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26/09/2010

GIRLS DON'T CRY

9782723473811.jpgTrois nanas, une rousse, une brune et une blonde, guinchent, mâtent les mecs, commentent une série télé ou une soirée ratée, ergotent sur une hypothétique coupe de cheveux. Elles ne font rien, strictement rien, sirotent une boisson, affalées sur un canapé ou étendues sur une serviette de plage. Elles sont belles, le savent, et même si elles se cherchent tous les défauts du monde (une ride, un gros cul) elles semblent tout droit sorties d'un magazine féminin où se multiplient les jolis minois aux jambes interminables. D'ailleurs ceci n'est pas tout à fait faux. Ces filles, Nine Antico les a créées pour la revue Muteen il y a quelques années. Futiles au possible, elles ont pourtant cette méchanceté naïve envers les autres filles qui les rend - pour nous qui avons enfin l'occasion par l'intermédiaire de cette BD d'entrer dans leur intimité et de les voir en action (si l'on peut dire...) - irrésistibles. Oui, parfaitement irrésistibles et drôles. Mais ce qui les rend encore plus irrésistibles, ce qui fait que leur charme opère davantage que pour d'autres BD de ce genre prétendant révéler la vraie vie des filles entre elles, c'est qu'elles sont croquées par le crayon d'une jeune auteur dont le graphisme signe l'originalité avec la même force que celui de Marjane Satrapi dans Persepolis. Inimitable, le dessin de Nine Antico suscite d'emblée l'adhésion ou le rejet mais il ne laisse pas indifférent. Son côté Pop Art qui n'est pas sans rappeler les peintures de Tom Wesselmann ou Roy Lichtenstein, et le pastiche de couverture qui détourne, jusque dans le titre, la pochette d'un des plus grands albums de The Cure, sont autant de références artistiques "rock n'roll " qui signalent un état d'esprit réjouissant, ironique et jeune, capable aussi d'une sensibilité et d'une compassion bouleversante. Mais ça, nous le savions déjà depuis Coney Island Baby paru en début d'année.

Girls dont't cry de Nine Antico

éd. Glénat   13€

12/09/2010

PROGRAMMES DES RENCONTRES AUX CORDELIERS

cavaliersTerpant.jpgsamedi 25 septembre:  

Jacques Terpant viendra dédicacer le troisième et dernier tome de Sept Cavaliers qui vient de paraître aux éditions Delcourt.

Dédicace de 15h à 19H.

vendredi 22 octobre SPECIAL RENTREE LITTERAIREcouverture Jérôme Ferrari.jpg

Jérôme Ferrari viendra dédicacer son dernier roman paru aux éditions Actes Sud : Là où j'ai laissé mon âme de 18h à 19h. Cette dédicace sera suivie d'une rencontre avec l'auteur de 19h à 20h30. Entrée libre.

 

Florence Aubenas.jpgvendredi 5 novembre 

Florence Aubenas viendra dédicacer son livre Le quai de Ouistreham à la librairie de 18h à 19h ! Entrée libre et gratuite.

Cette dédicace sera suivie d'une rencontre avec la journaliste du Nouvel Observateur au Théâtre Jean Vilar à 20h organisée par les Apprentis Philosophes. Sur réservation.

Lundi 29 novembre ( horaires à confirmer)JF Kahn.jpg

Jean-François Kahn viendra dédicacer ses ouvrages à la librairie de 18h à 19h. Cette dédicace sera suivie d'une rencontre avec J-F Kahn au Ciné-Lumière à 20h organisée par les Apprentis Philosophes. Sur réservation.

 

Et aussi...


* Dédicace des ouvrages de l'humoriste Stéphane Guillon à l'issue de son spectacle Salle des Cordeliers le Mercredi 3 novembre.

* Journée en partenariat avec l'association France Palestine à Mours Dimanche 7 novembre.

Dédicace des Ouvrages de René Favier, universitaire à Pierre Mendès France Grenoble, à l'occasion d'une conférence donnée à l'Université Populaire ACCES, sur La nouvelle Histoire du Dauphiné. Mercredi 17 novembre de 18h30 à 20h.

* Roman(s) à Romans a 10 ans ! Gros week-end anniversaire et affiche alléchante ! Le samedi 20 et dimanche 21 novembre.

* Dédicace des ouvrages de Léonora Miano au Train Théâtre de Portes-les-Valence, le 27 novembre à 20h30.

12:08 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

11/09/2010

Le dessinateur Terpant en dédicace le samedi 25 septembre

A l'occasion de la parution du troisième et dernier tome de Sept cavaliers aux éditions Delcourt,

Jacques Terpant viendra dédicacer ses oeuvres à la librairie des Cordeliers

le samedi 25 septembre de 15h à 19h !

Sept cavaliers.jpg

 

10/09/2010

Le jardin et la ville


jardin voyageur.jpgVoici un petit bijou de livre pour enfant.L
e Jardin voyageur de Peter Brown relate la transformation d'un petit garçon aux cheveux roux (ce sont les plus beaux, hi ! hi ! hi !), petit rat des bitumes, en un jardinier sensationnel !

Liam se promène dans une ville en béton, grise comme un jour de pluie, où s'élèvent de-ci de-là quelques immeubles aux fenêtres aveugles et autres panaches de fumées d'usines. Bref "un endroit affreusement ennuyeux". Au hasard de sa promenade, entre deux flaques, il tombe sur un accès au vieux viaduc ferroviaire qui traverse la ville de part en part. Depuis longtemps abandonnée, cette voie ferrée n'intéresse plus personne. Qui donc pourrait s'y aventurer sinon un petit garçon curieux en quête d'étonnement. La première chose qu'il remarque, entre deux rails, est une tache de couleur un peu pâle, la seule de toute la ville : des plantes et des fleurs sauvages qui apparemment nécessiteraient l'attention d'un bon jardinier. Et comme il n'y a que Liam dans les parages,  c'est à lui que va revenir cette tâche précieuse. Ainsi allons-nous suivre les progrès de la petite main verte dont le bout de jardin, au fil des saisons, va aller s'étendant, débordant même des limites de la voie ferrée pour envahir l'espace urbain, allant jusqu'à s'immiscer dans les endroit les plus insolites, comme pris d'une insatiable curiosité . Car en effet, le jardin que Liam a révélé est un jardin voyageur. Ce livre commence et se termine avec deux plans larges de la ville. Le premier est tout gris. Le second explose de couleurs ! 

jardin voyageur zoom.jpg

La réussite de ce livre peu bavard, récompensé par de prestigieux prix d'illustration pour la jeunesse aux Etats-Unis, tient d'abord au dessin de Peter Brown, à ses prise de vue architecturales qui donnent à la ville une cohérence, un souci d'exactitude dans les perspectives, qui font que quelque soit l'angle à partir duquel il dessine cette cité envahie par la verdure, il est possible de s'y situer précisément. Cela peut même devenir un jeu avec l'enfant une fois l'histoire lue. Partir d'un dessin et retrouver ensuite sur le plan large de la ville en dernière page où il se situe. De même retrouver sur ce plan large tel ou tel détail (un carreau cassé, une borne à incendie, une vieille carcasse de voiture) rencontré durant la lecture devient terriblement excitant, car tout y est ! L'auteur a fait de cette ville un univers en miniature dans lequel il nous semble faire terriblement bon vivre.

Le jardin voyageur

de Peter Brown

éd. NordSud, 14€

Nous aussi, Houellebecq !

Il y aura toujours une incompréhension autour de Michel Houellebecq. Ceux qui l’aimentHouellebcq.jpg jugeront qu’il est sans cesse maltraité et que son succès a fait de lui une sorte de pestiféré des lettres françaises affirmant que l’on peut être populaire et littéraire, et ceux qui le détestent avanceront qu’il est avant tout un provocateur né, dépourvu de style, et dont la réputation est très largement surfaite. Eh bien nous, libraires des Cordeliers, nous vous annonçons que ce nouveau roman mettra tout le monde d’accord. Les thuriféraires comme les pisse-froid. Car voici un Houellebecq aussi bon que celui des Particules élémentaires, avec son humour sans issue et ce regard froid posé sur le monde comme pour mieux en observer l’inéluctable décrépitude morale et physique. Et pour ceux que Houellebecq insupporte, page 276, sa mort…

 

La Carte et le territoire raconte l’irrésistible ascension d’un artiste passablement indolent et solitaire, Jed Martin, qui connaîtra les prémices de la gloire grâce à un travail photographique dont le matériau premier se compose exclusivement de… cartes « Michelin Régions et Départements ». Introduit dans le milieu de l’art contemporain au bonheur d’une rencontre avec une ambitieuse jeune femme chargée de la communication de la société clermontoise, il verra sa carrière prendre une dimension planétaire et deviendra immensément riche lorsqu’il abandonnera la photographie pour se tourner vers la peinture. Le vernissage de l’installation des Métiers, mettant en scène des anonymes aussi bien que des personnalités (Bill Gates, Steve Jobs, Jean-Pierre Pernaut…)  l’amènera à rencontrer un certain Michel Houellebecq à qui il demandera de rédiger le texte du catalogue d’exposition. Une amitié, peut-être à sens unique, naîtra de cette rencontre et Jed finira par offrir à l’auteur de L’extension du domaine de la lutte son propre portait intitulé « Michel Houellebecq, écrivain ». La suite prendra une tournure policière surprenante et réussie.

carte Michelin.jpgVoilà pour l’histoire en quelques lignes. Mais là n’est pas le plus important. Il reste tout ce qui fait qu’une fois lu, on peu relire La Carte et le territoire : les réflexions personnelles de l’auteur concernant l’art, son goût pour la représentation du monde (une carte Michelin n’est-elle pas autrement plus belle que la réalité géographique qu’elle est supposée transcrire ?), l’incommunicabilité entre un père et son fils qui n’empêche pas l’amour, la présence de la mort, sans cesse, et à travers elle le sentiment de fin généralisée (les personnages houellebecquiens sont souvent des fins de race, incapables, ou n’éprouvant aucune envie, de se reproduire). Il y a tout cela, donc, que l’on aime dans ce roman qu’une écriture, presque une voix qui semble celle d’un poète fatigué, porte là où jamais encore l’auteur d’Extension du domaine de la lutte n’étaient allé. Le portrait impitoyable qu’il fait de lui-même tout au long de ces 400 pages jusqu’à la mort atroce qu’il se réserve, est à lui seul un chef d’œuvre dans l’œuvre. On passe du réalisme au grotesque, de la répugnance au rire, en quelques phrases à peine et on se prend à aimer cet homme qui, on le sent, ne s’est jamais vraiment aimé lui-même.

 

Bref ! Pour nous ce livre-là est un très grand livre, peut-être le meilleur de Michel Houellebecq. Et cela fait un bien fou au libraire, croyez-nous, de temps en temps de se trouver en accord parfait avec la meilleure vente du moment et de hurler son bonheur au milieu du brouhaha médiatique !