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Faire la nique à la mort !

bahi,arbalète,gallimard,prudhomme,sylvain,algérie,colonieLà, avait dit Bahi de Sylvain Prudhomme

éd. l'Arbalète Gallimard    19,50€

Un homme, par trois fois et sans jamais le savoir, va échapper à la mort ! Et c'est Bahi qui raconte cette histoire algérienne du temps de l'occupation française.

Cet homme, c'est Malusci, propriétaire terrien et agriculteur dur à la tache qui tient d'une main de fer la poignée d'algériens qui travaille sous ses ordres. Parmi eux, Bahi, le plus jeune, que Malusci considère un peu comme son fils au point de lui apprendre non sans bravade l'essentiel de la vie, la mécanique agricole et comment s'y prendre avec les femmes. Il a une telle confiance en lui qu'il lui confie même certains soirs le soin de ranger l'arme à feu qui l'accompagne toute la journée comme, petit à petit, la menace fellaga se fait de plus en plus pressante.

L'Histoire pourtant - la fin de l'empire colonial français - finira par avoir raison de cette relation entre Bahi et Melusci et c'est le petit fils de ce dernier qui, à plus de cinquante années de distance, se charge de nous en faire le récit. Les deux hommes ne se sont plus jamais revus depuis l'Indépendance. Ils sont devenus de vieux messieurs chacun de son côté de la Méditerranée mais les souvenirs sont là. Intacts. Ceux de Bahi surtout qui tient absolument à dire comment un homme, Malusci, a pu échapper par trois fois à la mort alors qu'il était absolument impossible qu'advienne ce qui est advenu ! 

Là, avait dit Bahi est un texte d'une très grande qualité littéraire, à la fois très écrit et très parlé, laissant une vraie place aux voix des protagonistes de cette histoire tout en maitrisant parfaitement la mélodie de leurs souvenirs. Sylvain Prudhomme ne pose pas du tout de regard moralisateur ou accusateur sur les événements de cette époque. Il se tient à bonne distance des polémiques en s'appliquant avec un talent qui laisse sans voix à raconter simplement une histoire qui a eu lieu. Elle met en scène deux hommes que leurs papiers d'identité plaçaient en des camps ennemis. Ils se sont aimés comme un père peut aimer son fils, un fils son père. Et l'un d'eux, chose à peine croyable, a échappé par trois fois à la mort et n'en a jamais rien su...

Après Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari et Des hommes de Laurent Mauvignier, Sylvain Prudhomme s'empare d'une période de l'Histoire de France trop longtemps oubliée, pour en faire un morceau de littérature saisissant !

Sylvain Prudhomme sera notre invité le vendredi 21 novembre. 

Dédicace de 18 à 19h puis rencontre autour de son dernier roman Les grands à partir de 19h. Venez nombreux pour l'écouter et nous encourager dans l'organisation de ces rencontres !

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