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27/04/2012

Nous comptons sur votre présence !!!

EXCEPTIONNEL !!!

Mana Neyestani à la librairie des Cordeliers !!!

mara, neyestani, métamorphose, iranienne, ça, bande, desinnée

 vendredi 11 mai

dédicace de 18 à 19h à la librairie  rencontre à 19h au bar Le Central

Une métamorphose iranienne de Mana Neyestani

co-édition ARTE éditions / ça et là éditions    20€

Dessinateur de presse durant de longues années pour des journaux à tendance réformiste, l'iranien Mana Neyestani se voit contraint, au printemps 2000, avec la montée en puissance des forces cléricales conservatrices de son pays, à abandonner ce poste pour celui, moins subversif, d'illustrateur pour la presse jeunesse. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il prendra beaucoup de plaisir à cette "reconversion" et malgré le durcissement du régime iranien, il s'acquittera de sa tâche sans ressentir à aucun moment la moindre pression de la part des autorités. Jusqu'au jour où un dessin malheureux, aux apparences anodines, va l'amener à goûter pendant plusieurs mois au sale parfum kafkaien du Ministère des Renseignements, de la Sécurité Nationale et de ses geôles.

Pour avoir dessiné sans s'en rendre compte un cafard prononçant un mot d'origine turque totalement assimilé au persan, Mana Neyestani va déclencher la colère des populations azéris du nord de l'Iran. Comment peut-on oser comparer les turcs à des cancrelats ?! Afin d'éviter le soulèvement irréversible de l'Azerbaïdjian, une répression violente va être menée par Téhéran qui va, pour apaiser la situation, faire du  jeune dessinateur un bouc émissaire idéal. "Une métamorphose iranienne" raconte cette descente aux enfers, l'enfermement, l'accusation, la menace, l'absence de possibilité réelle de défense,la douleur... Puis la liberté retrouvée mais sans cesse menacée, et l'exil inévitable vers les Emirats Arabes Unis d'abord, puis la Turquie, la Chine et enfin la Malaisie pour s'y mara, neyestaniinstaller. 

Voici donc une BD qui vous scotche autant par l'incroyable histoire qu'elle raconte que par la puissance graphique qui la porte ! Impossible de ne pas penser au trait et à la noirceur de dessinateurs tels que Topor ou Serre. Inventif, métaphorique au besoin, son dessin coule d'une encre où poésie et humour noir ont été broyés puis fondus. Ce livre bouleversant nous concerne tous. A lire et à faire lire toute affaire cessante, croyez-moi !

Un dessin animé iranien. Édifiant.

Voici la vidéo qu'un client ami nous a fait parvenir. Pour ceux qui ne parlent pas l'anglais, elle raconte iran, neyestani, benhoudl'histoire de Mohammad Mostafaei devenu un avocat spécialisé dans la défense de jeunes citoyens iraniens. Cet homme à réussi à sauver de la pendaison 20 des 40 clients qu'il a eu à défendre.

Pour ceux qui n'entendent pas l'anglais, cette animation relate plus particulièrement l'exécution d'un adolescent, Benhoud Shojaee, condamné à mort pour iran.jpgavoir, par accident, provoqué la mort d'un autre jeune homme. Mohammad Mostafaei ne réussira pas à le sauver.

VOIR L'ANIMATION EN CLIQUANT ICI

L'Iran, ce n'est pas que ça, bien sûr, mais c'est aussi cela. Le deuxième pays au monde, après la Chine, pour le nombre d'exécutions. 

Nous vous rappelons que l'illustrateur iranien Mana Neyestani viendra à la librairie des Cordeliers le vendredi 11 mai. Nous vous espérons nombreux.

03/04/2012

Le Travesti vous regarde

Travesti de David Dumortiertravesti, dumortier, david, dilettante

éd. Le dilettante 17€

Travesti est de ces textes que l'on n'attend pas et que l'on se prend en plein figure. Dans une langue qui fait souvent du bien et dit beaucoup de mal, David Dumortier, poète dans le civil, habitué des salles de classe grâce à ses publications jeunesse, dévoile, en une confession tour à tour rageuse et bouleversante, sa vie de travesti.

Et qui y a-t-il sous la jupe d'un travesti ?

D'abord, il faudrait pouvoir tout dire sans choquer. Alors disons- le tout de suite. Si tout connaître de la vie d'un travesti qui aime à se donner de préférence à des noirs et des arabes vous choque, alors vous serez choqués. Si vous craignez de savoir ce qui pourrait se passer dans l'alcôve d'un travesti qui, c'est selon, vend ou offre son savoir-faire, alors fuyez et maudissez-vous d'être incapable, le temps d'un livre, de faire taire des convenances qui n'ont aucune place entre ces pages. Mais dans le cas  contraire, si vous reconnaissez que rien n'est sale en littérature qui est dit avec brutalité et beauté, alors bienvenue dans ce petit appartement parisien, bureau et bordel de David Dumortier où le poète et le fardé essaient de vivre en bonne entente. Défilent alors les hommes et leur petit fardeau de vie qui viennent pour parler autant que pour baiser, se défaire un instant de la réalité sans joie de leur quotidien. Savent-ils que le travesti est aussi poète ? Rien. Arrivent alors les excursions provinciales de l'écrivain, invité ici et là, dans quelque coin reculé de France où naissent les rivières, afin de travailler la rime avec deux trois classes motivées. Ces enfants là savent-ils que leur poète, dans l'intimité, aime à porter des robes vite enlevées le moment venu ? Sûrement pas.

D'ailleurs, personne ne savait rien jusqu'ici, de sa schyzophrénie. Mais de ces nuits de labeur labouré, de ces tournées scolaires épuisantes racontées comme jamais aucun dumortier, david, travesti, dilettanteécrivain n'osa le faire, naissent des pages de littérature sublimes. Sublimes ! Marginal le poète, marginal le travesti. "Personne ne choisit un beau matin d'être poète pas plus que travesti". David Dumortier sera les deux dans un monde qui les méprise autant l'un que l'autre, et sur ce mépris, il brandit un miroir de littérature qui dit de nous ce qu'il en sait. Ce qu'il a pu observer dans son cabinet. Et devinez alors, entre le travesti et le père de famille, quand ils se retrouvent face à face avant de se serrer, lequel des deux a le plus de choses à cacher ?

Travesti n'est pas une lecture qui vous veut du bien. Mais de ces centaines d'hommes rencontrés, leurs morceaux de vie dans ce livre collés, leur colère, leur violence, et de cette enfance paysanne détestée, père parti, mère abandonnée, et de ces enfants dans les classes, leurs questions incessantes et parfois, l'un d'eux, au-dessus du lot, un être hors du commun, de tout cela donc, toute cette matière qui sent un peu le fumier, naît un livre touché par la grace.

Si vous le voulez, cher lecteur, chère lectrice, je ne vous conseillerais qu'un seul livre cette année. Ce serait celui-ci. Au risque de vous perdre.

"Je n'ai jamais désiré être une diva pour mon pays. J'aurais seulement aimé être une femme un peu conne. Il n'y en a pas beaucoup qui rêvent d'être une conne. Mais moi je prends tous les rêves que les autres ne veulent pas."

"Derrière la maison, un chemin blanc monte vers le boqueteau. Ce petit layon à l'air de respecter toute la diversité végétale du monde avec son joli nez à la retroussette dans le virage et son sac-à-dos rouge qu'il porte parfois sur le dos de quelqu'un. On aimerait lui en faire voir de toutes les couleurs à ce chemin de terre. Lui casser la gueule et lui piquer son pognon. Ca lui ferait changer d'avis sur l'amitié entre les peuples."