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  • Marie-Monique ROBIN à Romans mardi 5 avril !

    robin, poison, arte, découverte, quotidien, monsantoNotre poison quotidien, le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin diffusé sur ARTE à la mi-mars, a suscité comme prévu quantités de réactions et de levées de boucliers aussi bien dans les médias traditionnels que sur la toile. Déjà, Le monde selon Monsanto en 2008 avait mis le feu aux poudres en révélant le vrai visage de l'industrie céréalière. En poursuivant son enquête dans l'univers de la chimie en relation avec l'alimentation, M-M Robin remet les pieds dans le plat et éclabousse pas mal de blouses blanches dans leurs labos qui, pareilles aux blanches colombes, pensaient s'y trouver bien à l'abri. Alors M-M Robin est-elle parano ? Nous empoisonnons-nous réellement à l'heure du repas ? Peut-on vraiment imaginer que l'industrie chimique et les organismes nationaux et supra-nationaux, supposés veiller sur notre santé, ne nous disent pas tout au nom du tout puissant profit ?

    Venez en parler avec la journaliste lauréate du prix Albert Londres 1995 mardi 5 avril au Ciné Lumière à Romans.Une projection exceptionnelle de Notre poison quotidien sera alors faite à 20h et Mme Robin répondra ensuite aux questions de la salle*. 

    Auparavant, ce même jour de 17h30 à 19h, Marie-Monique Robin sera dans notre petite librairie pourrobin, quotidien, poison, découverte dédicacer le livre** passionnant tiré de ce documentaire, qui se présente comme un complément indispensable pour qui souhaiterait aller plus loin dans cette affaire. Les DVD*** Le monde selon Monsanto et Notre poison quotidien seront également disponibles à la vente.

    *Participation aux frais 5€ **éd. de La découverte 22€ ***ARTE éditions 14.75€

     

    Marie-Monique Robin est lauréate du prix Albert-Londres (1995). Journaliste et réalisatrice, elle a réalisé de nombreux documentaires, couronnés par une dizaine de prix internationaux. Elle est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages, dont à La Découverte Escadrons de la mort, l’école française (2004, 2008),L’École du soupçon (2006) et Le monde selon Monsanto (2009)


    Notez que cette rencontre proposée par la librairie des Cordeliers s'inscrit dans le cadre de la Semaine du développement durable. Plus d'infos ici.

  • BD. Tours et détours d'une jolie fille.

    De quoi est faite une vie ? De choix, de paris, de changements de direction, de rencontres et d'erreurs. Polina sera danseuse, et toute petite déjà, son avenir semble tracé. D'autant que la gamine, bourrée de talent, est très vite remarquée par des professeurs parmi les plus réputés. Mais où exercer son génie de la danse quand autour de soi, les sollicitations se multiplient ? Dans le monde de la danse classique avec l'impressionnant professeur Bojinski ou dans celui de la danse contemporaine avec Mme Litvosky, dénicheuse de talents hors pair ? Popolina, vives,bastien, casterman, danselina va devoir faire sa route toute seule, assumer ses choix au risque de passer à côté d'une très grande carrière. Mais qu'est-ce qu'une vie réussie, après tout ? Une vie sans regrets est-elle possible ? Et ce danseur aux cheveux bruns, qui la regarde depuis le début de la saison, n'est-ce pas plutôt vers lui qu'elle doit aller, de sauts de biche en entrechats...?

    Avec Polina et après les superbes Le goût du chlore et Amitié étroite, Bastien Vivès nous éblouit de nouveau par l'insolence de son génie graphique associée à une sensibilité et une intelligence des coeurs incroyables. Nul ne rend mieux le mouvement des corps que lui. Nul ne saisit avec autant de classe les silences éloquents où tout se décide sans que rien ne se passe. Voici Polina, voici un chef d'oeuvre !

  • DERNIERS JOURS D'ALEXANDRIE

    jours d'alexandrie.gifJours d'Alexandrie de Dimitris Stefanakis

    trad. du Grec  par Marie Roblin  éd. Viviane Hamy   24€ 

     

    A priori, les pavés de 500 pages, ce n'est pas pour moi, mais comme il n'est pas non plus dans les habitudes des éditions Viviane Hamy de publier  de ces romans-fleuves propres à vous emporter dans un torrent romanesque impétueux, j'ai décidé d'y jeter tout de même un oeil. Un précédent cependant, L'art de la joie de Goliarda Sapienza, chez le même éditeur en 2005 avait été une telle révélation que je demandai rien moins qu'une aussi belle surprise... Jours d’Alexandrie ne m’a pas déçu.

    Voici un roman formidable, une grande fresque historique qui débute en 1914, dans cette cité qui depuis des siècles fascine l'occident. L'histoire commence précisément le jour où la Première Guerre Mondiale est déclenchée. Antonis Haramis, un industriel grec du tabac, signe avec le commandement anglais un contrat juteux lui donnant l'exclusivité du ravitaillement des troupes britanniques en cigarettes. Dès lors, la fortune de sa famille semble assurée, en dépit des aléas que la Vie et l’Histoire mettront sur son chemin. Et les 500 pages qui suivent ne manqueront ni de rebondissements, de revers de fortune, de révélations édifiantes et… d’aventures amoureuses. Car ce roman nous séduit aussi par sa force sensuelle, rappelant pour mémoire comment sur cette ville, en ce début de XXième siècle, soufflait un vent de liberté des mœurs qui n’avait presque rien à envier à celui qui traversait l’Europe des Années Folles.

    Des dizaines de personnages se croisent, se suivent et se perdent au fil du roman. Mais le plus important d’entres eux aux yeux de Dimitri Stefanakis est bien entendu celui qui les englobe tous : la ville d’Alexandrie. Sous tutelle anglaise, elle est alors comme un coin d’occident en plein monde arabe, une ville où l’on vient se reposer si l’on a les moyens, où l’on vient faire fortune si l’on a du talent, une Babel des temps modernes où l’on parle mille et unes langues en particulier celle du savoir-vivre, de l’élégance et du sexe : le Français.

    Mais que l’on ne s’y trompe pas, peut-on lire entre les lignes, cette liberté de mœurs, cet esprit libéral qui semble comme importé par la très forte présence européenne, n’existent qu’au prix d’un aveuglement originel. Celui qui efface, ou repousse suffisamment loin, les arabes d’Egypte que l’on retrouve sans cesse humiliés, en butte à un racisme de classes parfois très violent. Et plus nous avançons dans le temps (1ère Guerre Mondiale, montée du nazisme, 2nde Guerre Mondiale,jours, alexandrie, stefanakis, dimitris, viviane, hamy, égypte naissance d’un état israélien, Guerre Froide, etc.) plus apparaît clairement la naissance d’une conscience arabe, d’un  nationalisme qui aboutira à l’arrivée de Nasser au pouvoir et à cet épisode historique majeur que représentera la Nationalisation du Canal de Suez en 1956. Evénement qui sonnera la fin du rêve alexandrin et celle du magistral roman de Dimitri Stefanakis.

    Bref, pour finir je voudrais surtout dire : N’ayez pas peur. Voici un roman de 500 pages pour lecteurs de romans de 300 pages, qui seront surpris de le dévorer comme un roman de 100 pages ! Et je parle d’expérience.