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12/11/2012

RENCONTRE AUTOUR DU DESSIN DE PRESSE

Cabu, qui était venu nous rendre visite l'année dernière, tout le monde le connaissait ou pensait bien le connaître. Cette année, la malle de Jacques Lamalle sera chargée d'un autre grand nom du dessin de presse : Guiraud dit Kiro. Celui-ci, vous pensez ne pas le connaître et cela est fort possible, sauf à être un fidèle du Canard Enchaîné. Pour faire connaissance avec ce dessinateur très discret, voici le portrait qu'en a fait Frédéric Pagès à l'occasion de la parution du livre Le Canard Enchaîné, 50 ans de dessins en 2008 :

kiro, guiraud, canard, enchaîné, lamalle, arènes, dédicaceLa vocation de Ferdinand Guiraud, né en 1956, doit beaucoup à ses professeurs de lycée : « Le dessin m’est venu en classe pendant les cours où je m’ennuyais ferme, c’est-à-dire à peu près tous. » Après le bac, il est très occupé : trois jours aux Beaux-Arts, un an à l’école du Louvre, un an de droit, tout cela la même année, et pas forcément d’une façon très suivie. Cet emploi du temps dilettante lui laisse le temps de présenter ses dessins dans les journaux et, un beau jour, de toquer avec succès à la porte du Canard Enchaîné : « C’était une époque où l’on avait une chance de passer un dessin au Canard en le présentant le lundi au secrétariat de rédaction ». Il n’a alors que 19 ans. Son trait est si classique qu’on aurait pu imaginer Guiraud comme un patriarche du dessin de presse portant lavallière et montre à gousset. Ce qui n’est pas le cas. Mais c’est vrai qu’il se reconnaît comme maîtres : « Jean-Léon Gérôme, Cormon, Bouguereau, David, et surtout David Levine ». Et non pas Wolinski ou  Reiser… Rien en lui ne doit au jeter soixante-huitard, ni dans la forme, ni dans le fond. Ni rage, ni révolte, mais une galerie de trognes balzaciennes illustrant l’éternelle comédie humaine et politique... Finalement Kiro est l’un des rares dessinateurs à avoir ignoré avec superbe 1968. Cela ne signifie pas que son style – très travaillé, hachuré, dense – est figé dans le marbre. Au contraire, dans les années 95, Guiraud prend le risque de changer de signature et de s’appeler Kiro. « C’est à la suite d’un pari après une biture prise avec Wozniak. Le Canard ne me passait pratiquement plus aucun dessin. J’en ai profité pour changer de style, adoptant une ligne plus claire qui avait l’immense avantage de me faire perdre moins de temps en striures répétitives » explique cet excellent caricaturiste qui ne travaille pas dans la quantité. Il  a peu collaboré à d’autres journaux, passant en 1977 dans J’informe, l’éphémère quotidien de Joseph Fontanet, puis créant le non moins éphémère L’ivrogne. Plutôt que d’exposer ses œuvres à la pluie et au froid français, Guiraud-Kiro a choisila Grèce – les Iles Santorin et Patras – pour accrocher à plusieurs reprises ses dessins. Au Canard Enchaîné, il est un des inventeurs du bouclage continu qui consiste à assurer au bar une permanence nocturne et sans défaillance avec quelques amis. C’est dire sa conscience professionnelle. A tous points de vue, ce Guiraud est un « K ».

Retenez donc la date pour vous faire dédicacer par Kiro l'ouvrage d'exception Le XXème siècle en 2000 dessins de presse : c'est le jeudi 6 décembre, de 18 à 19h à la librairie des Cordeliers. Rencontre ensuite autour de l'ouvrage avec Jacques Lamalle et Kiro au bar Le Central vers 19h15.

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