont nombreux à le dire dans ces lignes, les gens du peuple. Et la France, comme elle change, ne leur laisse pas de place. Crise industrielle, appartenance de classe, de souffrance laborieuse et de fierté salariée, tout a explosé. Et il faudrait ne pas crier ?! Tout change. Avant un CDI à la chaîne chez Peugeot, c’était de l’esclavage. Cet esclavage désormais, il fait rêver. Avant, enceinte à 14 ans, c’était la honte. Désormais, « on compte pour quelque chose quand on a un enfant ». Avant, coucher pour de l’argent, c’était quand même mal vu… A présent «  celles qui couchent pour rien se dévalorisent elles-mêmes ». Avant, encore, les factures de loyer et d’électricité étaient sacrées. Le poste numéro 1 désormais dans l’échelle des paiements, c’est le portable et internet. « Sinon t’es mort ». Une bascule des valeurs se fait. La colère libère les langues et défie justement ceux-là même qui avaient établi ces valeurs. Ceux d’en haut, on les met au défi. Le vote FN contre les arabes et l’Europe. Trop de lois, des normes, d’autorités administratives ou professorales, trop d’homosexualité dans les programmes scolaires (enfin, c’est ce qu’on a entendu dire), trop de taxes, trop de tout ce qui écrase et vient d’en haut !

    Ah ! Si seulement tout pouvait être aussi chouette que sur la plage de piémanson, aubenas, florence, france, olivierPiémanson, ce bout du bout de Camargue à 40 bornes d’Arles. Là aussi elle y est allée, Florence Aubenas. Sur cette incongruité de sable de 10km de long, joyeuse et indomptée où le camping sauvage est toléré ! Toléré, «  pas autorisé, pas interdit, mais possible. C’est ce mot là qui définit l’endroit aujourd’hui. » Un bout de France comme un morceau de Far West pour dire quand même un petit peu Merde ! à l’Etat et à ses règles. Mais il se murmure que même ça, même cette dernière dune de liberté, ils vont nous l’enlever…

    florence, aubenas, france, olivierEn France est un livre saisissant fait d’esquisses, plutôt que de portraits, de françaises et de français rencontrés par la journaliste du Monde au hasard de ses reportages dans l’hexagone de 2012 à 2014. De colères en désarrois, il redessine le visage d’un pays qu’on démaquille, laissant apparaître ici et là d’inquiétantes taches brunâtres. La plume de Florence Aubenas est douce, souvent amusée, toujours humaine, profondément humaine, avec des bonheurs d’écriture terriblement réjouissants.  Reste ce visage à présent complètement démaquillé. Quatre ans après Les quais de Ouistreham, on peut dire qu’il  mal vieilli.

  • "Aimer et ne rien dire est le plus grand des péchés"

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    Les éditions Anne Carrière ont fait paraître en cette rentrée d'automne un bijou de littérature dans la lignée de Féroces et Arrive un vagabond. Il s'agit de La chute des princes, le nouveau roman de Robert Goolrick. Nous avons adoré ce livre, et grâce à la complicité de son éditeur français, Stephen Carrière, nous avons obtenu de ce grand écrivain américain, une interview exclusive par le biais de 6 questions transmises par mail. Robert Goolrick a eu la gentillesse de nous répondre, et ce geste d'une grande élégance nous a très profondément touché.

    En voici donc, chers ami(e)s gâté(e)s de la librairie des Cordeliers, le contenu. Où l'on apprend pourquoi Goolrick n'est ni Bret Easton Ellis ni Jay McInerney, et pourquoi les libraires sont des héros !

    Libraire : " Robert Goolrick, vous revenez avec La chute des princes sur cette Amérique des années 80 où, dans certaines classes de la société, l'argent triomphait avec une morgue inouïe. De mon expérience de lecteur, sur la même période, me viennent en tête très vite deux noms : ceux de Bret Easton Ellis et  de Jay McInerney. Pourquoi être à votre tour revenu sur cette période que vous avez bien connue ? Qu'est-ce qui n'avait pas été dit selon vous par  Ellis et McInerney, ou, pour le dire autrement, en quoi votre regard est-il différent du leur ?

    Goolrick : Tout d’abord, Ellis et McInerney ont écrit “à chaud”, précisément pendant ces années 80. Ils appartenaient à cette génération, et ils étaient aussi décadents que les autres. C’était une culture de la célébrité dont ils en ont sû profiter. Ils n’avaient aucun recul sur l’époque. La poésie, comme l’a écrit Wordsworth est “l’émotion convoquée avec sérénité.” Je voulais un portrait plus poétique de cette période, avec du recul. Non pas simplement montrer ce qui se passait, mais dire aussi les conséquences de nos actions, des nos illusions et de nos désirs. D’autre part ni l’un ni l’autre n’ont écrit sur la sinistre apparition du SIDA. Un jour tout était fête, et le lendemain c’était la mort et tragédie tout autour de soi. A présent, les jeunes ont oublié. Ils n’ont aucun moyen de connaître l’impact terrible de la maladie sur New York. Cette tristesse qui ne disparaissait pas, et qui dure encore aujourd’hui. Je voulais qu’il en reste une trace, pour eux, pour leur montrer à la fois ce qu’ils ont manqué et ce qu’ils doivent à cette époque.

    Libraire : Votre livre est d'emblée porté par un profond sentiment de honte et de culpabilité. On a l'impression que vous avez écrit ce livre pour vous faire pardonner d'avoir participer à ce grand mouvement triomphant puis décadent. Comme une expiation. Pourquoi, à plus de trente années de distance ce poids vous pèse-t-il encore autant ?

    Je ne me sens pas particulièrement coupable. C’est une tristesse profonde que j’essaie de soulager. J’essaie de sauver une partie de ma jeunesse qui m’échappe. La plus grande partie du livre est vraie, ou composée de scènes vécues. C’est une chose horrible de repenser au début de sa vie et de ressentir ce poids de la tristesse et de la perte. Soudain, toucher une autre personne devenait toxique, et pour moi comme pour beaucoup de mes amis, ce caractère toxique n’a jamais disparu. Bien sûr nous étions vivants (et il reste la culpabilité du survivant) mais la tristesse avec laquelle nous vivons désormais l’a largement emporté. Le jeu auquel nous jouions n’est rien au regard de ce que nous avons perdu.goolrick,robert,chute,princes,anne,carrière,sida,sexe

    Libraire : Sida, drogue, alcool, excès en tous genres... ce livre est constellé de jeunes gens qui ont laissé leur peau sur la champ de bataille de ces années là. Vous, vous en êtes sorti et on a l'impression que vous vous demandez encore comment ? Et pourquoi vous ?

    Ma survie, c’était de la chance tout simplement. Ce n’était pas de la sagesse de ma part. On s’est  vraiment bien amusé, vraiment. Puis la joie a disparu, d’un coup, pas une seconde cela n’a cessé de nous manquer, et nous ne fumes plus jamais les mêmes. Ce n’est pas mon livre, c’est le livre de ma génération. Ses personnages étaient mes amis. Maintenant, je les ai perdus pour la plupart. Comme le dit en partie la dédicace de ce livre : Pour Billy Lux qui s’est évaporé. Et c’est ce qu’il a fait. Un jour il était là, et le suivant il ne l’était plus. J’ai écrit ce livre pour Billy Lux, et pour les milliers d’autres comme lui, essentiellement des hommes, qui avaient tout et se sont évaporés. Je suis encore là et j’en suis reconnaissant.

    Libraire : Ce livre n'est pas à proprement parler un roman. Il est davantage une traversée de ces années là, à travers une galerie de portraits absolument magnifiques. J'ai été bouleversé par Harrison, ce grand gaillard capable de remporter des marchés incroyables et qui se défenestre un jour au travail en apprenant qu'il est atteint du « cancer homosexuel », ou par Gulia, jeune fille discrète et très attachante qui succombera sans bruit à une overdose d'héroïne, ou enfin Holly, le travesti magnifique à la fin du livre dont les dernières paroles sont d'une beauté absolue. Ces princes là ont donc existé. Votre livre cherche-t-il à leur rendre enfin hommage ?

    Ils étaient mes frères et soeurs, mes amants, mes amis. Certains, que je n’ai rencontré qu’une fois, sont restés gravés dans ma mémoire pour leur beauté et leur grâce. Et j’ai écrit sur Holly parce qu’elle m’a enseigné la leçon la plus précieuse de ma vie: aimer et ne rien dire est le plus grand des péchés. C’est ma lettre d’amour à tous les hommes et femmes que j’ai aimés sans avoir pu le dire.

    Libraire : Vous n'avez jamais été trader à la différence du narrateur. Vous avez fait carrière, ces années là, dans le monde de la publicité où, on l'imagine sans mal, l'argent devait couler à flot là aussi. Pourquoi ce léger masque. Pourquoi ne pas avoir avancé tout à fait à découvert comme dans Féroces ?

    Bien que j’aie travaillé dans la pub pendant de nombreuses années et bien que ce domaine ne cesse de fasciner les gens (j’ignore pourquoi), je n’avais aucune envie d’écrire sur ce sujet. J’ai travaillé en publicité pour Goldman Sachs, et les jours passes à leurs côtés dans la salle des marchés furent les plus grosses montées d’adrénaline que j’aie jamais connues. Ils représentaient l’air du temps, la culture du succès qui régnait sur ces années, je voulais que mon héros – moi - prenne la vague la plus grosse de cette période, et cette vague là était incontestablement Wall Street. 

    Libraire : Dernière question, très intéressée... Votre narrateur, au moment d'écrire ces lignes est devenu librairie. Pourquoi libraire ? Un fantasme ? Un clin d’œil ?

    Cela semblait simplement parfait. Je voulais qu’il ait un métier qui soit le plus éloigné possible du jeu à haut risque de sa jeunesse, mais je voulais aussi que ce soit respectable et intelligent, quelque chose dont il pourrait enfin être fier à sa manière, simplement. Et je pense que les libraires sont des héros."

    Le libraire remercie mille fois son meilleur pote Soizic pour la traduction de cette interview. 

     

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    Chronique du libraire :

    Les larmes aux yeux, j’ai terminé la lecture fiévreuse de ce texte incroyablement lumineux de Robert Goolrick qui revient sur une période qu’il semble avoir trop bien connue : le New York des années 80 et ses abus déjà croisés dans les romans de McInerney. Trop de fric d’abord. Une avidité inouïe ! Trop de came ensuite, trop de sexe, trop d’alcool, l’excès pour seule limite et une morgue incroyable dans le regard posé sur le reste du monde qui n’est pas de la fête. Retour sur cette période à travers la confession d’un broker de Wall Street encore tout étonné, 30 ans plus tard d’être ressorti vivant de ces années de gloire puis de désolation où beaucoup ont laissé leur peau. L’écriture de Goolrick est touchée par la grâce d’un ange fitzeraldien. Une élégance incroyable pour faire le portrait de beautés overdosées, de courtiers au cynisme aveuglant et  de relations qui ressemblent à l’amitié et finissent la peau sur les os, la peur au ventre et le sida pour dernier frisson. Le retour de bâton fait un carnage. Nous ne les plaindrons pas, certes. Mais il y a tellement d’amour dans cette prose, comme dans ce portrait ultime d’un jeune travesti au grand cœur que, oui, la chute de ces princes est digne de nos larmes.

  • Florence AUBENAS à Romans

    Rencontre avec

    Florence AUBENAS

    vendredi 5 décembre

    à l'occasion de la parution du livre

    En France

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    Rencontre à la Médiathèque de Romans Simone de Beauvoir à partir de 18h30

    La rencontre sera précédée d'une séance de dédicaces à la librairie des Cordeliers à partir de 17h*

    *(horaire sous réserve de modification)

    La librairie des Cordeliers remercie infiniment les éditions de l'Olivier d'avoir rendu cette rencontre possible !

  • Rencontre avec Sylvain Prudhomme

    rencontre avec le romancier

    Sylvain Prudhomme

    vendredi 21 novembre

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    Les grands est le livre qui a enchanté notre rentrée littéraire et son auteur dont c'est déjà le 5ème roman possède un talent infini !

    Venez l'écouter et le rencontrer à la librairie à partir de 19h. 

    Une séance de dédicaces est prévue dès 18h.

  • Du talent, des lianes et de la mauvaise humeur !!!

    DÉDICACE

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    Jérôme JOUVRAY

    dessinateur des excellentes BD"Johnny Jungle "

    et de "Lincoln"

    samedi 15 novembre

    de 14h30 à 18h.

     

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