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05/04/2014

Reste le nom d'une rue...

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Une femme simple de Cédric Morgan

éd. Grasset 16 €

Auteur rare, Cédric Morgan à qui nous devons déjà de somptueux romans tels que Le bleu de la mer ouOublier l'orage (éd. Phébus), sait se faire languir. Il signe Une femme simple, remarquable, comme à son habitude.

 Qui est Jeanne Le Mithouard, cette femme à l'envergure, au caractère et au charme démesurés  disparue en 1842 qui a donné son nom à l'impasse d'un petit port du Morbihan?

Cédric Morgan lui redonne vie dans un texte pétri de douceur et de délicatesse. Au rythme des messes, des tempêtes et des fêtes de villages, sur la grève et les sentiers, Jeanne choisit toute seule les chemins qu'elle doit prendre sans arrières pensées. Elle écoute le vent, parle aux statues et aux aubépines mais travaille comme personne, comme aucun autre homme du village. Tous regardent cette femme habillée de sa vareuse passer des champs aux embarcadères sans la moindre plainte. Les remarques vont bon train et les sourires dissimulés trahissent l’incompréhension que suscite "Samson" ou "La France" comme on l'appelle par ici. A la fois amoureuse « renarde qui sent le vent et qui va disparaître », héroïque quand elle sauve à bout de bras un père et son fils du naufrage assuré, elle est aussi exploratrice qui va au-delà de sa simple condition. Une mère qui travaille comme son marin d'époux qui ne revient plus vraiment de ses longues campagnes de pêche.

Peu à peu Cédric Morgan dessine le portait d'une icône éminemment moderne qui saura faire fi des vents contraires, des marées et des moqueries pour rester d'une simplicité folle comme le style de l'auteur, qui partage avec son héroïne le charme attachant de la discrétion.

Conte poétique, ce roman est aussi le prétexte à se laisser voguer d'îles en caps, de ports en golfes au gré des courants et des marées aux côtés de Jeanne la batelière, qui se voit finalement offrir un petit rien d'éternité.

L'écriture apporte au tout la souplesse nécessaire d'un souffle qui ne doit rien au hasard confirmant ainsi s'il le fallait, que Cédric Morgan est un grand écrivain.  

Notez que cette chronique et plein d'autres sont à retrouver sur le site du magazine PAGE des libraires et dans la revue du même nom disponible à la librairie sur simple demande.

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