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  • Hors série de la Revue XXI

    Les Roms, encore eux et toujours eux... L'excellente Revue XXI publie son premier hors série, un numéro de 96 pages consacré aux reportages du photographe Alain Keller qui depuis plus de 10 ans visite des camps de Roms à travers l'Europe. Un reportage qui démarre au Kosovo en 1999, passe par la Tchéquie et la Calabre pour finir en banlieue parisienne. Impossible de ne pas se sentir remué et concerné. Cela s'appelle : "Des nouvelles d'Alain".

    XXI, des nouvelles d'Alain, allain keller, romsMélangeant habilement photos et dessins, à la manière de la bande dessinée Le photographe de l'illustrateur Emmanuel Guibert dont il s'est adjoint le concours, Alain Keller, ex-reporter de presse courant les guerres à travers le monde, nous invite à corriger une nouvelle fois le regard que l'on porte sur la première minorité d'Europe et qu'un discours officiel s'emploie régulièrement à déformer. "Avant-guerre, la première minorité, c'était les juifs" dit-il pour commencer, manière de contextualiser les choses. De clichés en vignettes, de camps en camps, de taudis en terrains vagues, il pose sur cette communauté un regard méchamment humain qui laisse des traces dans les consciences. Il rend aussi hommage à ces inconnus qui à travers l'Europe se rendent dans ces non-lieux pour y apporter une aide administrative minimale et se battre pour faire entendre la voix de ceux que l'on ne veut pas voir. Tout est très compliqué, bien sûr, mais ça vaut le coup de se battre et de réfléchir pour comprendre comment, jusqu'en France, les politiques mises en place à l'égard des roms peuvent s'avérer on ne peut plus désastreuses. "Les expulsions ne sont pas une solution. Elles cassent brutalement les soins et la scolarité, favorisent les épidémies, les trafics, et ruinent l'avenir des enfants. Elles ne règlent pas le problème, elles l'amplifient et le perpétuent." C'est aussi simple que cela, et démontrer le contraire serait impossible. On n'apprend pas au singe à faire la grimace ni  au bon photographe à faire des clichés. Aussi apparaissent ici et là quelques phrases lumineuses qui justement déchirent des clichés mentaux : "[...] les Roms sont très largement sédentaires. S'ils ont tant voyagé, ce n'est pas par passion du camping, c'est parce qu'on les a toujours chassés d'ici pour, le lendemain, les chasser d'ailleurs." C'est simple à dire mais on ne l'entend jamais.

    XXI, des nouvelles d'Alain, allain keller, romsMoi-même, le libraire, je ne suis engagé auprès d'aucune association de quoi que ce soit. Honte à moi sans doute, mais je me trouve toujours une tonne d'excuses pour me justifier quand mentalement cette question de l'engagement revient sur la table de ma conscience. En revanche, j'ai un regard sur le monde et les évènements qui le font. J'ai des opinions et des préjugés que je défends parfois ardemment, n'hésitant pas, au besoin, à recourir à une bonne dose de mauvaise fois bien sentie. Je suis comme pas mal de gens en fait, n'est-ce pas ? Eh! bien moi, le libraire, je sais aussi qu'il y aura un avant et un après Des nouvelles d'Alain.  Et je vous invite à venir découvrir au plus vite cette publication exceptionnelle.

    Dernière chose. Pourquoi ce hors-série s'appelle Des nouvelles d'Alain ? La réponse est en 4ème de couverture, et elle est très belle: "Alain Keller est reporter-photographe. Quand on lui demande de ses nouvelles, il donne des nouvelles des Roms qu'il visite depuis 10 ans au volant de sa vieille Skoda."

  • LE BRUIT DE SOI

    couv la peine bande son.jpgBertrand de La Peine avec Bande-son signe un deuxième roman précis et cohérent d’où  émergent, comme dans le précédent, quête de soi, art, passé trouble et lieux emblématiques.

     

    Sven Langhens a quitté le Danemark  avec pinceaux, compagne et chevalet pour aller chercher au plus près la lumière arlésienne chère à Van Gogh. Très vite la Provence s’impose comme une évidence, comme une nécessité aussi, au risque de voir Gerda repartir vers le pays natal. Perdu dans une ancienne magnanerie, l’artiste va peu à peu délaisser la peinture pour capturer les sons que la nature nous cache et révéler ainsi ce qui ne s’entend pas. De sa première présentation à la fête votive du village, au prestige des plus grands musées, le succès et le renom lui tombe vite dessus sans crier gare et Sven commence à se précipiter. La rupture nécessaire viendra d’un vol assourdissant d’ULM l’obligeant à rejoindre Paris et délaisser pour un temps son projet d’exposition  à l’abbaye de Montdragon, futur haut lieu du son contemporain.

    Dans leur appartement où il a l’habitude de retrouver Gerda, à défaut d’amour la rupture se prolonge par de multiple Post-it sur lesquels elle lui annonce qu’elle ne viendra plus. Derrière les quelques cartons qu’elle a laissés, une vieille malle de famille inviolée depuis des lustres protège une des roses des sables ayant inspirée Paul Klee, ami de son grand-père peintre, et un Traité des « singstein », le chant des pierres, écrit par un certain M.Rudolf Erich Raspe, auteur des premières aventures du Baron de Münchhausen. La  coïncidence est trop belle, il décide de partir presque aussitôt en Irlande dans la demeure où a résidé Raspe, génie fantasque et controversé, qui a légué à sa descendance une amusante folie douce. Une fois là-bas, le lieu s’avère unique et Sven se lance dans un jeu de pistes qui le conduira à découvrir «le portrait d’un homme qui se fuit, d’un homme qui cherche à se mentir reniant son passé de savant reconnu ».

    Finalement  Sven ne trouvera qu’un miroir, mais quel miroir : un de ceux qui font chanter « les veines de cristal », qui s’approprient le silence afin de révéler ce que nous sommes.

    Une belle confirmation.

     

  • DEDICACE JEUNESSE

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    Dédicace Agnès Bertron-Martin, vendredi 14 janvier, à partir de 17h ! 

    A l'occasion de la venue d'Agnès Bertron-Martin à l'école Notre-Dame-des-champs pour une représentation de son spectacle Le secret des histoires (adaptation théâtralisée de 6 de ses histoires courtes), la librairie des Cordeliers organisera une séance de dédicace. Celle-ci sera ouverte à tous et toutes.


    C'est un grand plaisir pour nous d'accueillir un auteur que l'on aime beaucoup et dont on vous a sans doute rebattu les oreilles depuis la parution il y a quelques mois du superbe La lettre des oiseaux (Nathan) et du non moins poétique Noulouk (Les albums du Père Castor).

  • 2011, PREMIERES PRISES !

    Requins d'eau douce de Heinrich Steinfest9782355360473.jpg

    trad. Autrichien

    éd. Carnets Nord    20€

    Dans une piscine située sur le toit d’un gratte-ciel viennois, un cadavre flotte. Amputé d’une jambe et d’une main, la peau lacérée en de nombreux endroits, tout laisse à penser que le pauvre homme a eu à subir l’attaque… d’un requin. Aussi improbable que cela puisse paraître dans un pays ne possédant pas même un mètre de rivage marin, les traces dont le corps est recouvert ne laissent pas la moindre place au doute.

    Tout ceci est bien mystérieux et les mystères, l’inspecteur Richard Lukastik en charge de l’enquête déteste ça. A ses yeux, le mystère n’a pas plus de place dans la vie qu’une plage en Autriche. Et les plaisantins qui sèment des cadavres en laissant derrière eux une curieuse mise en scène ou un message énigmatique destinés à mettre en éveil l’appétit  des brigades criminelles ne méritent qu’un long soupir et un regard fatigué.

    Armé de son seul bon sens et de son inséparable Tractatus logico-philosophicus, Lukastik va pourtant devoir se mettre au boulot, et rater pour la première fois depuis des années le dîner familial que ce grand garçon de 47 ans prend chaque soir en compagnie de ses parents et de sa sœur dont il est secrètement amoureux. Cette entorse aux habitudes s’avèrera peut-être payante mais l’addition sera salée. Très salée même pour celui qui résoudra le (non !) mystère des requins d’eau douce.

    Voici un très bon polar, comme on les aime, avec ce qu’il faut de décalé dans l’intrigue, ce qu’il faut de mauvaises manières chez le héros et un bon lot de réflexions à l’emporte-pièce tout simplement hilarantes. 

    Le signal de Ron Carlson Le signal Carlson.jpg

    trad. de l'anglais (Etats-Unis)

    éd. Gallmeister 22€

    Mack sort tout juste d’un séjour de taule de quelques années pour avoir trempé dans un trafic de stupéfiants dans l’espoir désespéré de renflouer financièrement le ranch familial au bord de la faillite. Il appelle aussitôt Vonnie, sa femme, pour une dernière randonnée dans les montagnes du Wyoming, « comme au bon vieux temps », au temps où ils étaient encore un couple uni vivant au cœur d’une nature comme faite pour eux. Mais les écarts répétés et la descente aux enfers de Mack ont poussé Vonnie à refaire sa vie avec un brillant avocat du patelin et cette randonnée, agrémentée de parties de pêche sur les lacs de montagnes qu’ils ont tellement aimés jadis, sera l’ultime occasion pour eux de faire le point sur un amour irrémédiablement abîmé.

    Mais ce que Mack cache à Vonnie, c’est que cette balade de trois jours sur la trace des fantômes de leur relation passée sera aussi l’occasion pour lui d’une toute dernière mission pour le compte d’un obscur trafiquant du coin. Il devra retrouver une balise émettant un faible signal GPS perdue lors d’un accident aérien. Sa mission accomplie, son ranch sera sauvé. Pourtant on ne peut pas courir deux lièvres à la fois et cette randonnée intime finira par virer dans une sauvagerie digne de Délivrance, le film de John Boorman.

    Le Signal, s’il se lit d’une traite, commence  gentiment au rythme des souvenirs qui accompagnent les marcheurs, avant de se lancer presque subitement dans un sprint incroyable dans lequel la forêt - sa beauté folle et ses pièges - fournira une piste sublime et périlleuse.

     

    Crocodiles.gifDans la mer il y a des crocodiles de Fabio Geda et Enaiat Akbari

    trad. de l'italien

    éd. Liana Levi 15€

     

    A 10  ou 11 ans, Enaiat est abandonné par sa mère de l’autre côté de la frontière, en terre pakistanaise. Ce geste d’abandon est en réalité un geste d’amour terrible d’une femme afghane espérant ainsi permettre à son fils d’échapper au sort terrible que talibans et Pachtounes réservent à ceux qui ont le malheur d’appartenir à l’ethnie des hazara. De ce matin où sa mère ne sera pas à ses côtés à l’heure du réveil, le petit garçon ne devra plus alors compter que sur lui-même et organiser du mieux une vie de débrouille, entre les manifestations de solidarité et les coups bas qu’il recevra de ses compagnons d’infortune. Du Pakistan à l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce, Dans la mer il y’a des crocodiles raconte sur près de 5 années le destin exceptionnel de cet enfant qui affrontera mille périls avant de trouver enfin une terre d’accueil, un pays qui lui accorde le très prisé statut de réfugié politique.

    Recueilli par un journaliste italien de la Stampa, l’histoire d’Enaiat Akbari se lit  presque comme un conte alors même qu’elle témoigne d’un drame humain vécu à chaque seconde par des milliers et des milliers d’individus de par le monde. Parce qu’il se finit bien et parce que la voix du jeune homme, elle-même, ne verse jamais dans un larmoyant appel à la compassion, puisse ce récit se lire comme une exigence  de tolérance envers ces gens aux visages si fatigués qui nous entourent et qui nous semblent, souvent, venir de très très loin. Il y a certainement un petit Anaiat qui habite en bas de chez vous.


     

  • Bonne année 2011 et merci pour 2010 !!!

     

     

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    Eh! oui, merci infiniment à tous et toutes pour 2010 et l'honneur que vous nous avez  fait en venant aux Cordeliers, de plus en plus souvent et de plus en plus nombreux. C'est idiot à dire mais certains soirs, crevés à la fermeture du magasin, on avait des bouffées d'amour pour vous ! De véritables bouffées d'amour ! Car ce qu'un tiroir caisse dit bêtement avec ses chiffres suivis d'un €, aussi bêtement qu'un thermomètre indique une température sans rien y comprendre, c'est que la petite fièvre qui nous a accompagnés l'année durant jusqu'à son pic du mois de décembre est le symptôme d'une bonne entente entre vous et nous. Et on est fier de vous dire que la librairie va bien. On est fier des attentions et des remarques que vous nous réservez jour après jour, des petits mots sur les livres qui vous font réagir, de vos commentaires - parfois juste en passant - sur nos vitrines (qu'on ne lave sans doute pas assez souvent) mais qu'on s'échine à rendre plaisantes, curieuses et, avouons-le, gentiment rabatteuses... Merci pour tout ça, vraiment! 

    En 2011, si le petit livre de Stéphane Hessel ne provoque (malheureusement) pas de révolution d'ici là, nous continuerons notre honnête petit commerce de libraires en vous proposant de nouveaux coups de coeur sortis de derrière les fagots, des rencontres littéraires ou non en partenariat avec tel ou tel acteur culturel des environs, et des blagues pas toujours très drôles à la caisse au moment de faire des paquets cadeaux. Mais nous avons d'autres projets comme la mise en place d'un club de lecture avec l'élection in fine d'un prix de la librairie (discussions littéraires interminables à prévoir) et la création d'un vrai site des Cordeliers en bénéficiant de la création de 1001libraires.com, premier portail de la librairie indépendante sur internet. C'est excitant tout ça ! 

    D'autres idées nous trottent en tête, parfois nous empêchent de lire, mais nous les garderons encore pour nous en attendant de les voir mûrir. Alors une dernière fois merci, bonne année à tous, et merde à Amazon !

    Retournez-à vos livres.

    François et Olivier.