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19/01/2011

LE BRUIT DE SOI

couv la peine bande son.jpgBertrand de La Peine avec Bande-son signe un deuxième roman précis et cohérent d’où  émergent, comme dans le précédent, quête de soi, art, passé trouble et lieux emblématiques.

 

Sven Langhens a quitté le Danemark  avec pinceaux, compagne et chevalet pour aller chercher au plus près la lumière arlésienne chère à Van Gogh. Très vite la Provence s’impose comme une évidence, comme une nécessité aussi, au risque de voir Gerda repartir vers le pays natal. Perdu dans une ancienne magnanerie, l’artiste va peu à peu délaisser la peinture pour capturer les sons que la nature nous cache et révéler ainsi ce qui ne s’entend pas. De sa première présentation à la fête votive du village, au prestige des plus grands musées, le succès et le renom lui tombe vite dessus sans crier gare et Sven commence à se précipiter. La rupture nécessaire viendra d’un vol assourdissant d’ULM l’obligeant à rejoindre Paris et délaisser pour un temps son projet d’exposition  à l’abbaye de Montdragon, futur haut lieu du son contemporain.

Dans leur appartement où il a l’habitude de retrouver Gerda, à défaut d’amour la rupture se prolonge par de multiple Post-it sur lesquels elle lui annonce qu’elle ne viendra plus. Derrière les quelques cartons qu’elle a laissés, une vieille malle de famille inviolée depuis des lustres protège une des roses des sables ayant inspirée Paul Klee, ami de son grand-père peintre, et un Traité des « singstein », le chant des pierres, écrit par un certain M.Rudolf Erich Raspe, auteur des premières aventures du Baron de Münchhausen. La  coïncidence est trop belle, il décide de partir presque aussitôt en Irlande dans la demeure où a résidé Raspe, génie fantasque et controversé, qui a légué à sa descendance une amusante folie douce. Une fois là-bas, le lieu s’avère unique et Sven se lance dans un jeu de pistes qui le conduira à découvrir «le portrait d’un homme qui se fuit, d’un homme qui cherche à se mentir reniant son passé de savant reconnu ».

Finalement  Sven ne trouvera qu’un miroir, mais quel miroir : un de ceux qui font chanter « les veines de cristal », qui s’approprient le silence afin de révéler ce que nous sommes.

Une belle confirmation.

 

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