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  • Petit meurtre vintage

    roseanna,per,walhoo,sjowall,maj,rivages,polar,suédoisRosaenna de Per Walhoo et Maj Sjowall

    éd. Rivages 9.15€

    L'été, c'est le moment idéal pour lire ou relire les classiques ou, pourquoi pas, ces bouquins un peu oubliés mais dont on a entendu parler et qui ne manqueraient, paraît-il, ni d'intérêt ni de charme, fut-il un peu désuet ! Alors pour les amateurs de romans policiers et plus particulièrement pour ceux qui raffolent et ne se lassent pas de crimes nordiques dans la lignée des Mankell, Indridason et autres Stig Larsonn, voici Maj Sjowall et Per Wahloo, le duo de choc à l'origine de cette tradition de littérature criminelle venue du grand nord ! Dès 1965 ce couple d'écrivains crée le personnage de Martin Beck, inspecteur suédois de la police de Stockholm dont les enquêtes vont passionner comme jamais les lecteurs du monde entier jusqu'en 1975 et engendrer une prestigieuse lignée d'auteurs scandinaves.

    Martin Beck, tel qu'il apparaît dans Roseanna la première enquête qui lui est dédiée, est un flic d'humeur maussade, empêtré dans un mariage usé jusqu'à la corde et se sentant coupable, sans pouvoir se l'avouer à lui-même, d'une situation personnelle désastreuse où il ne voit plus grandir ses enfants et oublie d'aimer sa femme. Peu bavard, il réserve ses plus grandes envolées aux transports en commun, responsables selon lui de tous les maux... une marotte en quelque sorte qui le rend sympathique.

    Le roman commence avec le cadavre d'une jeune femme repêché dans le canal de Borenshulte. Elle est nue et a manifestement été rudement molestée avant d'être jetée par dessus bord. Comment retrouver le criminel avec les moyens de l'époque quand aucun indice ne se propose aux enquêteurs venus en nombre pour tirer cette affaire au clair ? Martin Beck va devoir faire preuve d'une grande patience et d'une obstination hors norme pour débusquer l'auteur du meurtre de cette jeune femme qui s'avèrera être une touriste américaine répondant au prénom de Rosaenna.

    Le double dépaysement, géographique et temporel, apporte énormément au charme à ceroseanna,per,walhoo,sjowall,maj,rivages,polar,suédois roman qu'un humour très moderne, notamment dans son rapport aux problématiques sexuelles, contrebalance pour le plus grand plaisir du lecteur. Les interrogatoires, en particulier, sont des merveilles de drôlerie et de finesse. Le personnage de Rosaenna lui aussi, tel qu'il se dessine en égérie moderne d'une concupiscence féminine décomplexée, marque le lecteur comme il dresse face à lui une société nordique traditionnelle qui n'est peut-être pas encore prête à l'accepter. Le rythme du livre, d'abord lent alors que l'enquête piétine, gagne en intensité lorsque l'étau semble se resserrer sur l'individu vers lequel portent les soupçons les plus accablants. C'est vraiment bien ficelé. La résolution de l'énigme est imparable et cette enquête laisse une émotion étrange dans le coeur du lecteur qui comprend bien qu'en ces années 60, un monde, une société, basculent dans une révolution des moeurs qu'une criminalité nouvelle ne manquera pas d'accompagner.

    On en redemande.

  • Se dissoudre en mots...

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    Mr. Gwyn d'Alessandro Baricco

    éd. Gallimard, 18.50€

    Le romancier britannique Jasper Gwyn décide d’abandonner son art alors qu’il est au sommet de sa gloire. Il abandonne la littérature. Les relances désespérées son agent littéraire, n’y feront rien : sa décision est prise, il va s’agir à présent de disparaître des journaux, des médias, du petit monde littéraire et devenir très peu près avoir été beaucoup.

    Dans un premier temps Gwyn disparait  complètement et pendant de longues semaines il ne donne quasiment plus signe de vie. Mais un artiste peut-il échapper à son art ? Un écrivain peut-il faire autre chose qu’écrire ? Au bout de plusieurs mois, le manque apparaît dans la vie de Gwyn. Le besoin d’écrire est là, physique, et l’artiste va devoir trouver un moyen de le soulager sans revenir sur sa décision initiale de ne plus revenir au roman car cette vie d’avant, elle, ne lui manque pas.

    C’est au hasard d’un portrait exposé dans la vitrine d’un galeriste qu’une idée de génie lui vient : à la manière d’un portait peint, lui aussi fera des portraits et saura saisir le secret de ses modèles comme ont su le faire les plus grands peintres au fil du temps. Mais bien sûr, ses peintures à lui seront écrites… Il fallait y penser ! Il va inventer le gwyn.bariccoportrait écrit et sa vie, à se moment là précisément va changer du tout au tout !

    M. Gwyn est un magnifique roman qui nous entraîne au plus près de l’inquiétude et de la joie artistique. Cette histoire qui rappelle Le Chef d’œuvre inconnu de Balzac est un vrai bonheur de lecture, d’élégance et de tendresse pour dire le projet d’un homme qui au fur et à mesure que le roman progresse s’efface de l’histoire même qui lui est consacrée ! Un véritable tour de passe-passe à découvrir de toute urgence !

  • Histoire et lumières

    zeev,sternhell,histoire,lumières,albin,michel,juif,fascismeHistoire et Lumières, changer le monde par la raison

    de Zeev Sternhell

    éd. Albin Michel 24€

    C’est un livre que l’on prend par hasard sur le rayon de la librairie pour une raison qui nous échappe. Un livre un peu impressionnant, qui ne nous dit rien a priori, et dont on craint en secret ne pas avoir le niveau requis pour le lire. Le nom de l’auteur d’abord : Zeev Sternhell… D'emblée, comme un a priori de plus, on se dit que cela ne sera pas facile mais son titre, Histoire et lumière, changer le monde par la raison, et le fait que le livre se présente sous la forme d’entretiens (que l’on peu estimer d’un abord plus facile) finissent par nous convaincre de jeter un œil à l’ouvrage. Après tout ! Pour ce qu’on risque.

    Et là, immédiatement, en quelques minutes de dialogue, vous êtes emporté dans la vie et la pensée d’un homme dont le parcours, la culture et les travaux d’historien des droites françaises – aujourd’hui encore objets de querelles passionnantes – forcent l'admiration. En tout cas cela s’est passé comme ça pour moi.

    Je ne me risquerai pas à rendre dans le détail le parcours intellectuel de cet homme né en Galicie en 1935 de parents juifs. Sachez rapidement qu’il a ressenti dès son plus jeune âge l’antisémitisme polonais, qu’il a connu le ghetto de Przemysl et qu’il a vu partir sa mère et sa sœur pour Auschwitz lorsqu’il avait 7 ans. Sa vie entière est marquée par une volonté de survie à toute épreuve, un instinct qui fera de ce juif non croyant un sioniste de gauche, qui souffre cruellement de voir la classe politique de son pays basculer entièrement vers un nationalisme désastreux et dangereux. Recueilli au sortir de la guerre par sa tante installée en France à Avignon, Zeev Sterrnhell va devenir, à travers zeev,sternhell,droite,gauche,folioses lectures, un amoureux inconditionnel de la France, laquelle restera à jamais pour lui le pays des Lumières, c'est-à-dire le pays où l’individu est libre de ses croyances, des ses opinions. Pour un juif, cela n'a pas de prix car ces Lumières franco-kantiennes offrent un environnement qui permet de penser qu’un Etat et une société sont des instruments au service de l’individu, et non l’inverse. Le pays, la terre, la langue, la religion, les traditions, l’Histoire ne doivent plus peser comme un organisme en soi sur l’individu. On peut être d’accord ou non avec Sternhell et ses propres arguments paraissent parfois contestables même pour un simple libraire, mais entrer dans cette pensée est absolument passionnant.

    Sternhell est surtout l’homme qui en 1983 a fait paraître Ni droite, ni gauche, l’idéologie fasciste en France, ouvrage par lequel le scandale est arrivé puisque l’auteur prenait à contre-pied toute une histoire des droites françaises bien convenable dirigée par René Rémond, en mettant clairement en évidence (à ses yeux du moins) une origine française et contre-révolutionnaire à l’idéologie fasciste. C'est cette thèse qui fera alors hurler les historiens de l’institut des hautes études politiques de Paris. Tente ans plus tard, ils hurlent encore !

    Bref, il ne s’agit pas d’être d’accord ou non avec l’intégralité de son propos mais de reconnaître que sa pensée, son goût du combat et son idéal des Lumières dont presque plus personne aujourd’hui n’ose encore se réclamer en France, provoquent  une réflexion bienvenue. Le débat sur les questions d’identité et de nationalisme est plus que jamais  ouvert et ce livre, à lire absolument.

  • HORAIRES D'ETE

    En raison de l'été, la librairie des Cordeliers modifie ses horaires :

    Sachez donc que nous sommes ouverts

    du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 19h

    les lundis nous irons à la rivière.