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  • FLORENCE AUBENAS AUX CORDELIERS LE VENDREDI 5 NOVEMBRE !

    Aubenas(c)Patrice Normand-Temps machine.jpgVendredi prochain, Florence Aubenas, journaliste au Nouvel Observateur, viendra dédicacer son dernier ouvrage Le Quai de Ouistreham paru en février aux éditions de l'Olivier. Vous ne saurez jamais avec quelle spontanéité et gentillesse elle a accepté notre invitation à venir, sous l'égide de l'association des Apprentis Philosophes, parler de son livre aux romanais. Comment ces 6 mois passés dans la peau d'une femme de ménage, au plus près de la précarité salariale, ont changé son regard sur le monde du travail et sur ces invisibles qui bossent dans des conditions très souvent en dehors de tout cadre législatif avec la bénédiction "bienveillante" de leur employeur. Un livre nécessaire qui ne sombre jamais dans la colère brutale ou la plainte interminable mais qui, paradoxalement, procure une énergie roborative.

    A l'occasion de sa venue à Romans, Florence Aubenas fera écho au combat qu'elle mène en temps que présidente de l'Observatoire International des Prisons (OIP). Des magazines, des tracts et des tee-shirts seront proposés à la vente au profit de l'association.

    Dédicace à la librairie de 18h à 19h15. Entrée libre et gratuite.

    Rencontre avec Florence Aubenas à 20h en partenariat avec les Apprentis Philosophes à la Salle Jean Vilar. Animée par la journaliste Hélène Margaron. Réservation conseillée. Renseignements ici.


    A l'occasion de la venue à Romans de Stéphane Guillon pour son spectacle à la9782234063501.gif salle des Cordeliers
    le mercredi 3 novembre, la librairie des Cordeliers sera présente avec les ouvrages publiés par l'humoriste et surtout son tout nouveau livre décapant intitulé bien à propos : On m'a demandé de vous virer  qui paraîtra le jour même aux éditions Stock. A l'issue du spectacle, Stéphane Guillon se livrera à une belle séance de dédicaces. Avec les coups de griffes dont on le sait capable, celle qu'il laissera sur votre livre sera certainement du plus bel effet.

  • Les lectures de Julien !

     

    Stagiaire de luxe en formation à l'IPC des métiers du livre à Lyon, gros lecteur, Julien nous accompagne jusqu'à la fin du mois de novembre.  Voici ses premières chroniques.

     

    Une bien étrange attraction

     Tom Robbins9782351780374FS.gif

    éd.Gallmeister      24,50€

    Une bien étrange attractionL'étrange
    attraction dont il est question ici ce n'est pas ce zoo de bord de
    route, tenu par un couple de hippies, qui présente un cirque de
    puces et une mouche Tsé-Tsé (décédée). Ce n'est pas non plus le
    corps du Christ découvert par un ancien quaterback qui enseigne le
    karaté au Vatican. 
    L'attraction principale c'est ce récit qui marie les forces hallucinogènes d'un Hunter Thompson ou d'un Brautigan et l'érudition décalée d'un Pynchon. 

    Avec un art consommé de la narration, des digressions métaphysiques et
    des comparaisons improbables, Tom Robbins signe en 1971 un premier
    roman dont « l'infinie loufoquerie » n'a pas pris
    une ride.

     

    9782742793198.jpgCosmoZ

    Claro

    éd.Actes Sud   22,80€

    « Tu t'appelles Dorothy et ton créateur s'appelle L. Frank Baum, si l'on
    peut appeler créateur quelqu'un qui fait tomber les ombres »

    Il était une fois un conte de fée qui marqua l'imaginaire d'une
    nation. Il était une fois un demi-siècle de guerres, de camps et de
    bombes atomiques. Il était une fois un roman qui plonge les
    personnages de l'un dans l'autre, à moins que ce soit l'inverse. 
    Un style dense, débordant de clins d'œil historiques et littéraires. Claro triture le merveilleux à grands coups de réel et torture la

    tribu des Oziens, véritables freaks désenchantés en quête de
    leurs origines, dans un roman-monde noir et fascinant.

    (Évidemment les lecteurs du magicien ClaroZ vivront heureux et auront beaucoup
    d'enfants)

     

    Julien Vallon aka "le stagiaire".

     

  • La vengeance des Nains

    Dwarf tome 1: Wyrïmir

    de Shovel éditions Delcourt

    9782756018768.jpgOth est un jeune nain élevé dans le secret d'une forêt damnée. Son père, à sa naissance, a bravé la loi des Nains en cachant son existence au tyran pour l'élever dans la tradition des forgerons et ainsi en faire un de leurs plus illustres représentants. Mais Oth est un "marqué", un de ces êtres qui ne doit pas vivre sous un tel régime, et la menace approche. Traurig a retrouvé sa trace. Il va falloir faire preuve d'intelligence, de bravoure et de ruse pour trouver des alliés de taille. Mais ça, Oth en fait son affaire...

    Voilà un ouvrage qui revigore la fantasy en bande dessinée. Eh oui ! Le Nain peut tenir le haut de l'affiche et de bien belle manière ! Shovel, par un dessin juste et lumineux, en fait le prisme d'une nature luxuriante et poétique dans laquelle chacun a la place de faire vivre l'histoire.

    Et l'histoire tient la route ! d'autant qu'elle plaira aussi bien aux amateurs éclairés de fantasy, qu'aux lecteurs avides d'aventure.

    Alors vivement la suite, cinq tomes sont prévus.

     

  • RENCONTRE AVEC JÉRÔME FERRARI

    VENDREDI 22 OCTOBRE !

    Dédicace de 18 à 19h et rencontre ensuite jusqu'à 20h et quelques minutes... Nous discuterons avec lui, il lira des extraits de son roman, vous pourrez lui poser des questions. Entrée libre et gratuite.

    Jérôme Ferrari.jpgSon roman est assurément l'un des plus forts de cette rentrée littéraire. Là où j'ai laissé mon âme raconte la confrontation entre deux hommes, le capitaine André Degorce et le lieutenant Horace Andréani. Algérie en 1957. Les deux hommes, qui se sont connus en Indochine, sont chargés d'obtenir de précieux renseignements afin de déjouer de sanglants attentats perpétrés à l'encontre de la population civile par le FLN. On le sait très bien à présent, ce travail de flic pratiqué par des militaires, ce sale boulot, il n'y a pas trois cents façons de le faire : la plus commune sous ce soleil-là, c'est la torture.

    Pour Degorce, catholique pratiquant, résistant à 19 ans, déporté à Buchenwald à 20 ans, prisonnier de guerre  à la suite de la défaite de Dien Bien Phu, ce passage du statut de victime de l'Histoire à celui de tortionnaire est un tour de magie dont il a du mal à se remettre. Comment en est-il arrivé là, lui ? En état de malaise permanent, il se perd dans des postures de noblesse et d'humanisme complètement déplacées alors que dépendent de lui ces hommes qui, dans la pièce d'à côte, usent de la géhenne avec le plus grand art. Face à lui, l'impitoyable Andreani, l'amoureux déçu qui a tellement aimé son supérieur au temps de sa splendeur militaire, et qui aujourd'hui ne supporte plus de le voir ainsi, doutant de tout, lui qui croyait, quand n'importe plusCouverture ferrari.jpg que l’exécution, sans états d'âme, d'ordres qui ne devraient souffrir d'aucune espèce d'interprétation. Torturer humainement. Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire !?

    Dans une langue magnifique, empreinte d'un lyrisme sec qui lui donne un ton si singulier, Jérôme Ferrari interroge la nature humaine quand le Mal frappe à sa porte. De Degorce ou d'Andréani, lequel des deux vous paraît le plus honnête avec sa conscience ? Et lequel des deux êtes-vous vous-mêmes, semble nous interroger en permanence ce roman magnifique qui fera écho chez beaucoup d'entre vous au sublime Des hommes de Laurent Mauvignier?

    Alors venez-nombreux pour que cette soirée soit une réussite parfaite et nous encourage ainsi à en faire beaucoup d'autres !

     

     

  • En attendant Ferrari.

    Jérôme Ferrari, qui vient de faire paraître Là où j'ai laissé mon âme chez Actes Sud, viendra dédicacerauteur_jerome-ferrari.jpg?w=245&h=137 son livre et dialoguer avec nous vendredi 22 octobre de 18h à 20h. Si vous n'avez encore jamais lu aucun des 4 romans de ce jeune auteur corse, jetez-vous sans plus tarder sur son dernier ouvrage ou sur l'un des 3 autres que sont Dans le secret, Balco Atlantico et Un dieu, un animal également parus chez Actes Sud. En attendant, et pour mieux cerner l'écrivain qui va nous rendre visite, voici une sélection de 5 ouvrages de référence dressée et commentée par lui, à l'occasion d'une Top Liste parues dans le magazine Next, supplément de Libération.

    Vie et destin de Vassili Grossman : "C'est un roman monstrueux et bouleversant. Il n'y est question que de mort et pourtant on y sent partout la puissance de la vie."

    Oui de Thomas Bernhard : "J'avais lu Oui il y a plus de 15 ans. La seule chose que j'avais pensé c'était : Comment peut-on écrire comme ça !? Mon effarement est demeuré intact."

    Récits de la Kolima de Varlam Chalamov : "Je ne trouve rien à dire qui rende justice à l'immensité de ces récits impitoyables.

    Un peuple en petit d'Olivier Rohé : Olivier Rohé m'a fait mesurer la bêtise du discours sur le nombrilisme et l'autofiction.

    CosmoZ de Claro : Encore une espèce de monstre. Un très grand livre.

  • Ramon Sender, Prix Mémorable 2010

    ramon sender.jpgRamon José Sender (1901 - 1982) et son Requiem pour un paysan Espagnol viennent de recevoir le Prix Mémorables 2010 des librairies du groupement Initiales auquel adhère Les Cordeliers. Ce prix récompense chaque année la réédition d'un auteur malheureusement oublié et souligne l'attention portée par les libraires indépendants au travail du fonds.

    Pour en savoir plus sur Ramon Sender, c'est ici.

    Pour retrouver notre critique de l'ouvrage Requiem pour un paysan espagnol, c'est .

  • Le livre Choc !!!

    Comment parler d'un livre pareil quand on est encore sous le choc de ses dernières pages, quand on reste le coeur serré en plein milieu de la nuit à tourner et retourner entre ses mains cet objet littéraire explosif aux apparences pourtant tellement anodines ?

    Féroces. Le titre, en français, est en fait très mal choisi. Robert Goolrick avait intitulé ce roman en9782843375798FS.gif anglais : La fin du monde telle que je l'ai connue : scènes d'une vie, annonçant d'emblée le caractère autobiographique de son entreprise tout en lui conférant une note élégante et tragique. 

    Les années 50 en Virginie. La famille Goolrick semble vivre dans un état de joie permanent, réalisation parfaite de ce que la société américaine d'alors peut produire de plus achevé. Les Goolrick ont plein d'amis qu'ils reçoivent où visitent quasi quotidiennement, des robes et des costumes d'une très grande élégance pour habiller leur réputation d'infatigables noceurs et un esprit d'un charme fou qui font d'eux les personnes indispensables à avoir dans un carnet d'adresses digne de ce nom. Ils singent la vie telle qu'ils la lisent dans la revue du New Yorker qui leur sert de référence indépassable, ils lisent les romans de John Cheever ou de Updike, apportent un soin tout particulier à l'élaboration de leur jardin et achètent des quantités de glace pillée pour rafraichir les dizaines de cocktails à venir. En apparence, ces Goolrick là, avec leurs trois enfants, nagent dans le bonheur. Il y a cependant une règle chez eux que chacun se garde d'outrepasser : on ne parle jamais à l'extérieur de ce qui se passe dans la maison.

    On ne parle pas des mille et une astuces pour vivre au-dessus de leurs moyens en tapant à droite et à gauche ces quelques précieux dollars qui leur permettront d'organiser, ce soir encore, un  de ces apéritifs délicieux qui font leur réputation. On ne dit rien des doses d’anxiolytiques dont ils se nourrissent pour garder le cap jusqu'à leur prochaine soirée. Rien non plus de l'état permanent de gueule de bois dans lequel ils vivent, le plus souvent incapables de répondre aux demandes d'amour de leurs propres enfants, se montrant même à l'occasion parfaitement cruels avec eux en société pour le bonheur d'un trait d'esprit. Et puis il y a ce secret. Il y a surtout ce secret. Cette chose abominable dont il ne faudra jamais parler ou sinon " des choses terribles arriveront".

    Un des chapitres de Féroces s'intitule L'été de nos suicides. Où l'on lit pendant une vingtaine de pages insoutenables comment Robert Goolrick est tombé à l'âge de trente ans au plus profond d'une dépression suicidaire durant laquelle il s'est appliqué, pendant de longues semaines , avec une "jouissance érotique", à s'auto-mutiler en se coupant les veines chaque fois un peu plus profondément. Ce chapitre central est d'une force terrible. Il plonge le lecteur dans un profond sentiment de compassion envers cet inconnu de papier dont on ignorait jusqu'à l'existence avant d'avoir ouvert ce livre, et l'oblige à se demander ce qui a donc poussé donc  ce type à en venir à de pareilles extrémités. 

    Quel est ce secret pourri qui empoisonne en silence la vie des Goolrick ?  Vous ne l'apprendrez qu'à la toute  fin du livre, révélation bouleversante qui vous pousse à penser, avec le narrateur malheureux de cette histoire magnifiquement écrite : "Comment ont-ils fait pour continuer, sachant ce qu'ils savaient, et chacun sachant ce que l'autre savait ?"