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  • Sempé, avec nous ! Sempé, avec nous !

    sempé.jpgLe grand Sempé est des nôtres dans la bataille pour conserver une TVA sur le prix du livre à 5.5% !

    Le commerce du livre est une activité des plus fragiles et le métier de libraire a le triste honneur de figurer comme l'activité commerçante de détail la moins rentable. En effet, le résultat net moyen de la profession en 2010 s'est établi à seulement 0.3% chez les indépendants. Il ne s'agit pas de pleurer mais simplement de vous avertir, vous, lecteurs, que pour un grand nombre de librairies, l'augmentation de 1.5 point de TVA (prévue au 1er avril) serait le coup de grace assuré. Des centaines de librairies économiquement fragiles pourraient disparaître à cause de cette opération budgétaire rigoriste voulue par le gouvernement dans l'espoir de récupérer quelques 50 millions d'euros de recettes. Or, comme le dit dans une lettre ouverte aux députés et sénateurs le collectif Callimaque*, "l'Elysée sait que
    les 50 millions d'euros de recettes espérés, outre qu'ils pèsent très peu dans le milliard huit attendu, ne seront pas au rendez-vous. En effet [...] après l'application de cette mauvaise mesure, la diversité du libraire vivant.jpgpaysage éditorial français disparaîtra. L'écrasante majorité des éditeurs ne bougera pas les prix de ses livres, et la myriade d'éditeurs qui constituent les fonds de la librairie française est appelé à disparaître". Des librairies en moins, donc des petits éditeurs en moins, et c'est tout un secteur économique que ce tout petit point et demi de TVA en plus pourrait irrémédiablement saccager. Et autant de recettes fiscales en moins et d'activité économique éffacée une fois ces structures disparues. L'état pourra alors toujours faire les yeux doux à Amazon pour compenser cette disparition et inciter la compagnie américaine à installer son siège social en France quand elle est si bien (fiscalement) traitée dans son paradis du Luxembourg...

    Alors venez à la librairie récupérer la carte postale de Sempé adressée au président de la République et faites lui part de votre profonde inquiétude. Après le 21 février, jour du scrutin prévu à l'Assemblée Nationale, il sera trop tard.

    Merci

    *Callimaque regroupe des libraires indépendants et des éditeurs

  • Secrets de familles...

    zalberg, défaut, amérique, actes, sud
    A défaut d'Amérique de Carole Zalberg
    éditions Actes Sud
    18.50€
    Ce roman commence dans un cimetière où l’on enterre Adèle. Sa famille est autour d’elle, aux abords du caveau. A l’abri des regards, à quelques pas, se tient Suzan, l’Américaine venue saluer à sa manière celle qui fut, au sortir immédiat de la 2nde Guerre Mondiale, le bref et puissant premier amour de son père. Cette romance entre le libérateur d’outre-atlantique et la jeune femme avait tourné court, Adèle étant alors déjà engagée avec Louis et mère de deux enfants. Cinquante années ayant passé, Suzan, s’occupant de son père devenu veuf et dans l’espoir de lui redonner un peu de goût dans la vie, avait entrepris de réunir les deux amants d’alors, comme si une interruption aussi longue pouvait ne pas compter. L’échec de ces retrouvailles accélèrera la fin du vieil homme.
    Mais qui était vraiment Adèle ? D’où venait-elle et qu’avait-elle vécu ? Et que sait-on vraiment des gens ? Des peines et des renoncements qui les ont menés jusqu’à vous ? En entremêlant au récit de Suzan celui de Fleur, l’arrière petite-fille d’Adèle en quête de ses origines, Carole Zalberg tricote avec les fils du temps un superbe roman composé de destins de femmes et d’hommes anonymes et courageux à leur manière. L’écriture d’A défaut d’Amérique est d’une précision remarquable et sa composition temporelle, pourtant savante, souligne une maîtrise incroyable. Car tout dans ce roman parle du temps. Celui que l’on n’a pas su ou pu saisir, les rendez-vous manqués, celui qu’une correspondance interrompue ne rendra jamais, les pans entiers d’histoire familiale perdue, ellipses mystérieuses que l’imagination s’efforce de combler, etc. Et les morts ici et là comme des jalons de douleur. Des poignards.
    Après L’invention du désir en 2010 qui fut notre première rencontre avec l’écriture sublime de Carole Zalberg, À défaut d’Amérique nous enchante à nouveau par sa virtuosité et la justesse des images dont elle sait user au besoin quand il s’agit par exemple d'envoyer à son ménage celle qui a fait de sa vie une suite de renoncements : « Fais ta poussière, va. Le chiffon, au moins, il t’obéit. »