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  • Le polar israélien arrive en force !!!

    Deux romans policiers ont paru en ce mois de mars qui nous donnent l'un et l'autre deux visions complètement différentes d'un même pays, Israël, et d'une même ville, Tel-Aviv. Tous les opposent que ce soit dans le rythme, dans l'écriture ou dans la réalité sociale qu'ils rendent de leur pays et pourtant les deux ont terriblement plu au libraire !

    dror,mishani,seuil,israël,hébreu,tel,aviv,inquiétante,disparitionUne disparition inquiétante de Dror Mishani

    éd. du Seuil 21€ (trad. hébreu par Laurence Sendrowicz)

    Avraham Avraham,* héros d’une série déjà traduite dans une quinzaine de pays arrive en France. Retenez son nom et celui de Dror Mishani, universitaire amoureux de littérature policière qui signe avec Une disparition inquiétante un roman qui ne confond pas rythme et précipitation. Tout simplement excellent !

    Une femme arrive dans un commissariat de Tel-Aviv pour déclarer la disparition de son fils. Bientôt 24h que l’adolescent n’est pas rentré chez lui. L’inspecteur Avraham Avraham, qui en voit défiler toute la journée des mères et des peurs infondées, tarde à lancer les recherches. Le jeune homme rentrera bien vite, c’est sûr. Que voulez-vous qu’il lui arrive ? Il n’y a pas de serial killers en Israël… Il n'y a même pas de littérature policière digne de ce nom, c'est bien la preuve !

    Quand enfin les ordres sont donnés pour retrouver le jeune homme, on sent que le retard pris par cette enquête ne sera jamais rattrapé et ce contretemps initial bourdonnera fâcheusement dans la tête de l’inspecteur Avraham comme une guêpe dans un bocal.

    Servi par une qualité d’écriture rare et une très grande économie de moyen, Une inquiétante disparition met en scène un homme qui doute autant de ses capacités à résoudre une affaire criminelle que de la culpabilité des proches de la victime à avoir commis un meurtre. Pourtant la clef de l’énigme est là, sous son nez. Encore faut-il la voir.

    liad,shoham,escales,polar,terminus,tel,avivTerminus Tel-Aviv de Liad Shoham

    éd. Les Escales noires 21.90€ (trad. de l'hébreu par Jean-Luc Allouche)

    Peinture d’une société israélienne refermée sur elle-même et encline à une xénophobie ahurissante, on imagine que les romans de Liad Shoham passent mal auprès de ses compatriotes. Erreur, ils sont en tête des ventes…

    La jeune activiste Michal Poleg est retrouvée assassinée dans son appartement de Tel Aviv. Tout accuse un jeune  érythréen, Gabriel, venu se réfugier en Israël avec sa sœur Lydie, et avec qui Michal s’était liée d’amitié quelques semaines auparavant. Pour la grande majorité de l’opinion publique, chauffée par les imprécations xénophobes du député d’extrême droite Ehud Réguev, l’affaire semble entendue : la jeune femme qui avait pris fait et cause pour les clandestins africains semblerait avoir payé de sa vie son activisme. Quand en plus, se sachant recherché par la police, Gabriel se rend à la police et avoue être l’auteur du meurtre pour une raison vaguement crapuleuse, l’enquête semble sur le point d’être bouclée.

    Or il y un grain de sable. Il est blond, de petite taille, plutôt joli, et se nomme Anat Namhias. Inspectrice Anat Namhias. C’est sa première enquête et, contrairement au reste des forces de police dont Liad Shoham dresse un portrait d’un racisme et d’un machisme effarant, la jeune femme aborde l’affaire sans le moindre a priori, notamment quand elle va faire face aux incohérences qui ressortent de la déposition du repenti Gabriel… Est-on sûr d’avoir arrêté la bonne personne ?

    Terminus Tel-Aviv est un roman coup de poing qui nous plonge dans le quotidien d’une société israélienne qui maltraite et méprise ses clandestins. Et l’on sent toute la colère et la révolte d’un écrivain bien informé sur la question. Comment cet Etat là peut-il accepter de laisser prospérer au mépris de toute dignité humaine, un marché du réfugié sur son propre sol ? Prostitution, trafic d’armes, kidnappings, mafias, affairisme politico-judiciaire… la démocratie israélienne n’a vraiment pas fière allure et Liad Shoham ne se prive pas de nous le dire dans ce polar énergique et passionnant !

     

    Notez que ces deux chroniques et plein d'autres sont à retrouver sur le site du magazine PAGE des libraires et dans la revue du même nom disponible à la librairie sur simple demande.

  • J'aaadooore cette bédé !!!

    backderf,punk,rock,mobile,homes,ça,là,dahmerPunk Rock & mobile homes de Derf Backderf

    Ed. Ça et là         19€

    Après Mon ami Dahmer parue en 2013, fascinante bande dessinée qui revenait sur ces années lycée durant lesquelles l’auteur avait côtoyé de très près celui qui allait devenir l’un des pires tueurs en série aux Etats-Unis, Derf Backderf réapparaît chez Ça et là avec un récit tout aussi « Amérique profonde » qui gagne en humour ce qu’il perd en malaise. Et c’est un vrai bonheur !

    Punk Rock & mobile homes est le portrait d’un jeune homme haut en couleur dans une ville qui a perdu les siennes. La ville, c’est Akron, Ohio, au début des années 80. Une ville que l’on appelle aussi Rubber City, la ville du caoutchouc, en raison de l’importante concentration d’usines de fabrication de roues et de pneus. Enfin ça, c’était avant. Avant la crise de l’automobile, avant le chômage. Une ville abandonnée où, symbole de la décadence certainement (…) il arrive aux banques de se transformer en boites punk ! Et c’est précisément là que se déroule notre histoire, dans The bank, une salle de concert mythique qui, comme par miracle, verra passer en quelques mois le meilleur de la scène punk rock. Les Ramones, Klaus Nomi, Wendy O. Williams, Joe strummer, Ian Dury et le critique musical Lester Bangs. Ils apparaissent backderf,punk,rock,mobile,homestous dans cette BD et tous ont affaire au véritable héros de l’histoire : Otto Pizcok qui se fait appeler aussi, « le Baron ». Un grand dadais de 18 ans, trombone dans la fanfare du coin. Pas exactement un punk tel qu’on les imagine en effet. Mais la suite nous prouvera que tel n’est pas celui que l’on croyait être… et ça va être un festival !

    Sur près de 150 pages, Punk Rock & mobile homes est le portrait régressif, potache et  testostéroné d’un mec qui n’en a pas l’air mais qui, au contact de cette musique qui n’aime rien, va s’épanouir et connaître l’amitié, l’amour et la gloire au micro ! C’est aussi le portrait d’une jeunesse qui prend conscience avec effroi et dégoût que le pays s’est donné à la pire baudruche que la politique spectacle n’ait encore jamais gonflée : Ronald Reagan ! Les malheureux, s’ils savaient W. Bush attendait son heure…

  • PRIX DES LECTEURS DE LA LIBRAIRIE 2014 !!!

    Venez vite découvrir le nouveau prix des lecteurs de la librairie des Cordeliers ! Tristan Garcia, est né en 1981. Faber est son 5ème roman.

    tristan,garcia,faber,gallimard,destructeur,prix,cordeliers,libraireDans une ville moyenne, peuplée d'une classe moyenne à l’intelligence moyenne, Medhi Faber rayonne. Depuis le CP il est l’électron libre, celui que l’on écoute, que l’on cherche quand l’horizon est un peu trop vide. Il manigance, il dirige mais s’isole et se perd chaque jours un peu plus dans le feu qu’il dégage. Deux amis, Madeleine et Basile, s’accrochent pourtant, tout fascinés qu’ils sont par l’intelligence et le charisme de cette idole qu’ils se fabriqueront peu à peu jusqu’à l’écœurement.

    Quand ils décideront quelques années après : à l’heure des choix, de faber, garcia, tristan, gallimardsortir Faber de la communauté qu’il a tenté de bâtir et dont il est l’unique rescapé, ils retrouveront un homme couvert de crasse mais pas de honte, assez libéré même des frustrations qui les tenaillent, eux, depuis l’enfance. Faber bousculera à nouveau leurs rêves, gentiment pliés comme du linge de maison dans un placard en formica.

    Le temps aura fait son œuvre et la haine est pernicieuse. Mais l’auteur ne laissera à personne d’autre le soin de s’occuper du sort de son personnage.

     Bien plus que le roman d’une génération, ce texte admirablement construit et réfléchi, éclaire en toute simplicité la facilité qu’ont les hommes et la société à générer des démons (concept cher à l’auteur). Faber en est un, mais peut-on vraiment lui en vouloir ?

    Faber de Tristan Garcia, éd. Gallimard, 21.50€

     

  • 23h30 à la librairie...

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    Photo souvenir du passage d'Edouard Louis à la librairie des Cordeliers le 28 février ! ça lui fait une belle gueule la casquette du libraire, non ?