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31/05/2014

romantique, désinvolte ou criminel... choisissez votre héros !

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L'autre pays de Sébastien Berlandis

éd. Stock "La forêt", 13€

Lire un récit de la collection La forêt, chez Stock est souvent l’occasion de découvrir une petite merveille d’intimité. En voici à nouveau la preuve avec ce deuxième texte de Sébastien Berlendis, que l’on se plait à suivre sur les routes italiennes, de Turin à la province de Matera en passant par Ferrare, Rimini ou San Pietro.

Dans un flou artistique envoûtant, l’auteur suit la trace de ses ancêtres, de ses souvenirs, et d’un amour évidemment perdu. Il nous offre des instantanés  de plages presque désertes, de ruelles à contre jour aux silhouettes anonymes, en prenant soin d’ « esquiver les tours d’immeubles » afin que subsiste une impression de beauté forte et volatile. Emprunt d’un romantisme authentique, tout en rupture et délicatesse, cette succession de courtes strophes sont autant de petites séquences qui forment un tout, à la manière d’un court-métrage.

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Le périple se terminera à Braco, ville abandonnée aux ruines évocatrices où subsistent les vestiges de son histoire. Son autre pays.

L'homme désœuvré de Yusuf Atilgan

éd. Actes Sud 22€ tard. du turc

Dans les rues d'Istanbul, un homme observe les autres en espérant un peu de nouveauté pour que se casse enfin la mécanique des habitudes. Rentier oisif et désœuvré, il passe la plupart de son temps à voler quelques baisers aux demoiselles de son goût au cas où, sait-on jamais, un peu d'amour se cacherait sous un jupon. Il joue au chat et à la souris avec les sentiments, s'invente sa propre liberté au nez et à la barbe des passants . Souvent il rit tout seul ou dialogue avec lui-même, fréquente les ateliers d'art à goûter les couleurs mais se perd tous les jours un peu plus, rongé qu'il est par un conformisme qui l’écœure.

L'amour absolu existe, il le sait, seulement il reste introuvable et le constat l'accable car finalement, il est « absurde d'espérer trouver du nouveau dans la vie des hommes».

Ecrit à la fin des années 50 ce texte d'une richesse stylistique et idéologique rare propose avec talent un peu de désordre et de jouissance dans une république kémaliste figée et autoritaire.

 

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L'affaire Collini de Ferdinand Von Schirach

éd. Gallimard 16.90€ trad. de l'allemand

Auteur sur le tard de nouvelles criminelles sidérantes, Ferdinand von Schirach passe au roman avec un livre percutant qui dénonce l’indulgence judiciaire avec laquelle la criminalité nazie fut traitée par la justice allemande.

Mai 2001. Caspar Lienen, jeune avocat au barreau de Tiergarten, est commis d’office à la défense de Fabrizio Collini, un homme d’une soixantaine d’années qui reconnait avoir sauvagement assassiné Hans Meyer, un vieil industriel respecté. L’affaire semble donc entendue et devrait être rapidement expédiée puisque tout confirme la version de cet immigré italien, lequel refuse cependant de donner un mobile à son geste. Obsédé par la défense de son client, Caspar tient à éclaircir cette question du mobile et un détail qui avait jusqu’ici échappé à tout le monde va récompenser l’obstination du jeune avocat, et faire subitement basculer le procès dans une dimension totalement inattendue !

Avocat allemand spécialisé en droit criminel, Ferdinand von Schirach est déjà connu en France pour Crimes et Coupables, deux recueils de nouvelles parus chez Gallimard, sidérants tant par la concision et la sécheresse du style employé que par la puissance d’évocation des faits rapportés. Inspirées d’affaires authentiques, von Schirach en à fait de véritables bijoux d’analyse, du point de vue de la psychologie humaine comme de la mécanique judiciaire. Avec ce court premier roman et cette même écriture pour le moins lapidaire, il questionne à nouveau la banalité du crime. Mais s’il s’attarde plus longuement sur cette affaire, c’est que ce crime là, justement n’est pas aussi banal qu’il en à l’air et nous renvoie - et avec quelle efficacité ! - aux heures les plus sombres de l’histoire allemande…

La question de l’indulgence judiciaire à l’égard des criminels de guerre nazis dans l’immédiat après-guerre et la problématique de la prescription de ces crimes deviennent alors le véritable sujet de ce livre écrit par celui qui ne peut oublier que son grand-père, Baldur von Schirach, fut le « grand » chef des jeunesses hitlériennes…

 

Ces critiques, ainsi que plein d'autres, sont à retrouver dans le nouveau numéro de PAGE des libraires disponible à la librairie.

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