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21/06/2013

QUELQUES BONS PETITS MEURTRES POUR BIEN PASSER L'ETE

coyotte, crossing,gischler, victor, denoëlCoyotte crossing de Victor Gischler

trad. de l'anglais (U.S.) éd. Denoël 19.90€

 Il n’avait qu’à surveiller le corps. Pas très compliqué. Juste à surveiller un cadavre, celui de Luke Jordan, brute locale retrouvée abattue au volant de son pick-up. N’importe quel abruti de sheriff adjoint d’un trou paumé des Etats-Unis devrait être capable de s’acquitter d’une mission aussi simple. Eh bien ! il faut croire que le jeune Toby Sawyer n’est pas n’importe quel sheriff adjoint…

Car le garçon, encore tout fier de l’étoile en fer blanc qu’il porte à la poitrine, préfère s’absenter quelques minutes pour retrouver sa douce illégitime le temps d’un plaisir rapide avant le retour de son supérieur. Seulement voilà, quand il revient sur le lieu du crime,  le crime justement n’est plus là ! Le corps à disparu et ça, quand les frères Jordan - tout aussi brutes que la victime - vont l’apprendre, cela risque de faire pas mal de bruit !

Commence alors un roman 100% action où les ennuis s’accumulent et s’agglomèrent comme une énorme boule qui ne serait pas exactement de neige et qui poursuit le pauvre Toby Sawyer pour le plus grand plaisir du lecteur.

Vous l’aurez compris, absence totale de psychologie dans ce roman. Mais une noirceur et un goût pour la parodie qui remportent avantageusement la mise. Les cadavres s’accumulent, les masques tombent, il fait nuit, il y a des cris et celui qui menace de crier le plus fort est bien le bébé du malheureux sheriff adjoint que sa femme, qui vient juste de se barrer, lui a laissé sur les bras. Alors vite, vite, vite ! Du lait, des couches et des cartouches !

 terre, froide, adrian, mckinty, stock, cosmopolitaine, noireUne terre si froide d'Adrian McKinty

trad. anglais éd. Stock 21.50€

 Irlande du nord, 1981. Dans un petit commissariat de Carrickfergus plus habitué à traiter les délits de nature politique opposant les catholiques aux protestants, c’est le grand embarras : à quelques jours d’intervalle, deux homosexuels ont été retrouvés assassinés. Un serial killer homophobe - le premier du pays ! - sévirait-il en terre d’Ulster ? Impossible ! Pas de ça chez nous, clament les gradés du coin. Ni des uns, ni des autres d’ailleurs : homos, tueurs en série… ça n’existe pas par ici. Et comme personne ne veut vraiment de cette affaire mineure, c’est Sean Duffy, le nouveau sergent tout juste sorti du moule qui va s’y coller.

Sean Duffy ! Pauvre garçon. Une anomalie dans ce pays ! Pensez donc. Un catholique au service d’une police protestante. Comment est-ce possible ?! Pas simple tout de même. Résultat ses collègues loyalistes se méfient de lui (comment avoir pleinement confiance un catholique ?) et la population occupée le considère comme un exemple sans équivalent de traîtrise… Il n’a pas fini d’en baver d’autant que très vite, on comprend que cette affaire un peu honteuse implique l’un des deux camps en conflit…

Sur fond de grève de la faim des membres de l’IRA dénonçant leur conditions d’incarcération, ce polar aux accents politiques est avant tout le portrait d’un flic attachant au possible, jusque dans ses tourments les plus troublants qu’il doit se résoudre à régler le plus souvent d’un trait d’humour, au besoin d’un coup de poing.

Pluie, nuages bas, bières et briques de lait explosées sur le pare-brise composent ce polar très efficace.

aurora, minnesota, pocket, krueger, polarAurora, Minnesota* et Blood Hollow**

*éd. Pocket 8.10€ / éd. Cherche midi 20€

Aurora, Minnesota, années 90. Cette petite ville tranquille, située au nord des Etats-Unis est secouée en pleines fêtes de Noël par la mort du vieux juge Parrant à son domicile. Atteint d’un cancer incurable, ce vieil ambitieux se serait suicidé à son bureau en embrassant un coup de carabine… Mais Corcoran O’Connor, dit « Cork », ancien shérif d’Aurora, irlandais par son père et indien par sa mère, va  suivre sa petite voix qui lui dit que tout ceci n’est pas très clair. D’autant que l’alternative à ce suicide impliquerait un jeune indien, livreur de journaux présent, selon toutes vraisemblances, à l’heure de la détonation fatale. Fort de la double confiance des communautés blanche et indienne présentes à Aurora, Cork, sous l’œil bienveillant du sheriff Wally Shanno, va pousser l’enquête un peu plus loin et comprendre très vite que, dans cette ville écrasée de neige et de froid, corruption, chantage et manipulation vont bon train. L’affaire qui s’annonce a de vrais airs de tempête…

Dans un pays magnifique, où les croyances indiennes perdurent entre mépris et respect, Aurora, blood, hollow, krueger, cherche midi, polarMinnesotaest un polar impeccablement construit, mettant en scène un homme attachant au possible. Un polar qui ne se donne pas des airs de mauvais garçon agaçants, mais devrait combler les amateurs d’intrigues en pleine nature menées de mains de maître. Indispensable !

Retrouvez Corcoran O’Connor dans une nouvelle enquête avec Blood Hollow. Mêmes visages que l’on retrouve 3 ans plus tard dans ce nouvel opus tout aussi prenant que le premier qui démarre avec la disparition de la jeune Charlotte Kane, fille de bonne famille qui semblait entretenir de coupables relations avec un notable d’Aurora. A la fonte des neiges, son corps est retrouvé et tout accuse Winter Moon, jeune indien de la réserve Ojibwe avec qui elle entretenait, semble-t-il, aussi une relation parallèle… Crime de la jalousie ordinaire ? L’ex-sheriff Cork O’Connor s’empare de l’enquête sans qu’on lui ai rien demandé. Comme d’habitude !

île, chasseurs, oiseaux, may, peter, babel, hébridesL’île des chasseurs d’oiseaux*et L’homme de Lewis**

trad. anglais éd. Babel Noir *9.70€ et **8.50€

Amateurs de polars softs, d’enquêtes minutieuses centrées sur la personnalité des inspecteurs et leurs propres zones d’ombre, jetez-vous sur ces deux bijoux du genre ! Ils sont captivants ! Et le cadre des îles reculées de l’archipel des Hébrides, à la tourbière omniprésente et balayée par le vent, participe à l’atmosphère incroyablement captivant de cette série !

Fin Macleod en est le personnage central. C’est un homme meurtri que l’on découvre dans L’île des chasseurs d’oiseaux. Il vient de perdre son jeune fils dans un accident de la circulation et se sépare tout juste de sa femme qu’il ne peut s’empêcher de tenir pour responsable.

Après 18 années passées à Glasgow, il revient enquêter sur l’île de Lewis à la faveur d’un crime qui vient d’y être commis, crime étrangement semblable à celui sur lequel il était précisément en train d’enquêter avant que son drame personnel ne survienne. Pourtant, le médecin légiste peine à croire que les deux crimes sont liés… ils se ressemblent, soit, mais sont ils l’œuvre du même meurtrier ? Cela reste à voir. Pourtant Fin va très vite comprendre que cette ressemblance a du sens… Quant à la victime, une brute prénommée Ange, il la connaissait très bien ! Pour y voir plus clair, il va devoir replonger dans le passé de cette île, son propre passé, y explorer les zones d’ombre et en faire surgir les fantômes les plus douloureux, en particulier celui qui le lie à Artair, son ami souffre douleur avec qui il a passée le plus clair de son adolescence. Aujourd’hui celui-ci vit avec Marsaili, son amour d’alors, et il semble que beaucoup de choses entres eux trois sont restées tues trop longtemps…

 Dans L’homme de Lewis, alors que Fin s’installe quasi définitivement sur cette île qui l’a vu naître homme, lewis, may, peter, babel, hébrideset s’apprête à y refaire sa vie, c’est avec la découverte dans la tourbière d’un cadavre atrocement lardé de dizaines de coups de couteau que commence le roman. Il faut savoir que la tourbe à cette faculté exceptionnelle de conserver les corps et comme sur l’île voisine de Tollund on en a découvert un en 2003 de plus de 2000 ans d’âge, on espère dans un premier temps que celui de l’île de Lewis, à présent déposé sur la table du médecin légiste chargé de le « dater », ne fera pas pâle figure voire battra le record de quelques centaines d’années. Mais il n’y aura pas nécessité d’avoir recours à la datation carbone cette fois ci. En effet, les espoirs sont très vite douchés lorsque qu’apparait sur l’avant bras du cadavre un grossier portrait d’Elvis avec la mention Heartbreak hotel, album paru en 1956… « L’homme de Lewis » est donc un de nos contemporains, « l’homme de Tollund » garde son record et l’inspecteur Fin Macleod va devoir se lancer dans une enquête formidable qui va l’obliger, une fois encore, à remuer certains éléments de son passé et de celui de ses proches afin de découvrir qui a assassiné l’homme de Lewis.

gardien, phare, lackberg, camillaLe gardien de phare de Camilla Lackberg

éd. Actes Sud 23.50€

Une nuit d'été, Annie s'enfuit, en voiture, les mains couvertes de sang, son fils sur le siège arrière. Pour elle, un seul endroit où se réfugier: l'île de Graskar,  où elle a passé son enfance, dans l'archipel de Fjällbaka, une île que les gens du cru appellent "l'île des morts".

Quelques jours plus tad, Mats Sverin, directeur financier d'un projet de complexe spa, un jeune homme apprécié de tous et à la vie apparemment sans histoires, est retrouvé assassiné chez lui d'une balle dans la tête. Lorsque la police de Fjällbacka commence à enquêter, elle découvre bientôt qu'Annie est la dernière personne à l'avoir vu vivant...

C'est toujours un plaisir de retrouver Erica et Patrik, les deux protagonistes principaux de Camilla Lackberg. Ici un plaisir décuplé d'autant plus qu'on les a quittés dans une fort mauvaise posture à la fin de La sirène. Si Erica jongle entre ses jumeaux nouveaux-nés et le soutien qu'elle doit apporter à sa soeur, cela ne l'empêche pas de s'intérésser à la nouvelle affaire de son mari. Quant à Patrick, difficile de se ménager quand on doit gérer les écarts de son supérieur...

On se lance dans un nouveau Lackberg comme on retrouve une bonne série télévisée, sans jamais s'ennuyer. On a beau en connaître les rouages (va et vient entre le passé et le présent), l'intrigue nous mène par le bout du nez, exploitant les thèmes récurrents de la littérature policière suédoise tout en continuant à nous surprendre.

Bref je me suis encore fait avoir. Vivement la suite!

De bons voisins Ryan David Jahnbons, voisins, jahn, babel, polar

trad. anglais (U.S.) éd. Babel 7.70€

 New York, le 13 mars 1964. A quatre heures du matin, après son service, une jeune femme rentre chez elle. En bas de son immeuble, tapi dans la pénombre, un homme armé l'attend. Elle va recevoir un nombre incroyable de coups de couteau, appeller au secours en vain et agonir près de trois longues heures dans une mare de sang sans que personne ne vienne l'aider. Pourtant ils seront près d'une quarantaine derrière leurs fenêtres à assister à la scène effroyable, convaincus qu'un autre parmi eux aura déjà appelé la police... Comment ce drame, qui à bouleversé l'Amérique, a-t-il été possible ? C'est la question que se pose Ryan David Jonathan dans ce premier roman d'une noirceur incroyable. Entrecroisant les existences fragiles d'hommes et de femmes suffisamment occupés par leurs propres problèmes avec la narration minutieuse du calvaire de la jeune victime, il brosse le portrait d'une ville la nuit, où règnent violence, corruption, pédophilie et racisme. Une Amérique en guerre au Viet Nam qui s'oublie et s'enfonce dans une fange cérébrale où se noie le quotidien. Restent quelques personnages magnifiques : un fils prisonnier de l'amour qu'il porte à sa mère gravement handicapée, un homme qui découvre son homosexualité en compagnie d'un collègue de travail, un couple qui se dispute après une soirée échangiste... La vie ne manque décidémment pas de distractions qui vous feraient oublier qu'à quelques marches de là, en bas de votre immeuble, votre jeune et jolie voisine rampe dans son sang depuis de longues minutes déjà, espérant atteindre la porte de son appartement avant que son agresseur ne vienne terminer un travail suspendu. Coitus interruptus...

Voilà un roman noir magistral ! Une perle à ne pas rater ! Quelque chose entre Short Cuts, le film de Robert Altman, pour la construction et Hubert Selby Jr ou Truman Capote pour le talent de plume. 

03/06/2013

Des bouteilles et des livres...


serroy, jean, glénat, vins, côtes, rhône, vallée, livre, dédicacePrésentation et dédicace du livre de Jean Serroy Vins du Rhône, Côtes et Vallée. Puis dégustation.

Vendredi 14 juin à partir de 17h30

On le sait, la littérature aime bien boire, et les plus grands écrivains, depuis l'antiquité, ont plus souvent qu'à leur tour su trouver l'inspiration en faisant plutôt appel aux tire-bouchons qu'aux muses... La librairie des Cordeliers, qui est soit dit en passant un lieu de haute tenue morale, ne pouvait pas manquer de célébrer à sa manière ce joyeux constat, et la toute récente parution du livre de l'érudit Jean Serroy Vins du Rhône, Côtes et Vallée arrive donc à point nommé.

Aussi nous vous invitons à venir découvrir de toute urgence (la fête des pères approche...) ce précieux ouvrage édité chez Glénat qui vous dit tout : l'histoire, la géographie, la physionomie et le goût des appellations Côtes et Vallée du Rhône. Avec en plus les conseils (un peu chers cependant...) d'une dizaine de grands chefs et de leur sommelier concernant leurs vins du Rhône préférés.

Jean Serroy en profitera aussi pour dédicacer l'ouvrage Christian Têtedoie, cuisinier à Lyon qu'il vient de coécrire avec le grand chef en question, toujours chez Glénat et, sur un tout autre sujet (jugez-en plutôt) celui coécrit avec Gilles Lipovetsky, et paru aux éditions Gallimard : L'esthétisation du monde, vivre à l'âge du capitalisme artiste

Afin de comprendre parfaitement les enjeux et toute la problèmatique viticole soulevétain, hermitage, serroy, côte, rhônepar l'ouvrage de Jean Serroy, la librairie des Cordeliers, dans un souci de professionnalisme qui la caractérise, a demandé au caviste romanais Vinum ( 26 Place Jean Jaurès) de  fournir quelques bouteilles de son choix afin de satisfaire certains de nos lecteurs parmi les plus exigeants. Une dégustation, vous l'aurez compris, sera donc organisée. Il vous sera même possible d'acheter sur place certaines bouteilles sélectionnées par le caviste.



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